30/11/2012 04:51:23
Du PDCI-RDA d'Houphouet au PDCI-RDR de Bédié
Ouattara a dissous le gouvernement Ahoussou Jeannot, sous le prétexte que ses alliés du PDCI-RDA (parti du 1er ministre) n’ont daigné soutenir son projet de loi inique et même diabolique sur le mariage. Il reproche à ce parti le refus de voter en l’état son projet de loi. Après le chantage exercé par Ouattara, voici que ce Parti Démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI), toute honte bue, vient de voter tel quel ce projet illégitime...
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Ouattara a dissous le gouvernement Ahoussou Jeannot, sous le prétexte que ses alliés du PDCI-RDA (parti du 1er ministre) n’ont daigné soutenir son projet de loi inique et même diabolique sur le mariage. Il reproche à ce parti le refus de voter en l’état son projet de loi. Après le chantage exercé par Ouattara, voici que ce Parti Démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI), toute honte bue, vient de voter tel quel ce projet illégitime. On est donc en droit de se demander si ce vieux parti est encore une entité politique autonome, viable au service de la Côte d’Ivoire (CI) ou de ses dirigeants et particulièrement de son Président.

Houphouet BoignyCe parti de Houphouët, créé pendant la colonisation pour la lutte émancipatrice des ivoiriens, a été un instrument de conquête de l’indépendance politique. Ces militants ont subi toutes sortes d’exactions de la part des colons, mais ont pu demeurer fermes dans la vision d’une CI libre et prospère. Pour atteindre cet objectif et se donner les moyens de mettre fin plus rapidement à cet avilissement du peuple noir, ce parti s’est fédéré avec d’autres partis africains aux objectifs semblables. Ainsi, le PDCI devint à juste titre une sous-section du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) dont la direction a été confiée à Bamako à Houphouët-Boigny. Le parti prit alors le nom de PDCI-RDA.

Cette lutte qui a entrainé de nombreux morts parmi les populations africaines a, malgré tout, conduit la plupart part des pays africains aux indépendances dans les années 60.

Très tôt, ce parti va mettre fin au pluralisme politique et régner sans partage sur l’échiquier politique ivoirien. Il fera donc un usage modéré de la violence et aura recours souvent au dialogue pour régler des conflits.
 En 1990, le PDCI-RDA va être contraint de céder devant la pression des ivoiriens qui réclamaient le multipartisme politique. Ainsi, naîtront plusieurs partis dont le Front Populaire Ivoirien (FPI) du Président Gbagbo. Après la mort d’Houphouët et devant les comportements antidémocratiques qui persistaient au sein du PDCI, Djéni Kobinan et certains autres militants vont créer le Rassemblement Des Républicains (RDR).

La disparition brutale de ce dernier, permettra à l’homme de Sindou de récupérer ce parti qu’il transformera en un parti ethnique des gens du Nord de la Côte d’Ivoire et des ressortissants de la CEDEAO, particulièrement du Burkina Faso, du Mali, et de la Guinée.

Le RDR, très tôt, va se singulariser par une pratique injustifiée de la violence. Il va donner naissance aux «jeunes gens», auteurs du coup d’état de 1999, contre Bédié et à la rébellion de 2002 contre Gbagbo.

Il est bon de rappeler, qu’avant ce coup d’état, Bédié avait déjà émis contre Ouattara un mandat d’arrêt international. Mais, contre toute attente, le PDCI dirigé par le même Bédié va s’allier au RDR à Marcoussis dans le dessein unique de chasser Gbagbo du pouvoir, perdant ainsi sa vision de la lutte émancipatrice ivoirienne. Il va se mettre à la solde du néocolonialisme de Chirac et plus tard de Sarkozy pour constituer avec le RDR, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix(RHDP) fondé, en France, par Chirac.

Ainsi, le PDCI créé pour l’indépendance politique et économique va s’accoquiner avec le RDR, un Rassemblement de Rebelles, pour tuer les ivoiriens et défendre ainsi farouchement les intérêts de la France, du Burkina Faso, de la Guinée et du Mali en Côte d’Ivoire. Ce parti qui prônait la paix et le dialogue devient alors celui des tueries et de la violence; par cette alliance le PDCI, se montrant chaque jour être un béni oui oui, devant l’accaparement des propriétés des ivoiriens, devant des projets de lois iniques, devant les massacres des populations opérés par Chirac, Sarkozy et les rebelles hétéroclites du trio infernal Compaoré-Soro-Ouattara, trahit les idéaux de ses pères fondateurs. Ces actes ignobles ne sont-ils pas plus cruels que le travail forcé condamné en son temps par Houphouët  et le PDCI-RDA?

Ce parti a perdu ainsi sa vision de rassemblement et de démocratie pour une Côte d’Ivoire indépendante économiquement et politiquement. Avec Ouattara, le PDCI est entrain de livrer la Côte d’Ivoire aux pays sahéliens et à la France.

Bédié et son parti se sont même permis de préférer le candidat de l’étranger au candidat ivoirien patriote et démocrate, en donnant une consigne claire de vote à ses militants en faveur de l’homme de Sindou. Quelle incongruité inexplicable!

Aujourd’hui tout montre que le PDCI n’existe plus par lui-même et est devenu une sous-section du RDR ; on peut raisonnablement le dénommer désormais PDCI-RDR.

Pourquoi cette mutation?

Est-ce la peur de subir le chantage des politiques français sur Bédié et d’autres barons de ce vieux parti pour leurs enrichissements illicites qui oblige les dignitaires à mettre le PDCI au service de la France et de Ouattara?
Ou la crainte de vivre les effets dévastateurs du rattrapage ethnique?

Ouattara et Konan BédiéOu bien la peur de perdre la vie à la vue des nombreuses tueries opérées par ce pouvoir contre les pro-Gbagbo auxquels il convient de ne pas s’assimiler?

Est-ce aussi le désir de préserver des postes ministériels au détriment du bien être et de la dignité de l’ivoirien?
 Ou tout simplement la peur de subir, comme les pro-Gbagbo, l’injustice de l’effroyable pouvoir Ouattara?

Il est à remarquer que cette couardise du PDCI a permis à l’ex- parti unique de bénéficier de quelques postes ministériels dans l’actuel gouvernement, le ramenant à demeurer aux ordres du RDR et à confirmer sa mutation en PDCI-RDR.

Il est à craindre que, faisant fi de la loi de 1998 sur le foncier proposée par Bédié, avec comme Premier Ministre le même Duncan, et votée à l’unanimité des députés issus du PDCI, du PIT, du FPI et même du RDR, le PDCI se rétracte bientôt pour faire passer une autre loi sur le foncier pour abroger la première. Le but poursuivi par ces gouvernants actuels est d’offrir les terres, les forêts des ivoiriens aux étrangers et particulièrement aux burkinabès.

Bédié et son PDCI-RDR pourront-ils s’opposer au bradage des richesses ivoiriennes et aussi à cette prochaine naturalisation de près de 4.000.000 de ressortissants du pays dit des hommes intègres? Il s’agira de modifier le fichier électoral ivoirien pour permettre ainsi au RDR de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible et de donner aux étrangers et particulièrement aux burkinabé les droits des ivoiriens.

Il est bon de rappeler que sous Houphouët, les représentants du peuple ivoiriens ont eu le courage de rejeter la loi relative à la double nationalité.

Le vote par le PDCI de ces deux prochaines lois portant sur le foncier et la naturalisation massive jamais vue de par le Monde, confirmera aux yeux de tous que le PDCI est devenu bel et bien le vassal du RDR. L’histoire retiendra que c’est par la faute de ce parti que les ivoiriens auront été injustement dépouillés de leur patrimoine ancestral et seront devenus des étrangers dans leurs propre pays.

Voilà ce qu’est devenu l’héritage laissé par Houphouët à Bédié; un parti au service des intérêts étrangers européens et sahéliens. Bédié a ainsi dévoyé les objectifs premiers du PDCI-RDA pour se fondre dans ceux du RDR qui n’a rien d’un parti démocratique ni républicain, mais qui dans les faits, est un rassemblement de barbares, de criminels, de violents, de sanguinaires, en résumé, un Rassemblement De Rebelles (RDR).
Il est par conséquent impératif, que le PDCI sorte de cette alliance contre nature avec le RDR pour redevenir le PDCI-RDA et que prenne fin ce fantoche Rassemblement des Houphouétistes pour une soi-disant démocratie et on ne sait quelle paix.
 
NANWOULET G. Simone

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