02/12/2012 00:53:12
Serguei Lavrov : la democratie ne s'impose pas par le fer et le sang
Il est inadmissible d’imposer aujourd’hui la démocratie par le fer et le sang, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la réunion du Conseil pour la politique extérieure et de défense. Le diplomate n’a pas fait de référence aux pays concrets mais il était évident qu’il avait donné une réponse directe aux critiques de l’Occident concernant la position de principe défendue par la Russie au sujet du règlement en Syrie et aux problèmes liés globalement à « l’exportation de la démocratie ».
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Sergei Lavrov

Il est inadmissible d’imposer aujourd’hui la démocratie par le fer et le sang, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la réunion du Conseil pour la politique extérieure et de défense. Le diplomate n’a pas fait de référence aux pays concrets mais il était évident qu’il avait donné une réponse directe aux critiques de l’Occident concernant la position de principe défendue par la Russie au sujet du règlement en Syrie et aux problèmes liés globalement à « l’exportation de la démocratie ».

Le diplomate russe a dit en substance que l’exemple irakien montrait bien à quoi menaient les méthodes d’implantation de la démocratie par la force. Moscou est gravement préoccupé par le fait que certains États cherchent actuellement à « répliquer le modèle libyen ». Il a également rappelé ce que donnaient les tentatives de faire usage de la force au détour du Conseil de Sécurité.

Imposer aux autres pays son propre système politique revient à provoquer la montée des forces extrémistes et à repousser la perspective des changements véritablement démocratiques. C’est une des questions-clés de la politique internationale qui est directement lié à l’établissement du futur ordre mondial. La Russie ne cherche pas à contrecarrer l’influence occidentale et les projets avancés par l’Occident. Elle estime que le politique visant à imposer la démocratie par le fer et la sang s’avère inopérante et nous n’avons de cesse de nous en convaincre tous les jours depuis un an et demi.

Sergueï Lavrov a dit que personne ne pouvait prédire comment évolueraient les événements au Moyen-Orient. En évoquant le modèle libyen, le chef de la diplomatie russe faisait référence au début des frappes aériennes de l’OTAN et les États-Unis contre la Libye en 2011. Sous prétexte « d’intervention humanitaire » l’Alliance avait en fait soutenu une partie dans le conflit civil dans ce pays. Après le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation en Libye est toujours loin d’être démocratique et normale. On veut maintenant appliquer le même scénario en Syrie.

La Russie est également préoccupée par le fait que cette politique ne fait qu’accroître les tensions dans le monde, a ajouté Sergueï Lavrov.

Il existe encore un aspect qui nous inquiète. C’est que pendant les crises économiques la tentation est forte de recourir aux méthodes militaires de règlement de problèmes. Cette tendance est manifestée par certains de nos partenaires.

Le Conseil russe pour la politique extérieure et de défense a été créée en 1992. Cette ONG très influente regroupe des politiques, dirigeants des « boîtes à idées », chefs d’entreprise, scientifiques er journalistes. Le Conseil élabore et évalue tous les aspects de la stratégie nationale en matière de politique extérieure, de défense et d’édification de la société civile.

Andreï Fedyachine

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