02/11/2009 16:13:08
Lynchage médiatique de Paul Biya Brazzaville: la réaction du Cabinet Civil
Le Directeur du Cabinet Civil de la présidence de la République du Cameroun, Martin Belinga Eboutou, a adressé un droit de reponse à l'hebdomadaire Congolais Le choc. Le journal depuis quelques semaines vilipende le Chef de l'Etat et les citoyens Camerounais.
Camerounactu.net
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix – Travail – Patrie
--------
Présidence de la République
--------
CABINET CIVIL
----------
REPUBLIC OF CAMEROON
Peace – Work – Fatherland
--------
Presidency of the Republic
--------
CIVIL CABINET
----------

 

 

N° 326 /CAB/PR Yaoundé, le 26 octobre 2009

LE DIRECTEUR DU CABINET CIVIL

The Director of the Civil Cabinet

A
Monsieur ASIE Dominique de Marseille
Directeur Général du Magazine
« Le Choc »
B.P 1314
BRAZZAVILLE


Objet: Droit de réponse.

 

Monsieur le Directeur Général,
Depuis bientôt deux mois, le Magazine « Le Choc » paraissant à Brazzaville et dont vous êtes le Directeur Général consacre, dans ses éditions de septembre et d’octobre 2009 un Dossier Spécial « Cameroun », dans lesquels manchettes et articles sont aussi désobligeants, irrévérencieux, que mensongers à l’endroit du Président de la République du Cameroun, S.E.M. Paul Biya, et du peuple camerounais.

Cette campagne abjecte de dénigrement, sans précédent dans les annales des relations fraternelles et amicales entre le Cameroun et le Congo serait motivée et justifiée, selon vous, par votre soif de vengeance. Vous nous apprenez en effet qu’un journaliste d’origine camerounaise, M. Jean Paul TEDGA, vivant et travaillant à Paris, où il publie un magazine, « Afrique Education », dénigre dans ses écrits le Président congolais S.E.M. Denis Sassou Nguesso, raison pour laquelle vous vous faites l’obligation de dénigrer S.E.M. Paul Biya et le peuple camerounais.

Usant du droit de réponse –universellement reconnu en matière de presse- j’ai l’honneur de vous demander de publier, dans la plus prochaine édition du Magazine « Le Choc », ma réaction que voici.

Je tiens d’emblée à dissocier le Président Paul Biya et son entourage des manoeuvres et publications de M. Jean Paul Tedga, et opposer le démenti le plus formel à votre allégation, au demeurant sans l’ombre d’une preuve, selon laquelle le Président Paul Biya a financé l’ouvrage d’un Collectif de congolais de la diaspora intitulé « Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique ».

Ma réponse à votre campagne de dénigrement, aussi gratuite, haineuse que vaine à l’endroit du peuple camerounais et de son Président s’articule autour de quatre axes majeurs :

- Le Cameroun comme il va ;

- La question du prétendu leadership en Afrique Centrale ;

- La qualité des relations entre le Cameroun et ses voisins, dont le
Congo ;

- L’inanité du règlement de comptes, finalité déclarée de vos écrits.

A. LE CAMEROUN COMME IL VA

Le Cameroun n’est pas une dictature, mais bien au contraire un Etat où priment la liberté d’expression et la démocratie pluraliste. Les émeutes de la faim de 2008 dans le monde dont il est fait mention dans vos articles n’ont certes pas épargné le Cameroun, mais les émeutiers ont bénéficié d’un procès équitable. Certains ont été condamnés, d’autres libérés.

Le Gouvernement a consenti l’effort nécessaire à l’amélioration des conditions de vie des populations, dans un environnement mondial traversé par la crise : les salaires ont été augmentés de 15% le 07 mars 2008, les indemnités de logement de 20%, tandis que les prix des denrées de première nécessité (riz, farine, poisson) ont été homologués... Les informations contenues dans votre magazine sont donc totalement erronées.

Les partis politiques qui sont nombreux exercent librement, y compris celui de Monsieur Mila Assouté à qui vous prêtez une tribune dans vos colonnes, et qui s’est volontairement exilé. Je puis vous affirmer que M. Mila Assouté ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire ni d’aucun harcèlement politique, sinon, et tout à fait curieusement, de la part de ses coreligionnaires du RMDC dont le quotidien indépendant « Le Messager » nous apprend dans son édition du 22 octobre 2009 (page 3) qu’il vient de « recevoir un blâme de son Parti ».

Le Président Paul Biya, c’est de notoriété publique, prône l’ouverture, le dialogue et la concertation. Trois Partis d’opposition – UNDP, ANDP et FSNC- font partie de son Gouvernement, pendant que quatre Partis sont représentés à l’Assemblée Nationale – SDF, UNDP, UDC et MP. Voilà rapidement résumés les ingrédients de la légendaire stabilité du Cameroun.

B. LE PRETENDU LEADERSHIP EN AFRIQUE CENTRALE

A la question que lui posait un journaliste français au perron de l’Elysée de savoir s’il avait l’intention de jouer le rôle de leader laissé vacant du fait de la disparition du défunt Président gabonais Omar Bongo Ondimba, le Président Paul Biya avait répondu sans équivoque : « Le Cameroun est toujours disponible et disposé à coopérer avec tous les Etats africains et notamment les Etats d’Afrique Centrale, sans chercher à jouer particulièrement un rôle ». Il est donc étonnant que le sujet hante les esprits chagrins qui s’imaginent qu’en Afrique Centrale, il y a une instance ou une fonction de leader, instance et fonction établies nulle part, si ce n’est dans l’imagination de quelques journalistes nostalgiques d’une vision dépassée des relations Afrique-France. Il est, en tout cas, totalement injuste et malveillant de vouloir créer une querelle qui n’existe pas dans l’esprit du Chef de l’Etat camerounais et de son peuple.

C. LA QUALITE DES RELATIONS ENTRE LE CAMEROUN ET SES VOISINS, DONT LA REPUBLIQUE DU CONGO

le Président Paul Biya promeut l’excellence des rapports entre Etats. Le Cameroun a frontière commune avec la République Fédérale du Nigeria, la République de Guinée Equatoriale, la République Gabonaise, la République du Tchad, la République Centrafricaine et la République du Congo. Avec tous ces Etats sans exception aucune, le Cameroun manifeste toujours la volonté d’entretenir des rapports sains, de ne provoquer ni entretenir aucun conflit, et de régler les différends éventuels susceptibles de survenir, par le dialogue et la négociation. Les exemples ne manquent pas, qui illustrent cette politique apaisée, pacifique et de bon voisinage, que vous connaissez, que le monde entier connaît et reconnaît.

L’ouvrage intitulé « Sassou Nguesso : l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique », publié à Paris par l’Harmattan et signé d’un Collectif de Congolais de la diaspora ne concerne ni de près ni de loin le Cameroun et son Président. Il est extravagant de prétendre que le Président Paul Biya l’a financé, au seul prétexte qu’un journaliste d’origine camerounaise, vivant et travaillant à Paris, en a rendu compte.

Je précise que l’ouvrage en question n’est pas en vente au Cameroun. En revanche, l’ouvrage de promotion politique du Président Sassou Nguesso, « parler pour l’Afrique. Entretien avec Edouard Dor » publié aux éditions Michel Lafon est en vente dans tous les kiosques et librairies du Cameroun au prix de 2 500 FCFA.

C’est également le lieu de rappeler qu’en juillet 2009, la radio « sky one » émettant à Yaoundé sur la fréquence 104.5 FM a été fermée, notamment pour outrage au Président Congolais Denis Sassou Nguesso, dans le cadre de débats interactifs. Elle reste fermée jusqu’à ce jour. L’Ambassadeur de la République du Congo au Cameroun a certainement dû en rendre compte.

Le Président Paul Biya et le Président Denis Sassou Nguesso sont des frères et des amis unis de solidarité géographique, historique et politique. Le Chef de l’Etat camerounais, homme d’Etat épris de paix, de respect des valeurs humaines, soucieux de sauvegarder l’amitié et la concorde avec ses voisins ne saurait se départir du sacro-saint principe universel du respect de la souveraineté et de la sécurité des Etats qui constitue le socle de la Charte des Nations Unies.

D. L’INANITE DU REGLEMENT DE COMPTES, FINALITE DECLAREE DE VOS ECRITS

Il est constant que certains Africains de la diaspora et sans distinction de nationalité tentent, avec plus ou moins de succès, d’approcher les Hommes d’Etat en Afrique à des fins pécuniaires et mercantiles, notamment autour des périodes électorales. Le Chef de l’Etat camerounais n’y échappe pas, le Président Sassou Nguesso non plus, qui l’un et l’autre pourraient faire leur la phrase du poète d’origine congolaise Tchicaya U Tam’Si : « Epine pour épine, nous avons commune couronne d’épines ». (Le Contempteur, in Epitomé).

L’illustration patente du phénomène est ce contrat que vous évoquez vous-même dans votre magazine, contrat passé entre M. Jean Paul Tedga et le Cabinet du Président Sassou Nguesso en 1997 pour, je vous cite « soigner son image ».

C’est vous encore qui nous apprenez le montant de 100 000 000 (cent millions) FCFA par an, du contrat passé à l’époque entre M. Jean Paul Tedga et le Cabinet du Président Sassou Nguesso dont M. Jean-Claude Gakosso était Conseiller à la Communication.

C’est encore vous qui nous informez de ce que M. Tedga est venu renégocier ce contrat quelques années plus tard, que M. Firmin Ayessa était devenu Conseiller à la Communication, et que cette négociation a fait long feu, M. Tedga ayant outrancièrement fait monter les enchères à 850 000 000 (huit cent cinquante millions) FCFA par an. En nous en tenant strictement à vos propres dires, nulle part vous ne mentionnez que le Président Paul Biya ou une autorité camerounaise quelconque se sont entremis entre M. Jean Paul Tedga et le Président Denis Sassou Nguesso. De même, selon vos déclarations, ces relations ont connu une lune de miel, et malheureusement suite vraisemblablement au non aboutissement du contrat de 850 000 000… une lune de fiel. Le Président Paul Biya et le peuple camerounais n’y sont strictement pour rien, d’où l’inanité de votre règlement de comptes. M. Jean Paul Tedga est plus en cour à Brazzaville qu’à Yaoundé.

Permettez que je tire ma conclusion, en affirmant qu’il s’agit là de fausses querelles et en affirmant haut et fort que l’Afrique centrale et ses peuples aspirent à la paix et au développement. Probablement en mal de notoriété, vous faites le mauvais choix de vouloir brouiller deux peuples frères et amis pour y remédier. De plus, votre option et votre propension à l’insulte et l’invective, en insultant un Chef d’Etat, me remémore cette phrase de Don Quichotte : « il faut que la force soutienne l’affront, pour que cet affront déshonore ».

La sagesse africaine à laquelle vous faites recours pour justifier vos agissements, n’enseigne nulle part d’insulter le frère de son père, ce concept qui, au demeurant, n’existe pas en Afrique noire : le frère du père (oncle) est tout simplement le père. Et il a qualité pour vous maudire. Hâtez-vous de venir lui présenter vos excuses.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, les assurances de ma parfaite considération.

Martin BELINGA EBOUTOU

 

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE