02/11/2009 16:23:46
Socapalm dans la tourmente
La Société camerounaise de palmeraies traverse une mauvaise passe.
Le Messager
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C’est un communiqué de presse du conseil d’administration de cette société qui l’annonce. L’on n’y apprend que le principal producteur de l’huile de palme a vu son chiffre d’affaires baissé de près de 35 % au courant de l’année 2009. Sa production a aussi enregistré une baisse de 12%. Au 30 juin 2009, les stocks de la Socapalm ont augmenté de 55% par rapport à la même période en 2008. Même si les responsables de la Société camerounaise des palmeraies sont confiants quant à l’écoulement total de ce stock avant la fin d’année 2009, reste que le chiffre d’affaires annuel sera de 33 milliards Fcfa, bien en dessous des 38 milliards obtenus l’année dernière.

L’instance dirigeante de la Socapalm justifie cette  contre performance par la baisse de la demande provenant de ses principaux clients que sont les savonneries et autres huileries en activité au Cameroun et même dans la sous région Afrique centrale. La Socapalm n’a donc pas été beaucoup sollicitée en 2009 par les principaux producteurs de savon et autres huiles raffinées. Un constat confirmé par un membre de l’Association des transporteurs et producteurs d’huile de palme (Atpo). « Je puis vous assurer qu’aucune huilerie n’a fonctionné cette année à plus de 60% de ses capacités habituelles. Le secteur a aussi été frappé de plein fouet par la crise économique mondiale. Voilà qui peut expliquer la baisse des commandes de la matière première chez les producteurs d’huile de palme... », explique un cadre de Safacam.  Pour mieux illustrer son propos, cette source indique que la Société africaine et forestière agricole (Safacam), autre producteur d’huile de palme, a vu son chiffre d’affaires au premier semestre 2009 baissé de 10,5%, par rapport au premier semestre 2008.

Toutefois, certains observateurs de la filière huile de palme au Cameroun indiquent que l’environnement économique morose ne justifie pas entièrement le fait que certaines huileries et savonneries se seraient tournées vers certains producteurs asiatiques à l’instar de la Malaisie pour s’approvisionner en matière première. « Par le passé, la Socapalm privilégiait ses propres unités de transformation au détriment de certains gros transformateurs. Toute chose qui mettait à mal ces savonneries. Et certaines de ces sociétés, pour éviter la surenchère de la Socapalm ont préféré importer directement la matière première de l’Asie… », explique un cadre du Complexe chimique de l’Ouest (Cco) joint au téléphone par Le Messager.

Monopole

Vu sous cet angle, le principal producteur d’huile de palme paierait ainsi le prix de son attitude vis-à-vis des savonneries. La contreperformance de la Socapalm arrive au moment ou l’on pouvait déjà s’attendre aux retombées de son entrée en bourse à la Douala Stock Exchange (Dsx). Le 22 janvier, la Socapalm avait lancé un appel public à l’épargne d’un montant de 15 milliards de Fcfa. L’objectif de l’opération était  d’obtenir des ressources financières à long terme pour financer partiellement son programme d’investissements essentiellement industriels d’environ 30 milliards  sur la période 2009 / 2014, et réduire son endettement à long terme. Une opération bouclée avec succès. L’on espère que la Socapalm va bénéficier très rapidement des retombées de la reprise de l’économie mondiale, au grand bonheur des investisseurs détenteurs des actions Socapalm à la Dsx.

La Socapalm est le premier producteur d’huile de palme du Cameroun. Elle regroupe cinq plantations de palmier à huile situées dans les provinces du Littoral, du Sud et du Centre. Grâce à ses quatre huileries, la Socapalm  est le plus gros producteur du Cameroun avec environ 42 % du marché de l’huile brute. Sa filiale, la Spfs, détient environ 24 % du marché de l’oléine (huile raffinée) camerounais.

Leopold Chendjou

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