03/11/2009 00:32:08
« L'Antécode Biya » : un livre paraît pour contredire François Mattei
(AGA MEDIAS, Douala) Un livre paru ce jour à Douala, avec l'ambition affirmée de contredire "Le Code Biya" du Français François Mattei fait une sorte de bilan des 27 ans de règne du Président Biya. AGA MEDIAS
qui a obtenu en exclusivité « L’Antécode Biya », l’a rapidement parcouru pour vous.
AGA MEDIAS
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 Un livre programme d’un citoyen engagé dans la rupture avec les pratiques ambiantes de mensonges d’Etat et
d’irresponsabilité au sommet.
Le titre de l’ouvrage ne laisse pas d’équivoque : « L’Antécode Biya », est une réponse engagée au livre controversé publié en début d’année par le journaliste français François Mattei sous le titre « Le Code
Biya ». Qui avait présenté le chef de l’Etat camerounais, sous un jour plutôt surprenant, du moins pour nombre de Camerounais vivant au Cameroun.
Bertrand Teyou, un artiste peintre, chroniqueur indépendant de la vie sociale et publique camerounaise, a certainement voulu contredire la peinture idyllique faite du Cameroun par cet ancien rédacteur en chef
de France Soir qui a reconnu, sans aucune gêne, avoir fait un portrait d’un homme, Paul Biya, qu’il n’a jamais rencontré. D’où la conviction de l’auteur de « L’Antécode Biya », selon laquelle il s'agissait simplement "d'une œuvre de commande". Et comme telle, ce livre-là ne pouvait  pas s’aventurer à peindre la réalité du pays dans lequel vit Bertrand Teyou. Une réalité résumée en sous titre par la formule terrible suivante: «  Au Coeur d’un pays sans tête ». Simple image, pour traduire, l’artificialité de la gouvernance du Cameroun, sous le règne plusieurs décennaire du président Biya ? Non.


L’œuvre première de Bertrand Teyou fourmille d’exemples vécus qui montrent que le Cameroun n’a vraiment pas de direction. Et que tout le monde, du moins ceux qui en sont officiellement les dirigeants, voient depuis tant d'années,  volonté de faire autrement.  Ainsi, comme par exemple, à la Rue dite Safel Bonantone à Douala. Où deux malades mentaux régulent, avec un certain succès, chaque matin, la circulation. Cela, depuis de nombreuses années. Sans que cela ne gêne ni n'interpelle le moins du monde possible ces pontes et autorités
officielles de la principale métropole camerounaise qui empruntent chaque jour cette voie fort sollicitée. Ce pays c’est le Cameroun dirigé depuis 27 ans par le président Paul Biya. Un tel pays, pour Bertrand Teyou, ne peut être considéré comme ayant à sa tête un véritable leadership. D’où sans doute sa proposition d’un vision
alternative.

Mensonges d’Etat autour d’un massacre de soldats à Bakassi? Rédigé en 8 parties rapidement parcourues comme autant d’articles de reportages, d’enquêtes, d’analyses et de commentaires journalistiques sur la gouvernance camerounaise de ces 27 dernières années, on est particulièrement saisi d’inquiétudes par les révélations faites par le livre, au sujet de la mort de 21 soldats en novembre 2007 à Bakassi.


Bertrand Teyou, a reconstitué, pièces par pièces les données existantes de cette journée du 12 novembre 2008 où le secrétariat général de la Présidence de la République annonça « une attaque d’assaillants » non identifiés réputés venus du Nigeria mais dont personne n’a jamais retrouvé la trace. En annonçant dès la couverture
cette enquête parallèle sous l’accroche « Révélations explosives sur les massacres du 12 novembre 2007 à Bakassi », l’auteur de «L’Antécode Biya » développe l’idée selon laquelle ce drame aurait simplement été une opération de liquidation par des propres frères d’armes camerounais de leurs collègues. En vue d’effacer des témoins gênants de quelques opérations crapuleuses dans les cercles de l’armée? Bertrand Teyou ne répond pas formellement. Mais on a là sans doute une piste pour comprendre ce qui se serait passé ce jour. D’autant que
l’enquête officielle n’a jamais édifié les Camerounais, qu’il s’agisse des curieux, des membres des familles des soldats morts ou même leurs camarades de corps.
On peut alors être sûr que les révélations de Bertrand Teyou, qui accusent ouvertement les officiels de l’armée camerounaise,  ne va pas laisser indifférentes les autorités judiciaires camerounaises qui avaient semblé s’être fait à l’idée qu’il s’était agi d’une attaque extérieure. Il y a ainsi dans cette œuvre littéraire, éditée, à compte d'auteur, par les « Editions Nation Libre » et imprimée à Macacos, un mélange d’insolence artistique et de  liberté politico-civique que l’auteur a déroulées sur près de 150 pages. Qui dès lors peuvent se lire d’un trait.
Ce livre se vend à 10 000 Fcfa en Afrique Centrale et 16 Euros hors zone Cfa. Selon son éditeur joint par AGA MEDIAS, "ce livre-évenement" sera présenté au public, à l'hotel Akwa Palace de Douala, le 11 novembre 2009.  Un an presque, jour pour jour, après les tueries - que l'auteur qualifie de "massacres" - de Bakassi. Tout un symbole.

Note de lecture du 2 novembre 2009.

PS : AGA MEDIAS est une agence de presse indépendante et d’informations stratégiques en Afrique centrale. Basée à Douala, elle est dirigée par le journaliste Alex Gustave AZEBAZE.

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