03/11/2009 02:40:55
"Pauvre Jacques!"
« Pauvre Jacques ". C'est ce qu'a lâché un chef d'Etat africain, le week end dernier, un de ceux qu'on continue d'appeler impudiquement " doyens des chefs d'Etat du continent ", après qu'il eut appris les nouveaux ennuis judiciaires de l'ancien président français, Jacques Chirac.
Maliweb
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En effet, mis en examen en 2007, après son départ de l'Elysée, la présidence de la République française, M. Chirac, l'homme d'Etat français le plus attaché aux dictateurs africains, qui avait bénéficié d'un non-lieu du procureur de la République, n'est pas encore sorti de l'auberge. Dans la mesure où la juge d'instruction, Xavière Simeoni, a estimé que les charges évoquées contre l'ancien président (notamment les 21 emplois présumés fictifs, offerts à des militants ou élus de son parti et à ses proches au moment où il était maire de Paris), sont suffisantes pour qu'il y ait un procès. Ainsi, " Chirac l'Africain ", du haut de ses 76 ans, a été bonnement renvoyé, le 30 octobre dernier, devant le tribunal correctionnel de Paris. Une première pour un ancien Président de la République, devenu " simple citoyen ".

Il faut dire qu'en Afrique, nos dirigeants, bien souvent soutenus par la France chiraquienne, sont, eux, à mille lieues d'un tel cas de figure. Quand bien même ils ont beaucoup de choses à se reprocher en matière de bonne gouvernance, avec des laxismes patents dans la gestion des ressources publiques. Excepté la Zambie de Frederik Shiluba, les cas d'anciens dirigeants africains à la barre, ne courent pas les rues.

Même si l'ancien maire de Paris, de 1977 à 1995, se dit aujourd'hui serein, pour affronter les juges sur son passé approximatif d'édile municipal de la capitale française, son immunité d'ancien président de la République est lamentablement tombée dans les eaux puantes de la Françafrique et dans le soutien éhonté aux dictatures les plus inhumaines du continent noir. Chirac reçoit, aujourd'hui la monnaie de sa pièce. La pièce avec laquelle il a payé le maintien en place, contre la volonté populaire, et ce pendant longtemps, des dictateurs de la trempe des Mobutu, Eyadema, Bongo, Hissein Habré, Sassou N'Guesso, Biya, Déby, Dos Santos, Théodoro Obiang...

Le président Chirac n'a-t-il pas poussé l'outrecuidance jusqu'à affirmer, dans les années 90, que l'Afrique n'était pas mûre pour la démocratie et le multipartisme, insultant, de ce fait, les peuples et les démocrates africains ? Et dire qu'il ne tenait ces propos que pour préserver les fauteuils de ces tyrans d'amis ! Le donneur de leçon sur " l'évolution progressive des pays africains vers la transparence dans la gestion des ressources publiques " est en bute, aujourd'hui, aux ennuis les plus sérieux pour mauvaise gouvernance.

Pour lors, Jacques Chirac, celui qui,hier encore,  prêchait aux petits nègres, à Cotonou, les dangers de l'automédication, a bien besoin d'un renvoi d'ascenseur de la part des dirigeants africains ou de leurs rejetons, dont certains trônent dans le fauteuil de leur géniteur. Après tout, il les a bien " aidés à s'installer ". Chirac, faiseur et " défaiseur " (Premier ministre, il aurait " défait " en un temps record, Sankara du Burkina Faso)  de rois nègres, a besoin des prouesses de ceux qui ont les juges comme lèche-bottes dans leurs pays respectifs. Alors, où sont les... Paul Biya, Sassou N'Guesso, Faure Eyadema, Ali Bongo ? Vous devez grouiller pour sauver votre pauvre Jacques des griffes de la justice française ! Même si vous autres, vous pouvez vous livrer à cœur joie à la gabegie, au favoritisme, aux emplois fictifs et aux surfacturations à gogo.

Bruno Djito SEGBEDJI

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