10/11/2009 15:22:20
Le choc Paul Biya contre Sassou Nguesso dans la presse
Les "révélations" sur les chefs d'Etat camerounais et congolais sèment la confusion entre les deux voisins de la Cemac.
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Le président Paul Biya a reçu en audience vendredi dernier au palais de l'Unité un émissaire du son homologue Denis Sassou Nguesso. Sur les ondes de la Crtv, l'on a appris que l'hôte du chef de l'Etat était porteur d'un message du président congolais. Ce message, à en croire la radio télévision nationale camerounaise, était relatif à la "campagne de dénigrement du chef de l'Etat Paul Biya dans le magazine congolais Le Choc". Selon toute vraisemblance, Denis Sassou Nguesso a tenu à dégager sa responsabilité face aux "propos injurieux et diffamatoires" contenus dans l'hebdomadaire congolais et partant exprimer ses regrets à Paul Biya. Nul ne peut pour autant jurer, en l'état actuel des choses que l'incident est clos. Compte tenu de l'escalade verbale transpirant des deux publications, sources du "conflit". En l'occurrence, Afrique Education du camerounais Jean Paul Tedga et "Le Choc" du congolais Dominique Asie de Marseille.

Réagissant à des informations publiées dans Afrique Education, Le Choc, dans une édition spéciale de vingt pages dont treize consacrées au Cameroun, parue en septembre dernier, s'en prend vertement à Paul Biya. Sur la manchette du journal, l'on lit : "Paul Biya le président le plus corrompu du monde avec Paul Tedga le plus grand escroc des salons présidentiels africains". La Une est assortie d'une photo du chef de l'Etat camerounais saluant Paul Tedga, le directeur de publication de Afrique Education. L'éditorial ouvrant le dossier n'est pas moins corrosif : "biographie, qui est Paul Barthélemy Biya'a bi-Mvondo, empereur du Cameroun; Paul Biya, le dictateur le plus sanguinaire à la tête du pays le plus corrompu du monde ; toute la vérité sur l'harcèlement médiatique de Paul Tedga contre le clan Sassou Nguesso ; la réélection de Denis Sassou Nguesso hante le sommeil de Paul Biya ; les frasques du couple présidentiel camerounais-Paul Tedga, le plus grand malfrat de la presse métropolitaine, roi de la cochonnerie; le tandem Biya-Tedga, un vrai danger pour le Cameroun, une vraie République bananière".

Démocratie pluraliste
En octobre 2009, Le Cameroun est de nouveau... sous Le Choc. "Troublantes révélations sur le livre de la diaspora congolaise. 975 millions Fcfa : Biya a financé la sortie du livre de la diaspora congolaise contre Sassou Nguesso", tel est le titre qui barre la Une du journal brazzavillois, qui fait allusion à un livre édité chez L'Harmattan sous le titre : Sassou Nguesso, l'irrésistible ascension d'un pion de la Françafrique. Le magazine Le Choc met surtout en évidence le rôle du président camerounais en rapport avec la publication de ce livre. Morceaux choisis : "C'est en mars 2007 qu'il [Paul Biya, Ndlr] dépêcha un de ses émissaires, agent évoluant à la présidence de la République camerounaise, rencontrer le journaliste camerounais Paul Tedga et lui présenter le projet de sortir un livre accablant sur le président Denis Sassou Nguesso", écrit, Hauloury Bengoubi, qui fait de Paul Biya le commanditaire de ce livre.

"Le marché est conclu entre Tedga et les trois Congolais. Le compte rendu est fidèlement fait au président Paul Biya qui expédie la logistique : une faramineuse somme de neuf cent soixante quinze millions Fcfa (1.500.000 euros) est alors débloquée. L'émissaire de Biya reprend l'avion pour Paris au mois de mai 2007. Il retrouve Jean-Paul Tedga et lui dépose la mallette". ^

Dans un droit de réponse adressé au magazine congolais le 26 octobre 2009, le directeur du Cabinet civil à la présidence de la République du Cameroun, Martin Belinga Eboutou indique que "Le Cameroun n'est pas une dictature, mais bien au contraire un Etat où prime la liberté d'expression et la démocratie pluraliste". Belinga Eboutou revient également sur l'état des relations entre le Cameroun et ses voisins de la Cémac et la question du leadership en Afrique centrale.

Georges Alain Boyomo

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