10/11/2009 19:32:24
Banque Analyse: Zones d'ombres autour de l'administration provisoire
La Commercial bank of Cameroon ( Cbc), la Commercial Bank-Centrafrique, la Commercial Bank-Tchad, toutes ces banques du Groupe Fotso sont donc placées sous administration provisoire.
Le Messager
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Au-delà du fait que les griefs portés contre le management de ces structures sont d’une pertinence certaine, l’on ne peut tout de même pas s’empêcher de se demander s’il n’y a pas seulement un acharnement contre le promoteur de cette banque, tant la procédure qui a abouti à la mise entre parenthèse des organes de gestion de ces institutions bancaires semble peu orthodoxe.

Et de nombreuses personnes ont vite fait une corrélation entre le bras de fer qui oppose le nouvel argentier de la Cemac à savoir la Guinée-Equatoriale, et le Groupe Fotso. Un bras de fer qui a tourné à l’avantage du Camerounais lorsque la Guinée équatoriale a été condamnée à verser 50 milliards de Fcfa dans le litige opposant les deux parties.  En scrutant les raisons qui ont motivé la Cobac à « frapper » la Cbc, l’on constate que les faits reprochés à ces banques datent d’un an, et que la Cobac, en son temps, avait validé le plan de redressement proposé par les responsables de la Cbc. Pourquoi n’a-t-elle pas attendu de voir les résultats de ce plan de restructuration ? L’on peut aisément conclure qu’il y’a un règlement de compte quelque part.

Et la thérapie trouvée par la Cobac peut s’avérer létale. L’on se souvient que certains établissements financiers ont failli disparaître à jamais après l’annonce de la mise en place d’une administration provisoire. En son temps, la Cofinest n’avait-elle pas perdu en l’espace de quelques jours seulement près de 30% de ses dépôts clients ?

Intervention de l’Etat

N’est-il pas temps pour le gouvernement camerounais de faire comme ailleurs, c’est-à-dire protéger avec la dernière énergie son secteur bancaire ? On a vu les gouvernements français, britannique, américain se mobiliser autour de leur secteur bancaire secoué par la crise financière. Qu’est-ce qui peut expliquer le silence du gouvernement camerounais face à cet acharnement sur les structures bancaires du Groupe Fotso ?

Alors que cette même Cobac s’apprêtait « à frapper » la filiale tchadienne de la Cbc, en la mettant sous administration provisoire pour une durée de six mois, le gouvernement de Idriss Deby s’y est opposé farouchement. Le gouvernement tchadien a plutôt insisté pour la mise en place d’un comité de restructuration de deux mois, s’engageant même à prendre sur lui les dettes de la filiale tchadienne de la Cbc. N’est-ce pas un exemple à suivre ?

Leopold Chendjou

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