12/11/2009 17:20:21
Ventes d'armes l'Angola: Pasqua persiste et mouille Chirac, Villepin...
Condamné à un an de prison ferme dans l'Angolagate, l'ex-ministre de l'Intérieur a assuré lors d'une conférence de presse très médiatique : "En 1995, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Charles Millon (..) étaient informés des ventes d'armes vers l'Angola".
Nouvelobs.com
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Charles Pasqua, condamné à un an de prison ferme dans l'affaire de l'Angolagate, a répété, jeudi 12 novembre lors d'une conférence de presse, que l'ancien président Jacques Chirac, tout comme Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, et l'ancien ministre de la Défense Charles Millon étaient informés des ventes d'armes à l'Angola en 1995.

Charles Pasqua (AFP)

Charles Pasqua (AFP)


Il a aussi annoncé qu'il avait porté plainte ce jeudi contre le juge d'instruction Philippe Courroye chargé de l'Angolagate pour "une instruction uniquement conduite à charge". Cette plainte n'avait toutefois pas encore été enregistrée par le parquet de Paris jeudi après-midi.
"En 1995, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Charles Millon (..) étaient informés des ventes d'armes vers l'Angola", a réaffirmé l'ancien ministre de l'Intérieur devant un parterre de près de 200 journalistes.
"Aucune de ces personnalités n'a été entendue par le magistrat instructeur (...), aucun ne s'est opposé à ces opérations alors qu'ils étaient informés", a-t-il ajouté.


"Treize destinataires"

Pour appuyer ces dires, Charles Pasqua a de nouveau évoqué la note de la DGSE de 1995 relative à ces ventes d'armes et citée dans la procédure. Il a affirmé que cette note avait été adressée à "treize destinataires" dans les hautes sphères de l'Etat, appartenant à la présidence de la République et aux ministères des Affaires étrangères et de la Défense.
"Comment, puisque la justice a estimé que ces ventes d'armes sont illégales, ces autorités n'ont-elles rien fait pour arrêter ces opérations et ne sont-elles pas poursuivies pour complicité", a-t-il demandé. Expliquant que ces personnes étaient destinataires des notes de la DST et de la DGSE faisant état de ces ventes d'armes, il a affirmé que celles-ci ne pouvaient ne pas être au courant. "Sauf s'ils ne lisaient pas les notes", a-t-il ironisé.
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris avait dénoncé "l'incurie des autorités" dans cette affaire, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.

Appel à la création d'une commission parlementaire

Deux anciens Premiers ministres, Dominique de Villepin et Alain Juppé, ont déjà répondu aux affirmations de Charles Pasqua en assurant ne jamais avoir eu connaissance de pratiques illégales.
Charles Pasqua a souhaité que le président Nicolas Sarkozy "ne s'oppose pas à la levée du secret-défense" dans les affaires de ventes d'armes "mais qu'il la facilite".
Il a aussi fait part de son intention de lancer une pétition auprès des parlementaires pour obtenir la levée du secret-défense dans toutes les affaires de ventes d'armes depuis 2002.
Charles Pasqua veut également la constitution d'une commission parlementaire "qui pourrait être présidée par le président de la Cour des comptes", actuellement Philippe Séguin.

A propos de Gaydamak

Charles Pasqua est également revenu sur les raisons pour lesquelles a été octroyé à l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak, condamné à six ans de prison ferme dans l'Angolagate, l'ordre du mérite. Selon lui, cette décoration se justifiait pour l'intervention de l'homme d'affaires dans la libération des deux pilotes français en Bosnie. Balayant, par le fait, toute intervention de sa part en rapport avec les ventes d'armes.

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