20/11/2009 14:53:52
Bakassi : du pétrole camerounais détourné via le Nigeria
Un rapport des forces de sécurité camerounaises accuse les multinationales pétrolières.
Le Jour Quotidien
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Les forces de sécurité camerounaises basées dans la région soutiennent avec force, que les cargaisons émanant des zones de production ne représentent pas la réalité des chiffres officiels produits par les sociétés pétrolières. Le Jour a appris, de source militaire camerounaise, qu’un pointage effectué entre mars et septembre 2009 par des techniciens locaux recrutés sur les plates-formes, fait état de plusieurs milliers de barils qui « prennent des destinations contraires », au départ de la mer à Bakassi. «A ce jour, les pertes enregistrées dépassent la moyenne de 50.000 barils par jour », confie un officiel camerounais ayant obtenu copie du rapport confidentiel dressant « l’état des pertes en pétrole brut dans la zone de Bakassi».

Sur la nature des manipulations frauduleuses en question, notre source parle du chargement de plusieurs pétroliers qui prennent la destination du Nigeria voisin, et dont « le contenu est souvent revendu à la Sonara ». Aussi curieux que cela puisse paraître, les trafics de pétrole en haute mer à Bakassi sont signalés aussi bien par les éléments de la gendarmerie nationale que par ceux du Bataillon d’intervention rapide (Bir). Les trafics en question ne sont perceptibles ni à partir du poste de commandement du Bir Delta à Jabane II, ni du bâtiment Rio Del Rey nouvellement acquis pour assurer les bons offices de sécurisation de la presqu’île de Bakassi. Les forces de sécurité camerounaises qui ont pu suivre les traces des pétroliers de la fraude, situent leurs itinéraires en grandes zones de mangrove, dont le tirant d’eau est parfois supérieur à 20 m.

Le Jour a par ailleurs appris que les pétroliers de la fraude sont opérés par des équipages constitués des ressortissants des pays de l’ex Urss, principalement des Ukrainiens. Hier, un haut cadre de la Sonara ayant travaillé sur l’importation du brut nigérian, a affirmé qu’il était au courant d’une enquête en cours au sein de la société nationale de raffinage, au sujet du pétrole détourné par les exploitants étrangers. « L’enquête a été instruite par la présidence de la République », a-t-il indiqué. Une autre source militaire a ajouté que le cas de quelques officiers supérieurs de l’armée soupçonnés d’avoir protégé des trafiquants est « en cours d’investigation ».

Denis Nkwebo

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