20/11/2009 15:08:17
Le verdict maintenu
La FIFA a tranché et maintient la décision des officiels au Stade de France, malgré la controverse.
Radio-Canada
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                     La faute de main de Thierry Henry

                                                                     Photo: AFP/TF1
                                                         La faute de main de Thierry Henry

« Les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont sans appel. L'arbitre ne peut revenir sur une décision que sous réserve que le jeu n'ait pas repris ou que le match ne soit pas terminé. »

La FIFA a tranché et maintient la décision des officiels au Stade de France, malgré la controverse.

Le match retour entre l'Irlande et la France ne pourra être repris, a-t-elle annoncé vendredi. La nulle des Bleus (1-1) sur leur pelouse est ainsi validée, tout comme leur qualification pour le Mondial.

La Fédération irlandaise avait crié au vol et demandé la reprise des hostilités à l'issue de la rencontre, qui a vu William Gallas créer la parité sur un jeu controversé en prolongation. Le défenseur a trouvé le fond du filet sur une reprise de tête après un contrôle de la main de Thierry Henry, une faute qui a échappé aux officiels.

Aucun point de règlement ne permettait de remettre en cause le résultat, soutient la FIFA, comme l'anticipait d'ailleurs le sélectionneur irlandais, Giovanni Trapattoni. Tout changement nécessitait une réaction immédiate des officiels, sur le terrain, sans que le jeu n'ait repris après la faute.

« L'arbitre ne peut revenir sur une décision que s'il réalise que celle-ci n'est pas la bonne ou, à sa discrétion, après avoir consulté un arbitre assistant ou le quatrième officiel, le tout sous réserve que le jeu n'ait pas repris ou que le match ne soit pas terminé », peut-on lire dans un communiqué de la FIFA.

L'équité selon Henry

Montré du doigt depuis le sifflet final, Henry est sorti de son mutisme pour commenter son geste.

Dans un communiqué envoyé à la chaîne britannique Sky Sports News, le franc-tireur parle de la meilleure solution pour mettre fin à la tempête.

« La solution la plus équitable serait bien sûr de rejouer le match, mais ce n'est pas de mon ressort, a-t-il commenté. Je suis naturellement gêné de la manière dont nous avons gagné et je suis extrêmement désolé pour les Irlandais, qui méritent vraiment d'être en Afrique du Sud. »

Au meurtre!

Si la décision de la FIFA a été accueillie avec amertume dans le camp irlandais, Trapattoni, lui, a profité de l'occasion pour enchaîner les frondes. Dans une entrevue à la Gazzetta dello Sport, l'Italien a livré le fond de sa pensée, sans réserve.

« Et maintenant, il y a cette double faute de main de Henry sur le but de Gallas, a-t-il lancé. Pour couronner le tout, Squillaci (défenseur français) était hors-jeu. C'est un meurtre. »

« Même une personne aveugle aurait pu voir la double faute de main de Henry, a-t-il ajouté. Le juge de touche, comme les images le montrent, était dans l'alignement et avait une vision parfaite. Je suis sûr que M. Hansson (l'arbitre) a parlé avec le quatrième officiel et avec quiconque suit le ralenti. Pourquoi alors, sachant qu'il avait commis une erreur, n'a-t-il pas corrigé sa décision? »

Giovanni Trappatoni
              Photo: AFP/TF1
     La faute de main de Thierry Henry

Trapattoni a aussi profité de la tribune pour remettre ouvertement en cause la réticence de la FIFA à utiliser les reprises vidéo dans des situations critiques. À son avis, le statu quo a bafoué le franc-jeu du sport.

« Souvent, dans les écoles, j'entends parler de franc-jeu, a poursuivi Trappatoni. Peut-être suis-je un rêveur. C'est de la tricherie. Je pense même que le président de l'UEFA (Michel Platini) était contre cette révolution (reprises vidéo). Je pense qu'il est temps de recourir au ralenti pour les cas extrêmes. En 30 secondes, cela permettrait d'éviter des injustices colossales. »

Roy Keane, lui, est l'une des seules voies irlandaises discordantes. L'ancien international regrette les plaintes de ses compatriotes, qu'il accuse de crier trop souvent au vol. Il a aussi souligné que la controverse aurait pu être évitée avec un marquage défensif plus serré.

« Je serais plus ennuyé par mes défenseurs et mon gardien que par Thierry Henry, a lancé Keane. Comment peut-on laisser un ballon rebondir dans les 6 mètres? Comment un défenseur peut-il laisser Thierry Henry s'intercaler entre lui et le but? Si la balle est dans les six mètres, où diable est mon gardien? »

La discrétion

En France, l'heure est plutôt à la réserve. La Fédération nationale (FFF) a pris acte du verdict de la FIFA, sans le commenter. Son président, Jean-Pierre Escalettes, s'était déjà prononcé la veille, dans des mots très clairs.

« Qu'on arrête d'en faire un plat! C'est une faute d'arbitrage favorable. Est-ce la première? La dernière? Certainement pas. »

Plus tôt cette semaine, la classe politique française avait elle-même alimenté le débat, surtout la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, ouverte à l'idée d'une reprise du match. Le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre François Fillon ont cependant calmé le jeu, rappelant la séparation entre le sport et la politique.

« Mais ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre, aux instances du football français, aux instances du football européen », avait déclaré Sarkozy.

« Il n'appartient ni au gouvernement français ni au gouvernement irlandais de s'immiscer dans les règles du football », avait ajouté Fillon.

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