11/01/2010 15:35:44
Le Togo disqualifié de la CAN
De retour à Lomé pour 3 jours de deuil, l'équipe togolaise ne participera à son premier match, lundi, face au Ghana.
France 2
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http://medias.francetv.fr/cpbibl/url_images/2010/01/06/image_60057011.jpg"Pour l'instant, on a décidé de rentrer au pays et de faire un deuil de 3 jours. Après, si la Confédération africaine de football (CAF) a réservé notre place, on jouera" avait déclaré Emmanuel Adebayor, sur RMC, 2 jours après l'attaque meurtrière contre son équipe en Angola. Une demande officielle à laquelle la CAF a répondu par la négative.

Dans l'impossibilité donc de respecter le calendrier de la compétition, les Eperviers sont disqualifiés.

48 heures de valse-hésitations

Après le mitraillage de leur bus, qui a fait trois 3 morts et 7 blessés dans l'enclave angolaise de Cabinda vendredi, les joueurs avaient affirmé ne pas vouloir jouer, puis avaient changé d'avis dans la nuit -même si certains souhaitaient toujours rentrer- avant de se plier aux injonctions de leur gouvernement, qui a décidé de rappeler ses joueurs. "On avait tous décidé de faire quelque chose de beau pour le pays et de jouer pour rendre hommage à ceux qui sont morts, a expliqué Emmanuel Adebayor. Malheureusement, le chef de l'Etat et les autorités du pays en ont décidé autrement."

"L'équipe doit rentrer, a en effet affirmé Christophe Tchao, le premier ministre togolais. La décision du gouvernement est inchangée. C'est une décision mûrie depuis vendredi. Nous avons compris la démarche des joueurs qui voulaient exprimer une manière de venger leurs collègues décédés mais ce serait irresponsable de la part des autorités togolaises de les laisser continuer". Outre le chauffeur de l'autocar, l'entraîneur adjoint et l'attaché de presse de l'équipe du Togo ont été tués. Blessé par balles, le gardien de but remplaçant Kodjovi Obilale a été transféré dans un hôpital à Johannesburg (Afrique du Sud) et opéré avec succès.

L'attentat a été revendiqué par les rebelles séparatistes du Front de libération de l'enclave de Cabinda (Flec). Le procureur de la province de Cabinda a annoncé, lundi, que dans le cadre de l'enquête deux personnes ont été arrêtées par la police. Le président du Ghana a, lui, réclamé à l'Angola "une sécurité renforcée" pour ses joueurs appelés à évoluer justement dans le groupe B, celui dont les matches sont programmés dans l'enclave du Cabinda.


Le choix de l'Angola en question

Des questions vont inévitablement se poser sur le choix fait par la CAF d'attribuer cette Coupe d'Afrique des Nations à l'Angola. Surtout que l'Angola a pris un risque énorme en désignant, pour accueillir les matches du groupe B (Togo, Côte d'Ivoire, Ghana et Burkina Faso), l'enclave de Cabinda, lieu de tension permanent et de conflit de légitimité entre le gouvernement angolais et  les séparatistes du FLEC (Front de libération de l'Etat du Cabinda ) qui ont revendiqué l'arttentat contre le bus togolais.

Avant le coup d'envoi de la CAN, et a forsiori avant cette attaque, les autortiés angolaises avaient dû faire face à des critiques portant sur l'organisation de la compétition. Entre horaires d'entraînements repoussés, lourdes procédures administratives pour les médias et les supporteurs et coût de la vie prohibitif pour les étrangers, l'accueil laissait entrevoir quelques failles. Mais avec ce qui s'est passé, le choix du pays organisateur va maintenant faire débat. Emergeant de 27 années de guerre civile, l'Angola venait de faire son retour sur le devant de la scène, et avait accueilli fin décembre un sommet de l'Opep pour revenir dans le giron des nations. La CAN 2010 avait vocation à lui redonner une place dans le continent. Cet incident grave porte atteinte à sa capacité d'assurer la sécurité et surtout pointe le doigt sur l'erreur qui a consisté à choisir Cabinda, théâtre de nombreux troubles séparatistes, comme l'un des lieux d'accueil de la compétition, en connaissant les risques.

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