26/01/2010 17:47:55
SOS, défenses en détresse
Mis sur un piédestal avant le début de la CAN 2010, le Cameroun et la Côte d’Ivoire ont quitté la compétition dès les quarts de finale. Eliminés sans avoir rien proposé, les deux «cadors» alarment à quelques mois de la Coupe du Monde. 
Nizar Hanini
Sport24
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Sans maîtrise, la puissance n’est rien. Court mais «punchy». Ce slogan de la firme italienne Pirelli s’applique à merveille aux rugueuses formations africaines. Qui plus est lorsque celles-ci se nomment le Cameroun ou la Côte d’Ivoire. Drogba, Eto’o, Song ou encore Touré, tous ont plié bagage dès les quarts de finale de la 27e édition de la CAN face à des formations beaucoup moins «sexys» sur le papier. Désorganisation tactique, excès de zèle ou manque d’humilité : tant d’ingrédients qui remettent sérieusement en cause l’hégémonie de ces fortes têtes sur le continent noir. A quelques mois du début de la Coupe du Monde, le mince espoir de voir un pays africain triompher sur ses terres s’amenuise considérablement. Entre défenses casquettes et attaques peu imaginatives, le chemin à parcourir pour tutoyer le gotha mondial paraît très long...

Des défenses calamiteuses
Une attaque de feu alliée à une défense aux abois. Voilà ce que vit la Côte d’Ivoire depuis quelques années maintenant. Stars à Téléfoot, les Eléphants ont appris à leur insu que la réalité du terrain était tout autre. Auteurs d’un départ timide dans la compétition -nul face au Burkina Faso (0-0), puis victoire étriquée devant le Ghana (3-1)- les Ivoiriens voulaient croire en un départ diesel. Face aux Fennecs en quarts de finale, le continent africain a pu mesurer les carences ivoiriennes et a sûrement revu son jugement sur la formation de Vahid Halilhodzic. Car le manitou bosniaque n’a pas trouvé la formule magique pour permettre à une génération dorée d’accéder au panthéon du football ivoirien. Un palmarès bien tristounet où la CAN 1992 glanée au Sénégal fait office de fierté nationale. Portier à l’époque du sacre, Alain Gouaméné n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler à la relève que sans trophée, elle ne parviendra jamais à rentrer dans les cœurs ivoiriens…

Et ce n’est pas avec une défense de DH -dixit Nasser Sandjak- que cela va s’améliorer. Car si la Côte d’Ivoire peut se targuer d’avoir une redoutable ligne d’attaque, la défense fait peine à voir. Face aux modestes mais talentueux attaquants algériens, Barry, Touré et surtout Bamba paraissaient dépassés, loin du compte. Il est donc normal que le paysage médiatique ivoirien cauchemarde à l’idée de voir la vague jaune brésilienne déferler lors du prochain Mondial. Même son de cloche côté camerounais. Contre l’Egypte, c’était journée portes ouvertes dans la défense des Lions bien domptables. Bourdes de Kameni en veux-tu en voilà, mauvaises passes de Geremi à foison ou encore Chedjou, qui errait comme une âme perdue sur la pelouse d’Ombaka. Les Pharaons n’en demandaient pas tant et ne se faisaient pas prier pour écarter d’un revers de main le Cameroun de leur chemin menant au sacre final. Tout comme pour les Eléphants, la Coupe du Monde s’annonce longue et éprouvante. Et à cette vitesse, même le Japon pourrait se découvrir des talents de dresseur.

Drogba-Eto’o, même combat
«Un trône pour deux», «Qui sera le roi ?» ou encore «Eto’o-Drogba, l’Afrique en tremble». Avant le coup d’envoi de la compétition, les zooms sur les deux égéries du football africain fusaient à vitesse grand V… pour rien. Car au final, le choc au sommet tant attendu entre le Blues de Chelsea et le buteur de l’Inter Milan n’a pas eu lieu. Incapables de montrer la voie à suivre aux siens, ni même d’apporter ce plus qui leur incombe, les deux «stars» ont traversé la compétition reine africaine dans le plus grand anonymat. Et à choisir le plus «looser» des deux, l’attaquant ivoirien paraît le mieux armé. Hormis un but qui compte pour du «beurre» face au Ghana, Drogba n’a strictement rien montré, bridant même le fort potentiel offensif de son équipe. Le jour J face à l’Algérie, l’ex-Phocéen n’a pas esquissé le moindre geste face à la garde rapprochée de Bougherra. Le temps juste de frapper au but durant les prolongations, en vain. Contre le Burkina Faso pour son entrée en lice, l’imposant attaquant de Chelsea s’est cassé les dents sur la muraille burkinabè, demandant sans cesse de longs ballons.

Le bilan de son rival n’est guère mieux. Une réalisation de plus pour une élimination au même stade. Eto’o s’est trompé de costume en enfilant celui de «Little Sam». A sa décharge, on pourrait évoquer la très mauvaise gestion de Paul Le Guen. Le technicien breton n’a visiblement pas pris la pleine mesure de son groupe et le grand château en apparence s’est finalement révélé être un vaste chantier en cours de construction. Tantôt à gauche, tantôt en pointe, Eto’o aura au moins consolidé son statut de meilleur buteur en CAN avec deux unités de plus (18 buts). Le roi camerounais a continué dans sa médiocrité en justifiant l’élimination de sa nation par un mauvais arbitrage : «L'arbitre a un peu aidé l'Egypte, parce qu'elle ne méritait pas de gagner. Mais je ne vais pas m'en prendre à l'arbitre, parce que c'est l'Afrique».

Nizar Hanini

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