02/02/2010 18:34:24
L'Afrique, vivier au rabais du football européen
Le continent noir, qui clôturait dimanche sa Coupe d’Afrique des nations (victoire de l’Égypte sur le Ghana 1-0), demeure un grand fournisseur de « sous-main d’œuvre » pour les recruteurs.
humanite.fr
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Les joueurs africains, composante indissociable de l’identité footballistique européenne. Le constat a sauté aux yeux début janvier. Pas moins de cent douze joueurs du continent noir ont alors quitté leurs clubs des cinq grandes ligues (40 de Ligue 1,
31 de Premier League anglaise, 22 de Bundesliga allemande, 12 de Liga espagnole et 7 de Serie A italienne) pour disputer la Coupe d’Afrique des nations.

Pour la première fois, une vaste étude lancée sur trente-six des cinquante-deux ligues européennes vient de quantifier le phénomène. La masse de chiffres récoltés est sans appel  : l’Afrique représente bien un important vivier dans lequel le foot européen puise sans réserve. Un vivier commode pour les recruteurs. « Vingt-trois pour cent des étrangers évoluant dans ces 36 ligues viennent de cette région du monde. Mais si l’on regarde ce pourcentage pour les cinq ligues les plus puissantes, il tombe à 10 %. Les joueurs africains se trouvent donc plus dans des ligues de moindre niveau. Ils représentent ce que l’on pourrait appeler une “sous-main-d’œuvre” pour le foot européen », analyse Loïc Ravenel, codirecteur de l’Observatoire des joueurs de foot professionnels qui vient de publier l’Étude démographique des footballeurs en Europe. Une sous-main-d’œuvre d’autant plus facile à capter que les pays réservoirs de talents ne possèdent pas ou peu de championnats d’élite capables de former, de valoriser puis de transférer au prix fort leurs perles rares.

Les joueurs africains sont donc ceux qui partent le plus tôt de chez eux  : un peu plus de 
19 ans en moyenne. Soit trois ans de moins que les Sud-Américains. Ce jeune âge lors de la première transaction a bien sûr un impact économique négatif. L’Afrique ne tire pas autant parti de ses transferts que le championnat brésilien, par exemple, premier exportateur du monde, qui a bâti son modèle économique sur la vente de ses joueurs formés et aguerris. L’an dernier, 502 d’entre eux ont traversé l’Atlantique. Un bon millier parcourt le monde. Mais grâce à l’interdiction sur les transferts de mineurs imposée par la FIFA (fédération internationale de foot), l’âge moyen de départ des Africains s’est stabilisé. Dans ce contexte, l’Europe du ballon rond fait surtout son marché en Afrique de l’Ouest. Au Nigeria d’abord, premier pays exportateur du continent et septième toutes zones confondues, avec 
113 éléments. Suivent le Cameroun (84 joueurs), la Côte d’Ivoire (61), le Sénégal (57) puis le Ghana. L’Afrique du Nord est, elle, absente. Le championnat égyptien est assez puissant pour conserver ses meilleurs éléments. Quant aux joueurs maghrébins évoluant en Europe, ils sont pour la plupart nés ici. Ils n’apparaissent donc pas dans les statistiques migratoires.

 

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