18/06/2009 03:28:14
OM: la crise de gouvernance se solde par le départ de Diouf
Au terme d'une saison sportive plutôt réussie, l'Olympique de Marseille a connu mercredi l'une de ces crises de gouvernance dont il est coutumier avec le départ du président Pape Diouf pour cause de "divergences" avec l'actionnaire Robert Louis-Dreyfus.
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Le sort de Diouf, 57 ans, en poste depuis mai 2005, a été scellé lors d'une réunion à Zurich avec "RLD", qui est résident suisse, et l'un de ses principaux conseillers juridiques, Xavier Boucobza.

Il a été confirmé par un communiqué lapidaire de l'homme d'affaires sur le site du club: Diouf y est qualifié de "grand Président, qui a oeuvré pour le bien" de l'OM, tant sur le plan sportif "en luttant pour le titre jusqu'à la dernière journée" qu'au plan financier où sa "gestion saine" a été saluée.

"Malheureusement, les divergences apparues nous empêchent de poursuivre l'aventure", affirme "RLD", avant d'annoncer la nomination d'un nouveau président "dans les prochains jours".

Diouf n'était pas joignable dans la soirée, pas plus que les habituels conseillers de "RLD", Boucobza ou son porte-parole Vincent Labrune. Sitôt revenu de Zurich, l'ex-président marseillais est entré en réunion à la Commanderie, siège du club, avec notamment le directeur sportif José Anigo et le secrétaire général Julien Fournier.

"RLD" a-t-il proposé à Diouf de conserver ses fonctions, mais à des conditions telles qu'il n'avait pas d'autre choix que de refuser, comme l'indiquent certaines sources proches du club? A-t-il été simplement limogé?

Entamée en décembre 1996 lors de sa prise de contrôle du club, l'ère Louis-Dreyfus renoue en tout cas avec une instabilité mise entre parenthèse depuis la nomination de Diouf, désigné président du directoire en mai 2005 après être entré au club comme directeur sportif à l'intersaison 2004-2005.

Avant lui, s'étaient succédé cinq autres présidents, dont "RLD" lui-même. Cette nouvelle crise ne va pas manquer de rouvrir le débat sur le mode de fonctionnement du club, avec un actionnaire qui délègue à un président le quotidien et à un conseil de surveillance le contrôle de sa politique.

C'est précisément en raison d'un litige entre le président du conseil de surveillance Vincent Labrune et Diouf qu'est née et a prospéré la crise.

En substance, Diouf estimait que Labrune, homme de confiance de Louis-Dreyfus, critiquait trop sa politique, notamment sur le recrutement et la masse salariale de l'effectif, y compris en dehors du club. Diouf contestait aussi la légitimité de Labrune et, se prévalant de son travail depuis cinq ans, considérait qu'il n'avait pas de comptes à lui rendre. Ses absences répétées au conseil de surveillance, dont la dernière en date mercredi dernier a décidé de la convocation à Zurich, ont raidi la situation, tout comme les propos virulent de Diouf dans la presse contre Labrune.

"RLD" reprocherait également à son désormais ex-président la gestion du cas Gerets. A ses yeux, Diouf aurait ainsi une large part de responsabilité dans le départ du populaire et efficace coach belge.

Diouf parti, les questions ne manquent pas: Anigo, qui a répété qu'il lierait son sort à celui de l'ancien agent et journaliste, le suivra-t-il?

Que feront les supporteurs, qui appréciaient beaucoup Diouf? "Nous sommes dégoûtés, on n'osait pas y croire. Pape symbolisait le renouveau du club", lançait ainsi mercredi soir Michel Tonini, vice-président des Yankees, menaçant par exemple de boycotter les produits dérivés.

Quel successeur, enfin, nommer à Diouf? Cela passera-t-il par un intérim du directeur général Antoine Veyrat, lui aussi proche de "RLD" avant la nomination d'un homme au profil plus "football"?. Le chantier marseillais est rouvert...

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