28/06/2010 23:38:03
FFF: Jean-Pierre Escalettes jette l'éponge
Keyvan NARAGHI
AFP
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Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, le 19 juin 2010 lors d'une conférence de presse en Afrique du Sud

PARIS — Fragilisé par la débâcle de l'équipe de France au Mondial-2010, Jean-Pierre Escalettes, 75 ans, est devenu lundi la première victime de ce fiasco historique en annonçant sa démission de la présidence de la Fédération française de football (FFF).

La position de M. Escalettes était devenue intenable depuis le retour en France d'une formation discréditée tant par ses résultats sportifs (élimination au premier tour) que par son attitude en dehors des terrains.

Les appels à la démission venus aussi bien de membres du gouvernement (la ministre des Sports Roselyne Bachelot) que de parlementaires ne pouvaient également que faire réfléchir un dirigeant, jugé, de source proche du dossier, très "abattu" par la tournure des évènements.

"Après un week-end de réflexion, durant lequel j'ai consulté mes collègues élus, mes collaborateurs et mes proches, je considère qu'il est de mon devoir de démissionner de ma fonction de président de la Fédération française de football", a ainsi expliqué M. Escalettes dans un communiqué, indiquant qu'il remettra sa "démission à l'issue du Conseil Fédéral du 2 juillet prochain."

A son retour d'Afrique du Sud, M. Escalettes, fort du soutien du monde amateur dont il est issu, pensait pouvoir encore s'accrocher à son fauteuil, lui dont le mandat expirait en 2012. Juste après la défaite contre l'Afrique du Sud, il avait notamment affirmé qu'il n"'abandonnerait pas le navire".

Mais de source proche du dossier, le dirigeant, arrivé à la tête de la FFF en janvier 2005, s'était résolu à passer la main ce week-end devant la "tempête médiatique" dont il se disait victime.

M. Escalettes a fait les frais de la gestion calamiteuse des Bleus durant le Mondial, avec comme point d'orgue l'exclusion de Nicolas Anelka après la révélation de ses insultes à l'encontre du sélectionneur Raymond Domenech, et la grève de l'entraînement, deux jours avant l'ultime rencontre du premier tour contre les Bafana Bafana.

La mutinerie des joueurs s'est apparentée à une véritable déclaration de guerre contre une FFF critiquée au pays pour ne pas savoir tenir ses troupes.

Les ennuis pour M. Escalettes, artisan de l'assainissement des comptes de l'institution après le mandat de Claude Simonet, avaient en fait véritablement débuté après l'Euro-2008. Son soutien sans faille au sélectionneur Raymond Domenech, issu de la toute puissante Direction technique nationale (DTN), sa méfiance envers France-98 et notamment Didier Deschamps, l'auront mené à sa perte.

"Le désastre de la Coupe du monde ne doit pas faire oublier les éléments positifs de son action: l'Euro 2016, le redressement des finances de la Fédération et la solidarité entre le football amateur et le football professionnel", a réagi le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez.

La ministre des Sports Roselyne Bachelot, tancée par la Fifa pour son "ingérence politique" dans la gestion de la FFF, s'est, elle, contentée de "prendre acte" de la démission de M. Escalettes, tout comme sa secrétaire d'Etat Rama Yade.

Que va-t-il se passer maintenant? De source proche du dossier, soit le Conseil fédéral nomme dès vendredi le président par intérim, soit il ne le fait pas et cette désignation est renvoyée au prochain Conseil fédéral, prévu le 23 juillet.

Le nouveau dirigeant ne peut, quoi qu'il en soit, qu'être issu du Bureau de la FFF (Les six vice-présidents de la FFF, Frédéric Thiriez, Fernand Duchaussoy, Noël Le Graët, Christian Teinturier, Gervais Martel, Jacques Léger, le trésorier général Bernard Desumer, le secrétaire général Henri Monteil).

De source proche du dossier, Bernard Desumer, présenté comme une "personnalité de compromis", fait figure de favori.

Dans tous les cas de figure, cette présidence par intérim durera jusqu'à la convocation d'une Assemblée fédérale, dont la prochaine se tiendra le 18 décembre.

Keyvan NARAGHI

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