23/08/2010 14:14:47
Face la presse: Les braillements de Francis Mveng
Le Messager
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Les hommes de médias, les Camerounais amoureux du ballon rond et fans des Lions Indomptables attendaient ce moment avec beaucoup d’impatience. Les commentaires dans les rues, dans les bureaux et même dans les ménages depuis deux mois, ne tournaient plus qu’autour du mutisme observé par la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) au lendemain de la débâcle des Lions Indomptables au Mondial en terre sud-africaine. Normal donc que la conférence de presse organisée par la FECAFOOT vendredi 20 août 2010 à Yaoundé soit courue.

Malgré le fait que le but de cet échange avec la presse comme le précisait le communiqué annonçant l’événement soulignait qu’il s’agissait d’expliquer le processus ayant conduit au recrutement du nouveau staff technique des Lions Indomptables, les journalistes en ont profité pour faire un véritable tour d’horizon des questions concernant la FECAFOOT et ses frasques. Les choses n’ont vraiment pas été aisées pour Junior Binyam, le chef du département communication de la FECAFOOT. Modérateur de la conférence, ce dernier était parfois obligé de venir à la rescousse d’un orateur trop acculé par des questions pas toujours à son goût.

Démission des membres de la FECAFOOT...

Séance tenante, Dr Francis Mveng, vice président de la FECAFOOT commis pour répondre aux préoccupations des hommes de médias a été contraint d’évoquer un sujet que l’instance s’est toujours efforcée d’éclipser : le bilan catastrophique des Lions au Mondial sud-africain. Sous la pression des journalistes qui suggéraient la démission dans son ensemble des membres du bureau directeur de la FECAFOOT, le pharmacien a fait savoir que la Fédération a investi 400 millions de Fcfa dans la préparation de la sélection nationale en vue de la coupe du monde 2010. Et de jurer, la main sur le cœur, avoir tout fait à son niveau pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions : « Eto’o Fils vous l’a dit à sa descente d’avion : la Fédération camerounaise de football et le ministère ont mis tous les moyens à notre disposition. Vous l’avez écouté. Si vous me donnez une seule raison, alors je serais le premier à démissionner ». Et de vite conclure : « alors nous ne démissionnerons pas parce qu’on estime que nous ne sommes pas responsable de ce qui est arrivé. Si la débâcle au Mondial n’est que question de poisse alors j’irai me laver au village ».

Clemente raciste ?

Dr Mveng répondant à la question d’un journaliste qui a voulu savoir pourquoi quelqu’un qui a traité Samuel Eto’o Fils de « singe » peut-il venir entraîner le Cameroun a surpris plus d’un. L’administrateur de la FECAFOOT a sereinement répondu : « un raciste ne peut pas venir entraîner une équipe de nègres. C’est quelque chose qui est arrivé sous le coup de la colère ». Et de demander aux journalistes comme pour se donner raison s’ils n’avaient jamais eu à dire des mots qu’ils ne pensaient pas à leurs épouses, lors d’une dispute. Les journalistes ont aussi interrogé le vice président de la FECAFOOT sur le match amical Cameroun-Pologne. Match pendant lequel à l’exception de Samuel Eto’o Fils, tous les cadres de l’équipe avaient été écartés. Soit neuf joueurs qui étaient de l’aventure sud-africaine « A l’heure actuelle, aucun joueur de l’équipe nationale n’est suspendu. Aucune mesure disciplinaire n’est prise à l’encontre d’aucun joueur. Il y a une démarche bien précise à suivre, qui peut aller jusqu’à l’audition du joueur mis en cause. A ce jour, aucune Chambre disciplinaire de la FECAFOOT n’a été saisie pour statuer sur les sanctions à appliquer à l’encontre d’un joueur. Le fait de ne pas convoquer un joueur pour un match ne signifie pas qu’il est suspendu », a répondu Francis Mveng.

Qu’est devenue la subvention reçue de la FIFA dans le cadre de la participation des Lions au Mondial ? Cette question intervenait à la suite des rumeurs qui ont laissé croire que la somme avait été détournée par les dirigeants de la FECAFOOT. L’administrateur a confié qu’elle serait investie dans le développement du football camerounais. « Elle servira non seulement au développement du football à la base ; mais également à former les journalistes sportifs que vous êtes. A mieux vous apprendre à commenter un match de football », a-t-il expliqué. Il a fallu attendre qu’une bonne brochette de questions soit épuisée avant que l’objet premier de la conférence soit abordé.

Interpellé, Francis Mveng, qui faisait partie de la commission mise sur pied pour auditionner les candidats à la succession de Paul Le Guen, a fait savoir que Javier Clemente avait été recruté au terme d’un processus respectueux des normes en la matière. « Nous sommes satisfait de ce choix parce que le technicien espagnol est un poids lourd dans l’univers des entraineurs. Ses résultats parlent d’eux-mêmes. » Et de préciser que le successeur de Paul Le Guen a refusé de résider au Cameroun comme l’exigeaient ses nouveaux employeurs mais a cependant, accepté de séjourner au Cameroun deux semaines tous les deux mois. « Afin de superviser un regroupement de joueurs locaux présélectionnés par ses collaborateurs. » En dépit de la pression exercée par les journalistes, Dr Mveng a éludé la question du montant de son salaire. Pour le vice président de la FECAFOOT, « le salaire de Javier Clemente fait partie des clauses de confidentialité ».

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