28/09/2010 02:13:34
Un cavalier camerounais l'assaut des JO de Londres
A 37 ans, le Camerounais Aoual Yaya Alioum s'apprête à devenir le pr emier cavalier noir à participer en dressage à la grande messe olympique. Installé dans l'Eure (Normandie), ce dresseur évolue au Haras de la Ferrandière, écurie de compétition particulièrement cotée en France.
Le Monde
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A 37 ans, le Camerounais Aoual Yaya Alioum s'apprête à devenir le premier cavalier noir à participer en dressage à la grande messe olympique. Installé dans l'Eure (Normandie), ce dresseur évolue au Haras de la Ferrandière, écurie de compétition particulièrement cotée en France. Dans le viseur du cavalier trentenaire : une participation aux JO de Londres en 2012. "Je suis très fier et me considère comme un pionnier", souligne Aoual, dont le père est maire de Banyo (centre-est du Cameroun).

Dans sa discipline, Aoual Yaya Alioum incarne une petite révolution. Au Cameroun, berceau de nombreux athlètes et footballeurs de grande qualité, l'absence de cavalier est flagrante. Ce phénomène est notable pour toute l'Afrique noire, grande absente des VIes Jeux équestres mondiaux, à Lexington. "C'est mon leitmotiv : devenir le premier cavalier noir aux JO en dressage, une discipline réservée aux nantis", répète celui qui a commencé l'équitation à 15 ans à Douala.

Ayant suivi "tout le cursus en saut d'obstacles et en concours complet", Aoual s'est découvert un talent pour le dressage en pratiquant le concours de saut d'obstacles."Ce qui compte entre deux obstacles, c'est l'équilibre du cheval, sa locomotion sur le plat. J'avais aussi réussi à amadouer Chef, un barbe soudanais. D'un cheval méchant, j'avais fait un cheval gentil." C'était donc avec l'idée de travailler le dressage pour hausser son niveau en saut d'obstacles que le jeune homme avait rejoint la France en 2002. "Je pensais compléter ma formation en six mois et que ce ne serait pas si long", se rappelle-t-il. Il s'arr ête plusieurs années auprès de Michel Henriquet, en région parisienne. "Puis j'ai voulu voler de mes propres ailes, séduit il y a deux ans par le projet d'Odile [Reynaud] de fonder un centre de formation dédié au dressage au Haras de la Ferrandière", explique le dresseur.

 

L'ÉQUITATION, GRANDE ABSENTE EN AFRIQUE

Yaya Alioum a présenté son projet olympique à Abbakabir Kamssouloum, le président de la Fédération camerounaise des sports équestres, encore à l'état embryonnaire et centrée sur les courses hippiques. C'est avec Vasco, hongre belge de 12 ans, qu'Aoual prépare son escalade vers les Jeux. Il ne sera jamais champion olympique, bien loin des ténors néerlandais et allemands. Pour autant, cavalier noir montant un cheval gris, il entend ne pas être "ridicule".

Il connaît trop bien les retombées négatives provoquées par la participation"marketing" de quelques nageurs et skieurs noirs aux jeux Olympiques. Pour le seul bonheur des internautes qui se délectent de leur maladresse. "Une parodie", regrette-t-il. Et de noter : "On apprécie mon travail, que j'essaie de faire dans la légèreté et le respect de l'animal." Dans cette disposition, il ne refuserait pas une invitation de la Fédération équestre internationale (FEI), dont la préoccupation est d'élargir la base des pays pour conserver son label olympique.

 

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