29/10/2010 20:38:35
Aboubakar, le nouvel Eto'o ?
Surnommé le "nouveau Eto'o" au Cameroun, Vincent Aboubakar s'est déjà fait un nom à Valenciennes après son triplé contre Boulogne-sur-Mer (4-0), mercredi. A 18 ans, l'attaquant a un brillant avenir devant lui. Mais il sait qu'il doit encore beaucoup travailler avant de tutoyer son glorieux aîné.
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En France, on ne le connaît pas. Ou presque. Au Cameroun, c'est déjà une star. Mardi, Vincent Aboubakar a fait ce qu'il fallait pour réduire un peu le gouffre entre les deux perceptions. Auteur d'un triplé en Coupe de la Ligue face à Boulogne-sur-Mer (4-0), l'attaquant de Valenciennes s'est fait remarquer. "Ce n'est que ma deuxième titularisation et j'ai mis trois buts, se réjouit-il. Je remercie mes coéquipiers qui m'ont aidé pour les marquer. Ce n'est pas la première fois que je mets trois buts, j'en avais mis quatre au Cameroun. Ça va me donne envie de travailler encore plus et cela me donne confiance en moi". A-t-on assisté à l'éclosion d'un futur grand ? "Ce sont le coach et les spectateurs qui peuvent dire si j'ai du talent, répond le joueur, plus réservé en dehors des terrains. Ces buts, c'est le travail qu'on a effectué dans la semaine. J'ai essayé de donner le maximum. C'est le coach qui fait les choix, moi je suis venu travailler".

Lorsqu'il a posé ses valises dans le Nord, cet été, Aboubakar pouvait pourtant se targuer d'une flatteuse réputation au Cameroun. "Il ne débarque pas avec un niveau amateur. Il vient de Cotonsport, le plus grand club du Cameroun et il a été formé par un Français, Denis Lavagne", souligne Philippe Montanier. A seulement 18 ans, il sort d'une saison où il a fini meilleur buteur et champion. "Aboubakar est un génie. C’est l’espoir camerounais de 2010", affirmait Bertin Ebwelle lorsqu'il l'entraînait chez les Lions cadets en 2008 et en 2009. En juin, Paul Le Guen lui offre même une place chez les A pour disputer la Coupe du monde. Une surprise même si Montanier jure : "On l'avait repéré et on avait été le voir avant tout le monde, même Paul Le Guen". Ce début de carrière lui vaut rapidement l'étiquette de "nouveau Eto'o". "C'est beau de rêver. Eto'o, c'est Eto'o. Moi, je veux être Aboubakar, rétorque-t-il. On va voir ce que je peux montrer, si je peux marquer"Direction la France donc pour franchir un palier.

"Je n'aime pas l'image de petit prodige africain"

De Garoua, troisième ville du Cameroun, à Valenciennes, l'attaquant a changé de monde. L'environnement d'abord. "Le climat, la nourriture. Et surtout, ici, je suis seul, je n'ai pas de famille. Ça a été difficile de s'adapter"raconte-t-il. Au point de déprimer à son arrivée. "Maintenant, ça va mieux. J'ai beaucoup de soutien", assure-t-il. Son statut aussi a changé. "Ce n'est pas simple pour lui, il a toujours été un joueur majeur dans son club mais on réussit rarement tout de suite. On se souvient de la première saison de Raï au PSG", le défend pourtant Philippe Montanier. Sans oublier sa jeunesse. Mais Aboubakar, lui, garde les pieds sur terre malgré les louanges qui s'abattent sur lui. "Je suis là pour apprendre. Je n'aime pas trop l'image de petit prodige africain que l'on m'a donné. Je dois prouver sur le terrain", confie-t-il.

Pourtant, les qualités sont là. Prêtes à éclore. Roger Milla, qui a débuté comme lui sa carrière en France sous les couleurs de Valenciennes, le connaît bien. "C'est un buteur. Il faut lui donner la possibilité de continuer à apprendre son travail d'avant-centre, qu'il ait le b.a.-ba de ce poste. Mais, avec les qualités qu'il a, je pense qu'il pourra exploser", prédit le héros du Mondial 90. "C'est un joueur qui joue sur la vitesse et la puissance, adroit devant le but et capable de donner de la profondeur au jeu", décrit Denis Lavagne. Gaëtan Bong, qui l'a côtoyé en sélection avant de le retrouver au VAFC, a lui aussi pu avoir un aperçu de ses qualités. "Vincent est un très bon joueur, qui va vite, qui provoque, qui va au duel, dit-il.En même temps il est jeune, il va faire du bien à l’équipe. On va essayer de faite en sorte qu’il s’intègre du mieux possible".

La bonne affaire du mercato ?

Son adaptation, c'était la principale interrogation. Mais, à Valenciennes, Bong l'a effectivement pris sous son aile, tout comme Baldé ou Angoua. Et son intégration se poursuit. Avant son triplé en Coupe de la Ligue, le jeune international (5 sélections, 1 but) avait déjà signé une performance remarquée face à Lorient (défaite 1-2). "C'est important pour Vincent. Ça fait deux sorties intéressantes. Il progresse. Comme tout buteur, il a besoin de marquer des buts pour renforcer sa confiance. Nous, on sait qu'il a du talent"se félicite Montanier. "Ça va nous aider pour le reste de la saison parce qu'on n'a des blessés et il va beaucoup nous apporter"espère de son côté Bong. Pour l'heure, Aboubakar doit poursuivre son apprentissage et composer avec la concurrence de Pujol ou Samassa. Mais, sans faire de bruit, et si Valenciennes avait fait l'affaire du dernier mercato ? "La cerise sur le gâteau, c'est que Paul (Le Guen) m'a confié que nous avions recruté un excellent joueur"souffle Montanier.

 

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