02/01/2011 23:03:18
Eto'o: Je m'opposerai tous ceux qui mettent le désordre en équipe nationale
Auréolé d’un quatrième titre de meilleur joueur africain de l’année, le capitaine des Lions Indomptables a reçu hier dimanche 2 janvier 2011 des mains de Michel Zoah, le ministre des Sports et de l’éducation physique, le message de félicitations et d’encouragements du chef de l’Etat. Le goléador en a profité pour dresser le bilan de l’année 2010 avec l’équipe nationale et a annoncé quelques grandes lignes de la suite de sa carrière.
Le Messager
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On sait qu'il n'est pas très habituel de voir le chef de l'Etat adresser une lettre de félicitations à un Camerounais qui a brillé dans n'importe quel secteur d'activité que ce soit. Apparemment vous en êtes une exception. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

J'en ai été très ému et je me suis senti honoré. J'en profite pour remercier ici le président de la République pour cette marque de reconnaissance. Lorsque j'étais petit, j'étais loin de m'imaginer que pareille situation puisse m'arriver. C'est tout le contraire aujourd'hui. D'où toute ma joie. Ma gratitude va également à l'endroit de mes coéquipiers en club et surtout au sein de l'équipe nationale. Je pense aussi que cette lettre du premier sportif camerounais, c'est un appel au devoir ; pour m'inviter à continuer dans cette même lancée car avant d'être celui de Samuel Eto'o, ce quatrième ballon d'or africain qui vient de m'être décerné c'est, pour tout le Cameroun.

 

L'année 2010 a décidément été l'année Eto'o. Un quatrième titre de ballon d'or africain, champion d'Europe avec l'Inter, meilleur joueur à la coupe du monde des clubs, des lauriers à n'en plus finir. Tout ceci ajouté à un palmarès déjà fort éloquent. Avec autant de titres, Samuel Eto'o a-t-il encore faim ?

(Il sourit) Quand on a gagné, on veut toujours gagner. Ma détermination, c'est de jouer avec l'équipe nationale jusqu'au prochain Mondial. A 33 ans, je pense que j'aurais encore du souffle pour courir, marquer des buts et faire rêver des gens. Peut-être après ce Mondial, vous me direz que je ne peux plus continuer et qu'il est temps que j'arrête. A ce moment là, je verrai s'il faut quitter la sélection nationale pour continuer ma carrière à l'étranger. Pour le moment, je n'en suis pas encore là. Je continue de jouer, je remporte des titres tant que j'en ai encore les forces. Lorsque je vais décider d'arrêter ma carrière, je marquerai une pause et je ferai tranquillement les comptes.

 

Votre sacre africain va-t-il vous faire oublier la déconfiture des Lions Indomptables à la coupe du monde sud-africaine ?

Non. Pas du tout. Cette coupe du monde reste un cauchemar pour moi. Et je vais vous dire pourquoi. Nous avions une très belle équipe mais nous n'avons pas joué. C'est là tout le problème. Sincèrement, ce quatrième ballon d'or et même cette lettre du chef de l'Etat ne suffiront à faire oublier ces durs moments de notre football. Il n'est pas normal que le Cameroun avec tout le potentiel qu'il a ne figure pas aujourd'hui parmi les dix voire, les trois premières équipes dans le monde. Je crois qu'il est temps qu'on occupe la place qui est la nôtre. Cela passe forcément par une certaine discipline et un sens élevé de l'amour de notre pays.

 

Au mois de mars prochain, vous affronterez le Sénégal dans le cadre des éliminatoires de la coupe d'Afrique des nations (Can) 2012. Au regard de la place qu'occupe actuellement  l'équipe nationale dans le groupe E, ne redoutez-vous pas cet adversaire dont les prouesses forcent l'admiration?

Sincèrement, et avec tout le respect que je dois au peuple sénégalais, je n'ai pas peur du Sénégal. Ce que je sais et je promets aux Camerounais qui nous encouragent, c'est que nous nous battrons pour réaliser un bon match à Dakar. Toutefois, il faudra qu'avant cette confrontation, que nous essayions de ne plus tomber dans les mêmes erreurs de 2009 et 2010. Qu'on mette une croix sur ces problèmes qui ont élu domicile dans notre tanière. C'est pourquoi nous devons avoir une équipe soudée, unie et armée d'une volonté de jouer ensemble. Je crois que si tout cela est pris en compte, nous offrirons à notre peuple un très grand match.

 

Au terme d'une année, chacun fait généralement un bilan et se fixe de nouveaux objectifs pour la nouvelle année. Pour vous, c'est quoi votre vœu pour 2011 ?

Je souhaite que tout ce qui a été de mauvais au sein de notre équipe nationale s'en aille avec l'année 2010 qui s'est achevée. Que les intrigues, les querelles et les divisions qu'on a connues dans cette équipe ne soient plus qu'un vilain souvenir. Pour que enfin nous puissions vivre tous dans l'unité car étant tous issus d'une mère patrie. Nous n'avons pas besoin de nous étriper au sein de l'équipe nationale. Je prends l'engagement devant vous tous de faire en sorte que notre équipe remporte toutes les victoires en 2011. J'invite également tous mes frères qui se sentent capables de servir notre équipe nationale de se joindre à nous pour que nous relevions les défis qui nous attendent.

 

Vous avez fait la promesse de ramener dans la tanière ceux qu'on qualifie aujourd'hui de « bannis » de la sélection nationale. Êtes-vous prêts à jouer de nouveau avec eux ?

D'abord, je n'appellerais pas ces jeunes frères, les « bannis ». Ce n'est pas une appellation digne d'eux. Je crois qu'on ne devrait pas les considérer comme tels. Nous avons besoin de nos jeunes frères qui souhaitent jouer pour l'amour de la patrie. S'ils sont talentueux, s'ils sont régulièrement actifs en club, on évoluera ensemble. Mais ces quelques paramètres ne suffisent pas. Il faudrait en plus être discipliné car rien ne saurait avancer dans le désordre. Et sur cet aspect précis, je m'opposerai à tous ceux qui mettent le désordre au sein des Lions Indomptables. Je prends pour témoin la Fécafoot qui est responsable de la sélection nationale. Même si c'est mon père Roger Milla, le plus grand joueur africain de tous les temps qui revient à l'équipe nationale et se montre indiscipliné, je m'opposerai à lui. Je pense qu'en tant qu'aîné de cette équipe, je dois pouvoir instaurer un climat serein dans le groupe. Je veux bien jouer avec mes jeunes frères ; mais qu'ils se mettent au pas pour que nous continuions le combat qui est le nôtre.

 

Le club dans lequel vous évoluez connaît des moments difficiles depuis un certain temps. Il est pratiquement en panne de victoires en championnat. En plus, on vous annonce au Réal de Madrid. Un commentaire à propos ?

C'est vrai que l'Inter traverse une période tumultueuse depuis quelques semaines. Pas un match ne se passe sans qu'un joueur ne se blesse. C'est bien dommage. Mais vous savez, cela arrive à toute grande équipe. L'important, c'est de pouvoir se relever et gérer cela. Personnellement, c'est ce que je me bats à faire et je crois que nous allons tenter de sortir la tête de l'eau afin de rester la meilleure équipe du championnat. Notre plus grand challenge c'est le match contre le Milan Ac que nous espérons remporter. Le reste on verra. Concernant le Réal de Madrid, je pense qu'il n'est pas de bon ton de m'y attarder car j'ai une certaine expérience des grands clubs. Je ne peux pas en dire plus sur la question. Merci. 




 


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