04/02/2011 02:04:37
Bienvenue au " Commérage club "
La chute aura été brutale. Faut trouver des boucs émissaires pour payer pour la traîtrise. C'est le capitaine Eto'o Samuel en personne-pourtant mainte fois cité comme l'auteur principal du désordre, de la déconvenue- qui les désigne...
Le Messager
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Lorsque l'élite mondiale de football prit rendez-vous en 1982 en Espagne à la faveur de la 12e édition de la phase finale du " Mundial " et dont j'eus comme le singulier privilège de couvrir de bout en bout, avec quelques autres confrères de la presse camerounaise (Albert Atangana Fouda, Abel Mbengué, Daniel Anicet Noah, Zacharie Nkouo et Pierre Essama Essomba pour ne pas les nommer), les Lions Indomptables du Cameroun furent à leur première grande sortie internationale. Jusqu'à cette date, le monde du football n'avait jamais perçu la présence des équipes africaines à ce sommet de football que comme de la figuration et donc bonnes pourvoyeuses de points.

Les Lions Indomptables, menés par leur capitaine Théophile Abéga, jurèrent de laver l'affront. Ils disposaient heureusement des arguments et atouts techniques pour cet effet. Roger Milla, Jean-Pierre Tokoto, Grégoire Mbida, Paul Bahoken, Emmanuel Kundé, Aoudou Ibrahim, Michel Kaham, Aphraïm Mbom, René Ndjeya, Onna Eloundou et Thomas Nkono étaient un groupe compacte et homogène de rêve, autour de " docteur " Abéga dont la complicité avec ses coéquipiers engendra sur le stade une des formations les plus en vue et non moins les plus attrayantes de la 12eme coupe du monde de football de l'histoire. Alliant volonté, détermination à un football " académique original ", sans commune mesure, l'équipe du Cameroun parvint à se situer, sans coup férir, au niveau d'une compétition mondiale dont nombre d'observateurs et analystes pensaient qu'il fallait encore plusieurs décennies pour qu'une équipe africaine s'y illustrât convenablement. Mes Lions Indomptables " génération 82 ", brisèrent le mythe et contraignirent les uns et les autres à se raviser. Ils donnèrent une image plus gaie au football d'Afrique par leur prestation. Et la terre entière exprima le regret de voir le Cameroun quitter un peu précocement la compétition à la faveur d'un arbitrage qui fut loin de lui être favorable (cf ce boulet de canon des 20 mètres de Roger Milla inscrivant le but face au Perou, mais que l'arbitre autrichien, sans aucune gêne, ennula...)

La coupe du monde que je vis en juin 82 en Espagne avec les lions Indomptables fut en tout cas un événement heureux pour le Cameroun. La génération 82 des Lions Indomptables avait su prendre et garder l'esprit de sa devancière de laquelle elle hérita très certainement des qualités d'éthique inaliénables.

" En équipe nationale, on endossait le maillot pour l'honneur du pays. Notre équipe était bien soudée, solide en tout point de vue ; il y avait une entente formidable au sein de l'équipe nationale. C'est ce qui faisait notre force " ! Ces propos sont de Dieudonné Bassanguen, international et un des principaux maillons de l'équipe nationale du Cameroun dans les années 70 et qui avait la faculté de mettre les ballons de corner sur la tête du Maréchal Mbappé Lépé qui les transformait en buts.

L'on avait pu penser que la tradition se perpétue avec la coupe du monde 1990 en Italie où jamais dans l'histoire de cette compétition, une équipe africaine n'était parvenue à se hisser au niveau des quarts de final. Fabuleux l'exploit de Tataw Stephen et ses coéquipiers. Les Lions du Cameroun enflammèrent la compétition mondiale au pays du " catenacio ". Le secret de leur succès ? La cohésion, la détermination, l'entente et la rage de vaincre. Le Cameroun parvint à porter bien haut la barre, ou plutôt le niveau de l'Afrique. Les dirigeants du football mondial se pressèrent d'envisager la compétition en terre d'Afrique. L'échéance de 2010 en Afrique du Sud va poser comme un examen de capacité (au plan de l'organisation) pour le continent certes, mais davantage comme une occasion pour confirmer les valeurs qui se sont faites jour ici. Les Lions du Cameroun, au premier rang de celles-ci, y étaient attendus. Mais ces derniers, en dépit des égards à nuls autres pareils portés sur eux par l'Etat n'offrirent pas suffisamment de garantie qui puisse amener à parier sur leur honneur. La coupe d'Afrique des nations en Angola, à l'orée du grand événement en terre sud-africaine, dévoila une équipe du Cameroun en peine, sans âme.

Rongée par des querelles et quasiment disloquée par une concurrence malsaine entre Samuel Eto'o et ses coéquipiers. Malgré tout ces derniers avec la complicité (active et/ou passive) des encadreurs et du ministre des sports, continuèrent à donner l'impression que tout est bien dans les meilleurs des mondes ; à nourrir d'espoir l'Afrique et le Cameroun qu'ils allaient en Afrique du Sud pour décocher la timbale. La fourberie fit de courte durée. Eto'o et ses camarades vont se retrouver nus, perdus dans les méandres brumeux des commérages et autres conneries sans rapport avec le sport et ne sachant plus ce qui les avait amené au pays de Nelson Madiba Mandela.

La chute aura été brutale. Faut trouver des boucs émissaires pour payer pour la traîtrise. C'est le capitaine Eto'o Samuel en personne-pourtant mainte fois cité comme l'auteur principal du désordre, de la déconvenue- qui les désigne. Son attitude permettra-t-il de reconstruire une équipe des Lions Indomptables semblable à celle que l'Afrique et le monde ont connue par le passé ? Rien n'est moins sûr. En tout état de cause, la prestation de notre équipe nationale fut un éclair qui illumina le paysage du football africain tout entier, d'une clarté qu'on ne devrait laisser ni troubler ni oublier.   

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