17/02/2011 02:33:37
Le cas Franoise Mbango est un problème qui a une grosse charge politique.
Par Sébastien Mbouss (président de la fédération camerounaise d’Athlétisme)
Starafrica
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Comment réagissez-vous à la décision de Françoise Mbango qui a décidé de prendre une nouvelle nationalité sportive ?

C'est une grosse perte pour le Cameroun parce que Françoise Mbango a encore beaucoup de choses à donner. Mais, je peux comprendre parfaitement qu'elle assure sa retraite, ses vieux jours parce que la France est ce pays où cet aspect des choses est bien résolue. Là bas, les anciens athlètes peuvent avoir une retraite convenable, ce qui n'est pas le cas dans notre pays. Vous n'avez qu'à voir comment terminent les grands champions de notre pays. C'est peut être ça qui a déterminé Mbango dans l'acte qu'elle a posé. C'est un acte personnel que nous respectons.

Qu'attendez vous donc pour délivrer la lettre de sortie dont à besoin l'athlète pour compétir dès cette année sur le plan international sous les couleurs de sa nouvelle patrie ?

Il y a une procédure à suivre. Déjà que nous n'avons pas encore été saisie par la fédération française d'Athlétisme. Nous savons que cette fédération souhaite que Mbango compétisse pour elle. Mais, la réglementation est claire : elle dit que un athlète, après avoir compéti pour un pays, peut le faire pour un autre mais pas avant trois ans à compter de la date de l'acquisition de la nouvelle nationalité. Or, Françoise Mbango a acquis la nouvelle nationalité, le 23 avril 2010. Toutefois, il faut à la vérité le dire aussi, la même réglementation prévoit un aménagement qui permet que ce délai de trois ans peut être ramené à douze mois, si les deux fédérations s'entendent. Mais, jusqu'à présent, nous n'avons pas encore été saisies et puis l'initiative doit venir de la fédération française.

Est-ce que vous serez prêt à donner votre accord si vous étiez saisi ?

De toutes les façons, je dois dire que pour nous elle reste camerounaise. Je vois toute la sollicitude que le gouvernement a fait pour que cette fille soit dans de très bonnes grâces ; et d'ailleurs, le président de la République lui-même l'a entouré de toute sorte de sollicitudes. Donc, c'est un problème qui dépasse l'aspect sportif et qui a une grosse charge politique. Nous au niveau de la fédération, nous regardons l'intérêt de l'athlète mais, le problème étant très important, nous allons soumettre cette question au ministre des sports et de l'éducation physique qui certainement verra avec la très haute hiérarchie quelle attitude adopté.

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités

PUBLICITE