08/07/2009 19:10:31
Gabon : Jérme Efong Nzolo, la roue du succès est de notre cté
Premier arbitre africain à officier dans le championnat belge de D1, le gabonais Jérôme Efong Nzolo, a récemment été appelé par la Fédération internationale de football association (FIFA) à diriger pour la première fois un match de qualification pour la Coupe du Monde 2010 le 6 juin dernier. Dans une interview accordée au quotidien l'union, que nous publions in extenso, la référence actuelle des arbitres gabonais revient sur son parcours et le renouveau du football gabonais avec les récentes performances des Panthères dans la course au Mondial 2010.
Gaboneco
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Jérôme Efong Nzolo, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

«Je suis Jérôme Efong Nzolo, né au Gabon le 21 février 1974. Je réside en Belgique depuis 13 ans, je suis marié à une italienne et je suis père de 2 enfants. De part ma formation, je suis ingénieur électromécanicien, en plus d’être arbitre FIFA et ce, depuis deux saisons.

Justement, parlez nous de vos débuts dans l’arbitrage.

En réalité j’ai débuté en qualité de joueur. Puis face à des soucis de santé, je me suis orienté vers l’arbitrage, et ce, par le fait de monsieur Pierre Alain Mounguengui (ancien arbitre international NDLR) qui été mon mentor. Déjà, alors que je n’étais encore qu’au lycée, j’officiais lors des rencontres de D1. Voila en gros mes débuts dans l’arbitrage.

Une fois en Belgique, le 8 octobre 1995, comment ont été vos débuts ?

Vous faites bien de soulever cette interrogation. En allant en Belgique, c’était bien entendu pour poursuivre mes études car j’étais boursier de l’Etat gabonais. Vous comprendrez que ma priorité restait les études et non l’arbitrage.

En ce qui est de votre question, je tiens tout de même à préciser que je continuais toujours à caresser l’espoir de me voir sur un terrain de football en train d’officier une rencontre. D’où ma démarche pour savoir dans et sous quelles conditions je pouvais arbitrer. Grande a été ma déception d’apprendre qu’il me fallait dans un premier temps m’affilier à un club. Chose qui n’existe pas au Gabon. Puis j’ai été informé que les cours ne débutaient que trois mois après.

Comme je ne voulais pas couper avec le milieu du football, j’ai joué pendant ces trois mois au sein d’un club provincial où j’ai marqué à 30 reprises. Voyant mes performances, le club m’a fait des propositions et n’a donc pas souhaité que je me lance dans l’arbitrage, mais plutôt dans le football.

Bien entendu, j’ai refusé. Voila comment je me suis lancé dans le sifflet au sein d’une autre formation. Nous étions en 1996. J’ai repris tous les cours à zéro et ce, malgré le fait que j’avais plus ou moins la maitrise de certains fondamentaux.

Une fois vos cours réussis, comment s’est déroulée votre progression ?

Il y a tellement de catégories à franchir ici (en Belgique NDLR) en ce qui est de l’arbitrage. Nous avons des minimes, des minimes régionaux et provinciaux, cadets juniors, scolaires... donc pendant 5 ans, j’ai cravaché avec la dernière énergie pour atteindre mes objectifs. Puis je suis monté en national, en D3, en D2, puis enfin en D1… En janvier 2006, j’ai été informé par la fédération que j’étais désormais apte à officier les rencontres de Ligue 1.

Le 28 janvier de la même année, j’ai été heureux d’officier ma toute première rencontre en première division. J’étais fier pour mon pays, le Gabon, et j'en profite ici pour remercier du fond du cœur monsieur Pierre Alain Mounguengui pour le travail formidable abattu et les innombrables conseils prodigués.

Parlez nous justement de cette première rencontre

La rencontre se disputait entre le FC Bruxelles, actuellement relégué en D2 et Lokeren. Très belle rencontre dans l’ensemble pour moi, et je vous assure qu’une partie de la presse européenne avait fait le déplacement uniquement pour découvrir la curiosité que j’étais dans la mesure où c’était la première fois qu’un noir dirigeait une rencontre d’élite en Europe.

Vous avez officié le 06 juin dernier la rencontre Slovaquie/Saint Martin comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 2010, Zone Europe. Comment avez-vous été sélectionné ?

En fait c’est l’UEFA (Union européenne de football association) qui envoyé des informations me concernant à la FIFA (Fédération internationale de football association) puis j’ai participé à un stage concluant d’une semaine organisé au mois de mai dernier à Genève en Suisse par l’instance dirigeante du football mondial. Deux semaines plus tard, la FIFA expédie une télécopie à la fédération belge pour l’informer que je vais être retenu pour officier au cours d’un match Slovaquie/Saint martin.

Depuis 3ans déjà, et de façon consécutive, vous êtes désigné meilleur arbitre de D1 de Belgique. C’est un honneur…

Oui c’est un grand honneur pour moi et pour le Gabon, sachant que les arbitres belges excellent, vu qu’ils officient lors des rencontres de la Ligue des champions et de l’UEFA. Ce sont les joueurs de première division du championnat belge qui élisent le meilleur arbitre de la saison, comprenez donc l’importance de ce type de vote.

Sur un tout autre registre, le Gabon occupe le fauteuil de leader devant le Togo, le Maroc et le Cameroun qui ferme la marche. Quel est votre sentiment ?

Vous imaginez aisément que je suis un homme heureux et comblé par les résultats des Panthères. L’histoire est désormais en marche pour notre pays. Nous ne parlons plus de qualification pour la coupe d’Afrique des nations, mais plutôt pour la Coupe du monde.

Nos adversaires se posent une série de questions et font des déclarations tapageuses, preuve que la roue du succès est de notre coté. J’étais en Grèce pour officier quand mon observateur m’a indiqué la victoire du Gabon face au Maroc. J’étais fou de joie. Et face au Togo, le même bonheur».


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