03/06/2011 00:48:58
L'entre-jeu: Que reste-il de l'quipe du Cameroun ?
...Ce que l’on observe aujourd’hui en équipe nationale fanion du football du Cameroun peut, à s’y méprendre, être une part de la rançon de l’irrationnel dont on a déjà que trop servi aux Camerounais.
Le Messager
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De la philosophie du sport, la rigueur et la fidélité à ses valeurs sont implacables. Cette philosophie est d’une férocité qu’on pourrait dire absolue. Elle constitue une vérité quasi permanente, qui ne supporte guère l’irrationnel. Ce que l’on observe aujourd’hui en équipe nationale fanion du football du Cameroun peut, à s’y méprendre, être une part de la rançon de l’irrationnel dont on a déjà que trop servi aux Camerounais.

Partie d’un mauvais pied dans les éliminatoires de la prochaine coupe d’Afrique des nations, l’équipe du Cameroun s’est installée dans une posture plutôt critique au vu des formidables enjeux de la compétition. Ses chances d’être du gotha du football africain qui se réunit dans huit petits mois au Gabon et en Guinée Equatoriale sont sinon compromises, du moins assez minces.

Et l’extrême proximité du Cameroun avec ces deux pays qui vont accueillir le plus grand événement sportif du continent est un véritable pied de nez, mieux un fait qui vient narguer le Cameroun et restituer, telle l’image d’un miroir déformant, l’implacable réalité qui est celle de notre pays au plan aussi bien des infrastructures que des performances de ses équipes. Trente neuf ans après la 8e édition de la coupe des nations, le Cameroun n’est guère parvenu jusqu’ici à accueillir sur son sol une autre édition. En 1972, la compétition se déroula sur les deux seuls stades ( Ahmadou Ahidjo et Réunification respectivement à Yaoundé et Douala) acquis d’ailleurs à l’occasion, alors que dans le même temps nombre de pays dont on n’osait parler à côté du Cameroun-en matière de football bien entendu-y mènent large aujourd’hui, qui ayant abrité deux éditions, qui trois, qui encore quatre ; le Cameroun marquant le pas sur place avec ses deux vieux stades, si l’on excepte celui de Garoua (Roumdé Adja) venu bien plus tard et construit dans le cadre plutôt de la fameuse politique d’équilibre régional.

L’on pourrait se consoler de ce que ne disposant pas d’infrastructures, du moins pour le moment, qui feraient une seconde fois du Cameroun une destination possible pour la coupe des nations, l’équipe du Cameroun, à la faveur de joueurs particulièrement talentueux, aura eu à se hisser à quatre reprises sur le toit de l’Afrique et même à compter parmi les valeurs montantes du football mondial.

Pourtant tout, à l’heure qu’il est, semble remis en question, les performances de notre équipe ces dernières années se situant aux antipodes de celles qu’on lui connut naguère. L’équipe du Cameroun apparaît aujourd’hui sous une base technique et tactique précaire. Elle n’aura entretenu qu’illusion par rapport à ses objectifs. Et seule l’inconscience positive qui caractérise si bien l’inconditionnel public camerounais peut autoriser sa victoire demain sur l’équipe du Sénégal. Ce match-à qui le dira-t-on-revêt un enjeu capital. Par rapport à l’avenir immédiat des Lions Indomptables. Ce Cameroun – Sénégal arrive comme un nouveau point de repère à partir duquel on peut dire si oui ou non l’équipe du Cameroun peut encore garder espoir, celui de faire partie demain, en Guinée Equatoriale et au Gabon, de la crème du football africain.

Les échecs d’hier, qu’à cela ne tienne, sont un nécessaire repère pour préparer les succès de demain, mais on pourrait tout aussi dire que les échecs ne sont rien d’autre que l’expression révélée des carences sinon des insuffisances individuelles ou collectives. Dans un match de foot, le perdant est l’équipe qui n’aura pas su mener les actions judicieuses et dont les joueurs, pris individuellement ou collectivement, ne seront pas parvenus à s’élever au niveau technique et tactique de l’adversaire. C’est cette image plutôt désolante que semble réflèter aujourd’hui les Lions du Cameroun.

Face à l’immense défi – gagner coûte que vaille les trois ou quatre matches qui lui reste à livrer dans ces éliminatoires de la Can 2012, l’équipe du Cameroun a l’impérieuse nécessité de redevenir elle-même, c’est-à-dire de rétablir la vérité sur le doute qui se fait de plus en plus sur son identité singulière en Afrique : Lions Indomptables ! Eto’o et ses coéquipiers doivent, ce faisant, prendre la juste mesure du formidable enjeu du match contre le Sénégal et évoluer sur une gamme différente que celle dont ils ont fait montre lors des confrontations antérieures. Les Camerounaises doivent faire preuve de détermination et d’un esprit offensif qui contrastent avec ceux qu’on leur a connu ces dernières années. C’est au sortir de ce match contre le Sénégal qu’on pourrait savoir, en réalité, s’il reste quelque chose de l’esprit lion, de l’extraordinaire « fighting spirit » qui était (?) la marque déposée de l’équipe du Cameroun.    

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