10/06/2011 04:23:15
L'entre- Jeu: Vrits par devant...
L’équipe nationale s’en va à vau-l’eau et va totalement se désagréger si des mesures urgentes et adéquates ne sont pas prises pour un éventuel redressement. Il est urgent que ces mesures arrivent maintenant pour permettre la mise sur pied d’une équipe à l’horizon 2013...
Le Messager
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Le public sportif a eu réponse à la préoccupation qui, à la veille du Cameroun – Sénégal la semaine passée à Yaoundé, fut la mienne certes, mais aussi celle de tout observateur averti de la chose sportive. Préoccupation que j’ai eu à exprimer dans cette même page. Que reste-t-il de l’équipe du Cameroun ?

La réponse coule de source : rien. A peine y a-t-il aujourd’hui comme un avatar de l’équipe du Cameroun qu’on a connue jadis. Quelle que soit la volonté que celle-ci a pu nourrir dans le match capital contre les Lions de la Teranga , elle n’a pas empêché la vérité de s’imposer en référence a priori. L’équipe nationale s’en va à vau-l’eau et va totalement se désagréger si des mesures urgentes et adéquates ne sont pas prises pour un éventuel redressement. Il est urgent que ces mesures arrivent maintenant pour permettre la mise sur pied d’une équipe à l’horizon 2013,la prochaine échéance de la can, les carottes, comme on le sait, étant cuites pour l’an prochain en ce qui est du sommet continental qui aura lieu au Gabon et en Guinée Equatoriale.

L’absence du Cameroun de ce grand rendez-vous du football africain devrait être salutaire, pour peu que l’on puisse tirer des enseignements nécessaires des causes multiple celles-ci de la déchéance. Premièrement, il est urgent de dessaisir Samuel Eto’o de brassard du capitaine de l’équipe nationale, au regard des complaintes qui fusent de toutes parts et qui présentent ce dernier comme le principal instigateur de la crise profonde que connaît aujourd’hui l’équipe du Cameroun. Je n’ai pas souvenance, en 38 ans de métier, d’une situation aussi désastreuse au sein des Lions du Cameroun.

Il ne me souvient pas avoir un jour perçu de telles dissensions entre les joueurs de notre équipe nationale, ni le capitaine de quelque équipe que ce soit dans le monde, s’opposer à la décision de l’entraîneur. Or l’image qu’Eto’o Samuel a laissé transparaître samedi dernier en maintenant sur terrain Chupo Moting que le sélectionneur espagnol avait décidé de remplacer, doit scandaliser les plus grands footballeurs de la planète, et confirme la réputation de ce dernier qui est incontestablement un joueur de valeur, mais qui doit avoir de gros soucis à se faire en ce qui est du respect des règles de l’éthique sportive. Lorsque l’ex  « pichichi » s’offusque par exemple que Song Alexandre a refusé de lui serrer la main, mettant ainsi en branle le ministre Michel Zoa et compagnie qui devraient voir comment sanctionner l’ « attitude audacieuse » ( ?) du sociétaire d’Arsenal, il doit avoir la mémoire assez courte pour ne pas se souvenir qu’il a fait pareil à l’endroit du coach Jean Paul Akono, lors d’un regroupement à Garoua il y a quelques mois seulement.

Le capitaine de l’équipe nationale refusant de serrer la main que lui tend l’entraîneur sélectionneur, ce n’est ni plus ni moins que du mépris de la part du joueur et cela ne peut être admissible. J’ai vu, dans ma très modeste carrière, des joueurs poser des actes beaucoup moins graves, qui leur ont valu la radiation pure et simple de l’équipe nationale. Je vous fais grâce des noms, mais ce n’est pas l’ambassadeur Roger Milla ou même David Mayébi, le président de l’Association des footballeurs camerounais (Afc) qui me démentirait. Le silence assourdissant qu’oppose Michel Zoa à la dérive totale de l’équipe nationale comme son attitude on ne peut plus frileuse devant tant de frasques et extravagances du capitaine de l’équipe du Cameroun mettent à mal l’autorité réelle ou supposée de l’Etat duquel relève l’équipe nationale. C’est une forfaiture qui, sous d’autres cieux, aurait pu amener le ministre des sports à rendre son tablier, si tant est que dans nos républiques bananières, un ministre ne peut, d’autorité, démissionner pour des raisons qu’on peut facilement imaginer. Deuxièmement, la refondation de l’équipe nationale s’impose.

La génération des footballeurs d’exception qui, au bout de deux semaines seulement de regroupement – ça se fait maintenant en 2 jours à peine – pouvait mettre à mal les équipes les plus huppées du monde, ne pouvait être éternelle. Il y a nécessité d’établir un calendrier saisonnier, qui indique clairement les périodes de regroupement de nos équipes nationales avec ou sans les joueurs professionnels. Cela implique une politique d’encadrement fondée sur la promotion et l’encouragement des valeurs du terroir et non comme cela se fait aujourd’hui au petit bonheur la chance. Avec ces Blancs dont les états de service chez nous ressemblent fort à du mercenariat. En clair, il faut donner à nos Lions une assise purement locale (cf la coupe du monde de 1982 et celle de 1990 en Espagne et en Italie dans l’ordre).

Une équipe nationale telle que les joueurs évoluant à l’extérieur viendraient seulement en appoint. Ce qui suppose que l’équipe nationale soit dotée d’un entraîneur-sélectionneur... local, le pays étant pourvu de techniciens accomplis en la matière, et dont nombre d’entre eux ont largement fait leurs preuves. Jean-Paul Akono a gagné avec les espoirs le trophée des Jeux olympiques (Sidney 2000) ; Jean Manga Onguene s’est octoyé la can junior avec la sélection de cette catégorie (Lagos 1995) ; Jean Pierre Sadi et Ntoungou Mpile (photo) ont triomphé avec leurs équipes nationales aux Jeux africains respectivement au Caire en 1991 et à Alger en 2007 ; Léonard Nséké lui, a qualifié les Lions Indomptables pour le Mondial americain en 1994, mais fut évincé à la veille du périple au pays de l’oncle Sam. On connaît les résultats qui furent ceux de l’équipe du Cameroun aux U.s.a, confiée à un certain Henri Michel qui remplaça au pied levé l’entraîneur Nséké Léonard.

Une telle disposition ferait en sorte que l’équipe du Cameroun ait une base solide au double plan technique et tactique, qui engendrait des automatismes au nouveau de la prestation des joueurs. Cela suppose qu’il y ait, en cas de nécessité, un savant dosage de joueurs locaux et ceux évoluant à l’extérieur. Dans cette perspective, l’avènement imminent de la ligue professionnelle camerounaise pourrait jouer un rôle essentiel.        

Germain Koumyo Ekwè

 

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