17/06/2011 00:22:42
Quelles sanctions contre Eto'o Fils, A. Song et Assou Ekotto ?
L’instance faîtière du football camerounais se réveille enfin. Réunie mercredi 15 juin 2011 à Yaoundé, la commission de discipline a décidé de convoquer les trois internationaux pour répondre de leurs écarts de comportement lors du dernier regroupement des Lions Indomptables, à la veille et pendant le match retour Cameroun-Sénégal.
Le Messager
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L’instance faîtière du football camerounais se réveille enfin. Réunie mercredi 15 juin 2011 à Yaoundé, la commission de discipline a décidé de convoquer les trois internationaux pour répondre de leurs écarts de comportement lors du dernier regroupement des Lions Indomptables, à la veille et pendant le match retour Cameroun-Sénégal.

Samuel Eto’o Fils ne rate pas de penalty lorsqu’il est hors des stades. Ce mois de juin est décidément le sien. Entre sorties médiatiques, mea culpa, et dénonciations de toutes parts, le capitaine des Lions Indomptables s’est montré présent dans la rubrique des chiens écrasés. A peine a-t-on fini de parler de la lettre qu’il a écrite le 1er juin 2011 à Iya Mohammed, président de la fédération camerounaise de football (Fécafoot), que le voici de nouveau sous les feux des projecteurs. En fait, selon la commission de discipline qui a siégé dans la matinée de mercredi dernier, Samuel Eto’o Fils doit répondre de son acte de rébellion, face à la décision de son sélectionneur, Javier Clemente, de faire sortir Choupo-Moting lors de la rencontre contre le Sénégal du 04 juin 2011 au stade omnisport Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Il devra également répondre de son absence à la première séance d’entraînement du stage.

Insubordination

L’attaquant de l’Inter de Milan qui dit aujourd’hui ne plus avoir peur des sanctions, va-t-il se présenter devant la commission de discipline ? Lui qui dans une interview accordée à la chaîne de télévision privée Stv2, et diffusée dimanche 12  juin 2011, déclarait: « depuis que je suis devenu capitaine, j'ai plus de problèmes [à gérer] qu'autre chose. Si je pose un problème d'indiscipline à l'équipe nationale qu'on me sanctionne. On l'a fait avec Ribéry et Evra. Pourquoi on ne peut pas le faire avec l'équipe nationale ?» Il avait même poussé le bouchon plus loin en avouant être souvent tenté d’abandonner l’équipe nationale, à cause des incessantes polémiques qui, soutient-il, visent à le « salir ». On attend de voir. Alexandre Song, lui, répondra de ses attitudes répulsives suite à la main tendue de Samuel Eto’o Fils. Geste qui a contribué à plomber l’atmosphère dans la tanière et qui a constitué à lui seul une distraction dans la préparation de l’échéance qui attendait l’équipe nationale quatre jours après. Le Gunner qui est actuellement accusé de coups et blessures suite  à une histoire rocambolesque qui s’est déroulée le week-end dernier à Douala, devra expliquer aux membres de la commission de discipline les raisons d’un tel acte d’insubordination vis-à-vis de son capitaine.

Quant à Benoit Assou-Ekotto, il devra s’expliquer de son absence lors du même stage. L'ancien lensois doit dire pourquoi il n'a pas daigné envoyer de « note » pour justifier son absence au match du 04 juin pour lequel il avait été convoqué. On se souvient que le responsable de l’encadrement médical de Tothennam avait tenu à informer les responsables du football camerounais, de l’état de santé du défenseur au lendemain de sa convocation. Le médecin avait alors faxé son dossier médical accompagné de clichés aux responsables de la Fécafoot en indiquant que le Cameroun pourra utiliser son joueur pour ledit match. Toutefois il précisait que celui-ci est encore convalescent après la blessure qui l’a éloigné des stades pendant près d’un mois. Mais finalement, Assou Ekotto ne s’était pas présenté. Les trois Lions sont attendus au siège de la Fécafoot le 23 juin prochain.

Focal. Code disciplinaire à tête chercheuse ?

Adopté au lendemain de la débâcle des poulains de Paul Le Guen à la coupe du monde sud africaine par le comité exécutif de la fédération camerounaise de football (fécafoot), ce nouveau code de conduite comporte 65 articles contre 25 pour l’ancien texte datant de 1972 remplacé par celui de 2000 signé par décision du ministre des Sports et de la Jeunesse , aujourd’hui ministère des Sports et de l’Education physique. Le nouveau texte énumère un ensemble d’obligations auxquelles est soumis le joueur ou l’encadreur. Il s’agit du devoir de loyauté, de l’obligation de répondre à la convocation de l’équipe nationale, de participer aux matches, aux entraînements et de s’y consacrer.

Sont interdits aux joueurs et encadreurs, les sorties, les réunions et les visites aux tiers sans autorisation. Il leur est en outre interdit les jeux de hasard, l’arrivée tardive aux entraînements, le refus du port de la tenue du groupe, etc. La liste des sanctions en violation de ces règles est aussi longue. A l’ opposé de l’ancien texte qui en comptait 4 (avertissement, blâme, exclusion temporaire et radiation), le nouveau code commence par la mise en garde et se termine par l’interdiction de l’indiscipliné (joueur ou encadreur) d’exercer toute activité relative au football dans son pays avec possibilité d’extension au niveau international.

En plus de l’exclusion définitive de la sélection nationale contenue dans l’ancien règlement, le nouveau texte inclut le paiement des amendes, la suspension des matches et la restitution des primes par le joueur indiscipliné. La rédaction de ce nouveau règlement intérieur a été suggérée au lendemain de la participation foireuse du Cameroun à la coupe du monde. Un fiasco on se rappelle, dû à l’indiscipline caractérisée de la sélection camerounaise reconnue le 2 juillet devant le parlement par le ministre camerounais des Sports et de l’Education physique (Minsep) Michel Zoah. « Les querelles et les combats interpersonnels, l’ego surdimensionné de certains joueurs qui n’acceptent pas la présence d’autres talents autour d’eux ont contribué à la sortie prématurée des Lions Indomptables », avait-il avoué. Le ministre avait alors déclaré que les textes fondateurs de l’équipe nationale de football du Cameroun datant de 1972 allaient être revisités « dans le but d’insuffler plus de professionnalisme, de discipline afin de renforcer la culture des valeurs patriotiques civiles et intellectuelles des joueurs ». Au regard des cas d’indiscipline et de désordre qui ont élu domicile dans la tanière, on se demande bien si un tel code ne serait pas destiné à certains joueurs seulement.

Christian TCHAPMI


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