14/07/2009 15:03:03
Artur Jorge : "Oui, j'accepterais de revenir au Cameroun"
Il s’est bâti au fil des années une réputation d’homme qui inspire la discipline, le changement, le professionnalisme et a incarné le retour au beau jeu pendant son passage à la tête des Lions.
Stephen SUNOU
Camfoot
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Alors qu’il avait réussi à redonner de la couleur aux Lions Indomptables, le technicien portugais va quitter précipitamment l’encadrement technique des Lions [...] Artur Jorge ne cache pas son envie de revenir continuer son œuvre. Dans un entretien accordé à la rédaction de Camfoot.com, il évoque ses rapports avec l’ancien ministre Mbarga Mboa, le président de la Fécafoot Iya Mohammed et les raisons de son départ de l’équipe nationale.

Il se dit par un journaliste camerounais (Eboa Elame ndlr) que vous avez récemment été opéré de la tête à cause d’une tumeur cancéreuse ce qui vous rendrait incompétent pour un poste dans un encadrement technique. Est-ce que c’est vrai ?

(Rires) Non. J’ai eu une petite opération il y a plusieurs années. Bien avant d’être même au Cameroun. Sinon c’est une chose très infirme qui n’est pas très importante. Après ça j’ai travaillé dans beaucoup de clubs et beaucoup d’équipes nationales. Ce n’était rien de grave et vraiment rien de particulier.

Votre départ du Cameroun a presque toujours été associé à vos rapports avec l’ancien ministre Mbarga Mboa. Quels étaient vos rapports ?

Il n’y avait rien de spécial. Si vous voulez, j’étais au Cameroun travailler avec l’équipe nationale. Et comme vous savez, pendant beaucoup de mois je n’ai pas reçu mon salaire … enfin ! Vous le savez comme moi. Ce sont des problèmes et des choses qui se sont passées pendant beaucoup de mois. Mais après tout s’est bien passé avec tout le monde. Il y avait quand même de nombreuses choses qui n’existaient pas avant moi et je n’ai jamais compris pourquoi pendant que j’étais en poste tout était différent.

Concrètement quelle a été la raison de votre départ du Cameroun ?

Je ne sais pas. Il y a peut-être des raisons que j’ignore toujours. Ils pensaient peut-être qu’on pouvait gagner plus de matches que ceux qu’on a réussi. Vous savez tous que de toutes nos rencontres on n’a perdu qu’un seul match pendant la coupe d’Afrique des nations. Si c’est la raison, je pense qu’on a fait de très bons résultats. Ca veut dire donc qu’il y avait toujours des petits problèmes qui se passaient et qui n’avaient aucun lien avec les très bons rapports que j’avais avec mes joueurs.

Malgré la présence du ministre des Sports, il est difficile de parler du football sans évoquer sa fédération. Quels étaient vos rapports avec Iya Mohammed ?

Très bien. C’est quelqu’un de disponible avec qui je n’ai jamais eu de problème dans l’exercice de mes fonctions. Ca s’est très bien passé avec la Fédération camerounaise de football et avec les joueurs. Il y avait quelques petits problèmes dans la qualité du travail qu’on pensait améliorer à l’avenir. Et c’était quelque chose de faisable.

Il semblerait que le président de la Fécafoot ait aimé votre travail pendant votre passage au Cameroun. Si on vous demande concrètement de revenir au Cameroun, êtes-vous prêt à dire oui ?

Oui, j’accepterais de revenir au Cameroun. Il y a peut-être des choses que je ne peux pas vous dire à vous parce que vous êtes journaliste mais, le plus important est que je connais déjà bien l’environnement et les habitudes locales. J’ai travaillé avec de très bons joueurs, tout s’est passé d’une manière formidable. La qualité des entraînements, l’esprit du groupe, la discipline et nos matches s’étaient complètement améliorés. Nous avons fait de très bons matches, des choses importantes et finalement j’ai toujours pensé que l’avenir était là. En plus le public était pour cette transformation positive de l’équipe. C’est pour cela qu’il y a des choses qui se sont passées dont je n’en sais toujours pas les motivations.

On dit de vous que vous insistez sur la discipline. Est-ce votre secret ?

Il n’y a pas de secret. C’est juste un professionnel qui vient travailler avec d’autres professionnels et c’est comme ça que ça devrait être. La majorité des joueurs sont professionnels et c’est normal qu’ils travaillent sous des méthodes professionnelles. Il y a parfois des difficultés mais, il faut les surpasser en parlant avec tout le monde. Et finalement quand je regarde cette équipe du Cameroun, je me dis c’était formidable parce que j’ai travaillé avec de très bons joueurs. Le meilleur c’est qu’ils ont cette capacité de travailler quand les conditions sont réunies. Et, je pense que chacun a contribué à améliorer un petit peu cette équipe. C’est pour ça que je pensais pendant beaucoup de temps que je pouvais revenir améliorer d’avantage cette équipe et lui permettre d’aller beaucoup plus loin parce qu’elle a des joueurs de très bonne qualité avec une bonne mentalité.

On dit de vous de ne pas accepter que l’on interfère avec votre domaine de compétence. Est-ce la raison pour laquelle vous avez démissionné de Al Nasr ?

Il y avait beaucoup de difficultés à travailler. C’était la deuxième fois que je travaillais avec ce club. La première fois, cela s’était très bien passé et finalement ils m’ont réinvité là-bas. Mais, ce n’était plus la même équipe dirigeante avec laquelle j’avais travaillé et finalement les conditions de travail étaient complètement différentes. Si vous voulez, le nom du club était le même mais la qualité des joueurs n’étaient plus la même et même ceux avec qui j’avais travaillé ne jouaient plus bref c’était complètement différent …

Pareil pour Créteil ?

Un peu oui. Très difficile aussi. On a essayé de se maintenir mais vous savez quand une équipe a beaucoup de difficultés il devient difficile de travailler quand on ne se donne pas les moyens. J’ai essayé de le faire comprendre une ou deux fois mais ça pas marché. J’étais là-bas pour aider un tout petit peu mais vous savez les idées étaient là mais la manière de penser de chacun n’était toujours pas la même. Dans le même temps j’y étais en attendant revenir au Cameroun parce que je pensais que c’était une question de mois pour continuer le travail avec les Lions Indomptables.

Votre nom a souvent été associé à celui des Ribeiro (agent et organisateur des matches amicaux ndlr). Si vous revenez au Cameroun, est-ce que ce serait par cet intermédiaire ?

Non, non … L’idée c’est d’aller là-bas travailler avec les Lions Indomptables et à mon avis c’est le plus important. Il s’agirait pour moi de travailler comme je l’ai fait avant, améliorer la qualité de jeu de cette équipe pour la rendre toujours plus performante. De travailler aussi avec les dirigeants pour que la sérénité entoure cette formation. La chance qu’il y a c’est que les gens du Cameroun ont la volonté de travailler pour l’équipe nationale. Vous avez été présent à nos stages, on travaillait beaucoup sans s’occuper d’autres choses. Nous avions des joueurs de bonne qualité que nous avons motivé à 200% et qui donnaient de bon résultat. Ce sont des joueurs qui donnaient le maximum pour cette équipe et je pense que si on avait eu du temps on aurait aujourd’hui une équipe très forte et difficile à vaincre.

Stephen SUNOU

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