22/06/2011 00:30:24
Achille Emana rompt le silence !
L’international camerounais est, « selon la loi », tombé sous le coup de l’article 13 du règlement intérieur des sélections nationales du Cameroun qui dispose : « tout propos injurieux ou attitude de mépris, toute expression outrageante, toute allégation ou imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur ou à la considération de l’Etat du Cameroun, d’un membre du gouvernement ou de ses représentants, de la fédération camerounaise de football...
le messager/camfoot
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Après le Mondial, on ne l’a plus vu évoluer sous les couleurs de l’équipe nationale. Sans doute parce que banni, il n’était plus convoqué lors des différentes confrontations des Lions indomptables. Accusé d’être parmi les fauteurs de trouble au rendez-vous sud africain, son nom ne revenait que dans ce qu’on avait fini par qualifier de l’ « affaire Emana ».

La commission d’homologation et de discipline de la fédération camerounaise de football attendait en fait que le sociétaire du Bétis Séville vienne s’expliquer sur des propos qu’il aurait tenu à l’endroit de certains responsables dans une interview accordée à un journal en ligne français. Indomptable comme il sait bien l’être, le milieu de terrain avait carrément refusé de répondre à la demande d’explication envoyé par la Fécafoot. Dans un ballet inexplicable à Tsinga, son avocat et sa mère étaient alors venus le défendre, sous le regard médusé des responsables de la chambre d’homologation. La suite, on la connaît par cœur. Achille Emana a écopé d’un blâme et sommé de payer une amende d’un million de Fcfa à l’instance faîtière du football camerounais.

L’international camerounais est, « selon la loi », tombé sous le coup de l’article 13 du règlement intérieur des sélections nationales du Cameroun qui dispose : « tout propos injurieux ou attitude de mépris, toute expression outrageante, toute allégation ou imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur ou à la considération de l’Etat du Cameroun, d’un membre du gouvernement ou de ses représentants, de la fédération camerounaise de football ou de ses membres, de la sélection nationale ou d’un de ses encadreurs ou joueurs, ainsi que toute autre personne remplissant un mandat au sein de la fédération camerounaise de football relevés à la charge d’un joueur ou d’un encadreur d’une sélection nationale entraîne à l’encontre du contrevenant, l’application des sanctions prévues par le présent règlement, sans préjudice des poursuites pénales .

Plus tard, on apprit qu’Achille Emana n’a pas été condamné pour les propos contenus dans l’interview réalisée par sofoot.com. Puisque la commission a reconnu ne pas pouvoir vérifier la véracité des propos contenus dans ladite interview. Puis… silence radio jusqu’à ce que interviewé par nos confrères de Rfi avant le match du 4 juin dernier contre le Sénégal à Yaoundé, le milieu de terrain du Bétis Séville reparle de la dernière coupe du monde et surtout des problèmes qui ont secoué la tanière pendant le mondial sud-africain.

« On a perdu l’envie de jouer ensemble »

Qu’est ce qui peut expliquer selon vous les mauvais résultats des Lions indomptables en ce moment ?

Le noyau s’est cassé depuis la dernière coupe d’Afrique des nations en Angola. Aujourd’hui, on constate que la situation est vraiment grave. On voit bien que les résultats de l’équipe nationale ne sont pas bons, on a perdu l’envie de jouer ensemble. On a perdu la force de lutter pour le même maillot, le maillot camerounais. On a perdu ça et c’est ce qui est vraiment dommage ; on avait une équipe qui a qualifié les Lions pour la coupe du monde. Mais dès la coupe d’Afrique en Angola et à la coupe du monde on a tout changé. C’est un peu ce qui a tout bouleversé. En tant que professionnel et en tant qu’être humain, si on ne m’aligne pas, on doit me le dire. Qu’on m’avertisse et qu’on me dise que c’est pour telle ou telle raison. Si on t’écarte de la liste sans te dire pourquoi, alors que tu sais que tu dois commencer, c’est un peu blessant. Il y a eu trop de mal entendu. Tout ce que je peux dire c’est que trop de choses se sont passées, et si aujourd’hui même le capitaine n’a pas pu le dire, je ne veux pas que ça sorte de ma bouche. Les coupables se reconnaîtront toujours.

Est-ce que vous pensez que le fait que Paul Le Guen ait passé le brassard de capitaine à Samuel Eto’o a changé les choses ?

Je ne sais pas si c’est le fait de passer le capitanat à Samuel qui a changé les choses. Samuel était déjà le vice-capitaine. Que ce soit lui qui porte le brassard ou Rigo, ce n’est pas important. L’essentiel c’est de jouer. Je ne discute pas le brassard avec Samuel. Ni Alex, ni Carlos. Samuel à l’équipe nationale est parmi les plus anciens. Après Samuel et Carlos je suis le troisième ancien, je suis parmi les plus anciens, mais le capitanat est quelque chose qui ne me prend pas la tête. Au Bétis, capitaine je suis. A Toulouse, j’étais capitaine. Je ne discute pas le brassard avec qui que ce soit. Le problème n’est pas le brassard. Je pense qu’il y a eu trop de malentendus qui venaient de gauche à droite, et le groupe a été un tout petit peu bouleversé. L’entraîneur aussi a été bouleversé. Je ne veux pas dire qu’il est fautif à 100%. L’équipe nationale du Cameroun est très difficile à gérer. Paul Le Guen a été troublé à un moment, ce qui a fait qu’il change son équipe, et comme il a dit, il assume les changements.

On a parlé des égos dans les vestiaires, il y a des joueurs qui ne s’entendaient pas ?

Je respecte tout le monde, mais je ne me laisserai jamais piétiner par qui que ce soit, que ce soit mon capitaine, mon entraîneur où monsieur le ministre. J’ai un grand respect pour tout ce monde-là ; mais il ne faut quand même pas oublier que je suis un père de famille, je suis un responsable en tant que capitaine du Bétis ; j’ai une manière de voir les choses et je ne peux pas accepter qu’on me manque de respect.

Est-ce que vous pensez que c’est un joueur qui a demandé à Paul Le Guen de ne pas vous aligner ?

Je ne sais pas si c’est un joueur, mais ce que je sais c’est que lors des éliminatoires, Paul Le Guen avait entièrement confiance en moi, mais après la confiance était finie sur un match disputé en Bulgarie. Il m’a fait jouer les 30 dernières minutes du match. Pendant la rencontre, il pleuvait et j’avais mis des crampons et pas des vissés. J’avais glissé deux fois. Quand on est arrivé au Cameroun, il m’a dit j’ai glissé. Il m’a jugé sur ce match de préparation pour ne plus me faire jouer, et c’est ce qui était blessant. Je ne sais pas si quelqu’un lui a dit de ne plus m’aligner, mais ce que je sais c’est qu’à un moment il n’avait plus confiance en moi. En coupe du monde contre le Danemark, il m’a fait jouer parce que la pression venait du Cameroun.

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