24/06/2011 02:08:30
L'entre-jeu: Tentations discriminatoires
Les fédérations sportives – cela ne saurait s’ignorer, sont des entités privées et autonomes ; c’est, par essence, l’initiative d’un ou plusieurs individus mis ensemble et ayant pour objectif commun la pratique du sport. L’activité sportive s’inscrivant dans le vécu quotidien de l’homme comme étant source d’épanouissement et de bien-être physique et ... moral. C’est un postulat ; un principe légitime et incontestable.
Le Messager
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Les fédérations sportives – cela ne saurait s’ignorer, sont des entités privées et autonomes ; c’est, par essence, l’initiative d’un ou plusieurs individus mis ensemble et ayant pour objectif commun la pratique du sport. L’activité sportive s’inscrivant dans le vécu quotidien de l’homme comme étant source d’épanouissement et de bien-être physique et ... moral. C’est un postulat ; un principe légitime et incontestable. C’est donc à la suite des fédérations sportives qu’arrive le ministre des sports. C’est grâce à elles que le ministère des sports peut exister.

Du coup, le rôle du ministère des sports auprès des fédérations de sport ne s’inscrit que comme étant des devoirs régaliens de l’Etat : accompagner et soutenir, coûte que coûte, les activités des fédérations dont l’apport, au plan de l’encadrement de la jeunesse, s’avère salutaire ; d’où l’appellation autrefois judicieuse de ministère de la jeunesse et des sports à laquelle l’on a substitué celle de ministère des sports et de l’Education physique. Comme si le sport n’était déjà pas en lui-même un exercice pour éduquer le physique.

Question de sémantique ? Peut-être. Qu’importe ! L’apport des fédérations sportives au plan de l’encadrement de la jeunesse est d’autant important que sous d’autres cieux, le ministère des sports alloue annuellement à celles-ci, sans exclusive, d’importants budgets pour leur fonctionnement et leur structuration. Ce qui semble être le moindre souci, mieux la dernière préoccupation du ministère des sports dans nos pays. Au Cameroun par exemple, la tentation est grande de penser  que le ministère des sports devrait être rebaptisé pour s’appeler plutôt ministère de football, à défaut d’en créer un.

Le ministère des sports ici, on ne ferait pas de dessin pour le démontrer, a des rapports très très privilégiés avec la fédération camerounaise de football. Il (le ministère des sports) tient à l’équipe nationale de football, les Lions Indomptables, comme l’on tiendrait à la prunelle des yeux. Cette fédération bénéficie de tous les égards et ne court pas le moindre risque de faillite, ni d’une défection à la compétition internationale.

Les Lions, dénomination exclusive et non transposable de l’équipe nationale fanion de football, héritée de la consultation populaire au lendemain de la coupe d’Afrique des nations en 1972, et à laquelle le président Ahidjo (photo) colla l’épithète indomptables pour bien marquer la différence avec les  autres lions à travers le continent, sont comme la chasse gardée de l’Etat ; à travers le ministère des sports qui peut donc en user et en abuser à son gré. Cette main mise qui n’est pas sans créer des dysfonctionnements graves, voire des tensions aiguës lorsqu’il est par exemple question de gérer la manne financière que produit la participation des Lions Indomptables aux compétitions internationales (coupe du monde, coupe d’Afrique des nations…), a des fois exposé notre pays à des sanctions vis-à-vis de l’instance faîtière du football mondial ( la Fifa ) qui n’a jamais admis « l’intrusion » des gouvernements dans les questions de football.

Il est même déjà arrivé que suite à une situation conflictuelle entre la fédération et le ministère, la Fifa suspende le Cameroun de toutes les compétitions qui relèvent de son essor. Le coup de massue fut retentissant, comme un séisme, au tréfond du pays, et amena le pm chef du gouvernement en personne, à effectuer, illico presto, un voyage à Zurich. Pour chercher à éteindre le feu. La sanction avait duré quelques 72 h  certes, mais n’avait pas moins ébranlé le … gouvernement et avec lui le pays tout entier, lorsqu’on sait ce que représente le football pour lui : le meilleur ambassadeur qu’il n’avait jamais eu jusqu’alors. C’était il y a une décennie.

Dans la même veine naquit la course de l’Espoir, autrefois appelée l’Ascension du Mont Cameroun. Initiée et parrainée dès sa naissance en 1970 par une société brassicole de la place, Guinness Cameroon pour ne pas la nommer, l’Ascension du Mont Cameroun atteignit, au bout de quelques années seulement, une réputation internationale que l’envièrent les épreuves sportives de ce type. Une réputation issue d’une organisation méthodique certes, mais aussi et surtout due à des investissements financiers conséquents, qui incitèrent par la suite bien des convoitises du ministère des sports qui ne cacha pas son désir de gérer désormais les fonds financiers de la compétition.

Zéro macabo, rétorquèrent les responsables de Guinness qui n’acceptèrent pas la forfaiture et préférèrent se retirer du parrainage de cette manifestation sportive qui, il faut le relever, a perdu de son superbe d’antan. Du coup les autres fédérations sportives qui n’ont malheureusement pas la chance d’être aussi  aguichantes, sont menacées « d’extinction ». Du fait justement du très peu d’intérêt que manifeste à leur endroit le ministère des sports et de l’Education physique. N’est-ce pas dommage pour le mouvement sportif national ?

Germain Koumyo Ekwe

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