24/06/2011 02:15:44
Assou Ekotto snobe le conseil de discipline de la Fcafoot
Alors que Samuel Eto'o Fils et Alexandre Song Billong ont répondus à l’appel de l’organe juridictionnel de la fédération camerounaise de football (fécafoot), le défenseur de Tottenham lui ne s’est pas présenté à la barre hier.
Le Messager
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Sacré Assou Ekotto ! Rien ne l’ément. Même pas la convocation de la chambre d’homologation et de discipline de la fécafoot. Le latéral gauche est resté indifférent et carré dans ses décisions. C’est en tout cas sa présence qui aurait surpris la marée humaine qui s’est massée hier matin à l’entrée du siège de la fécafoot à Tsinga. On savait ses coaccusés (Eto’o et Song) en vacances au pays depuis deux semaines. Mais Assou-Ekotto ne donnait toujours pas de ses nouvelles jusqu’à la veille de leur audition. Encore moins hier où quelques incrédules espéraient que par miracle, le joueur n’apparaisse ou se fasse représenter par un avocat.

Que non ! Ce n’est que plus tard via le journal radiodiffusé de 17 heures à la Cameroon radio and television (Crtv), qu’on apprendra que l’ancien Lensois a toutefois envoyé une lettre au président de la fécafoot dans laquelle il justifiait son absence par une indisponibilité et surtout à cause de la brièveté du délai de convocation. Le joueur va même plus loin en ajoutant qu’au lieu de se livrer en spectacle, la fécafoot devrait plutôt s’intéresser aux « vrais problèmes de l’équipe nationale ». En filigrane, Assou Ekotto fustige l’attitude cavalière qui caractérise les responsables de la féderation dans la gestion de l’équipe nationale fanion. Affaire Emana bis ? On n’est pas en tout cas loin de ce feuilleton.

C’est Alexandre Song le premier à franchir le portail de la fécafoot, à bord d’une luxueuse voiture noire de marque Bmw. Il était alors 11h 08. Cintré dans un joli costume gris foncé assorti d’une chemise blanche, d’une cravate noire et des lunettes claires, le joueur d’Arsenal arborait une paire de basket de couleur noire qui lui donnait l’allure de la star qu’il est. Le Gunner est accompagné par son conseil, Me Sébastien Song, « un oncle de la famille », apprendra-t-on.

Sept minutes plus tard, Samuel Eto’o emboîte le pas à bord d’une Nissan ; dans un smoking gris plus clair et d’une cravate rouge. Son avocat n’est autre que Me Kaldjop, un parent du joueur. Sans afficher la moindre sympathie, les deux footballeurs vont d’abord être reçus dans la salle d’attente. Les hommes de médias qui ont pris d’assaut la grande cour de la Fecafoot sont sommés d’attendre à l’extérieur. D’ailleurs « ça ne sert à rien de bousculer, puisque les deux conseils des joueurs vont s’adresser à la presse à la fin du procès », rassurent certains responsables de la fécafoot qui jouent les gros bras. Alexandre Song est le premier à passer devant la barre. Serein, le milieu de terrain sourit et se dirige droit vers la salle réquisitionnée pour la circonstance.  Pendant ce temps, Samuel Eto’o est en conversation avec Tombi à Roko Sidiki. Difficile de saisir un traître mot de leur échange, étant donné que ce n’est que par les volets de la pièce qu’on observe les deux hommes faire de grands gestes. Le tête-à-tête va durer une trentaine de minutes.

Gros mépris

Quelques minutes après, c’est la direction technique nationale (Dtn), conduite par Jean Manga Onguéné, qui va faire son entrée dans la pièce. Accolades chaleureuses, large sourire, c’est la joie des retrouvailles. Même Jean Paul Akono qu’on disait être en froid avec le goléador depuis quelques temps ne résiste pas à la tentation. La poignée de main de l’homme de Sydney 2000 à son poulain en dit long sur l’émotion qui est sienne. L’audition d’Alexandre Song va durer environ une heure. Rien ne filtre du « procès » qui s’est déroulé à huis clos. Le Gunner se serait certainement expliqué au sujet de la main tendue d’Eto’o qu’il avait ignorée. Au sortir de l’audience, Me Sébastien Song confie aux médias que l’interprétation des actes de son client est un peu exagérée. D’ailleurs « au regard de l’infraction retenue et au regard de la disposition de code de discipline à savoir l’article 13, retenu pour justifier ladite infraction, nous avons indiqué que le terme mépris ne pouvait être retenu parce qu’en aucun moment Alexandre Song n’a eu un acte de mépris à l’endroit de son capitaine. Il s’agit juste d’un terme d’indifférence qui peut être due à une charge conflictuelle. Par ailleurs, le mot spectaculaire ne pourrait être retenu parce que la scène se passait dans un couloir, en présence de deux ou trois personnes seulement », a-t-il souligné.

Pour l’homme de droit, ce conseil de discipline vise plutôt à identifier les divergences qui existent entre les joueurs afin de les aplanir. «Il s’agissait plus d’un moment de rappel à l’ordre, un moment de responsabilisation, un moment de pédagogie et de remise en communion conviviale de tous les joueurs. Je ne crois pas que la sanction soit la chose idéale en ce moment. » Conclut-il.

Samuel Eto’o dont l’audition a duré prés de deux heures d’horloge, n’a pas voulu se confier à la presse. Après avoir salué d’un geste de la main la cohue qui l’attendait à l’entrée de la fécafoot, l’interiste a immédiatement sauté dans son véhicule et a démarré en trombe, sous le regard stupéfait des journalistes à qui on avait pourtant promis une « confession » du joueur. La commission de discipline que présidaient Me Nkoa Atangana, assisté de Me Aka Amouan, Dialigue Amadou, Dieudonné Monessi et le colonel Dzou apprend-t-on, a décidé de mettre le jugement en délibéré. La décision est attendue dans les prochains jours.

Focal. Un fan club pour encenser Eto’o

La popularité de Samuel Eto’o (dont on disait écornée après le penalty manqué du 04 juin dernier au stade omnisport Ahmadou Ahidjo de Yaoundé) n’a pas pris un ride. Cela s’est encore démontré hier au siège de la fécafoot. Ce sont des centaines de fans et de sympathisants de l’ex « Pichichi » qui ont investi la route qui va du carrefour Camp Sic Tsinga à l’entrée de l’immeuble abritant l’instance faîtière du football camerounais.

Scandant sans cesse, le nom du capitaine des Lions indomptables, cette cohue brandissait des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Papa Eto’o, tu nous donnes la joie de vivre tous les jours », « Merci Eto’o ! Courage », « Papa Eto’o, l’homme de la réconciliation  et de la paix ». On aurait dit un meeting politique. Les éléments de la police et ceux de l’équipe spéciale d’intervention rapide (Esir) ont dû user de beaucoup de tact pour contenir cette foule en furie qui n’avait d’yeux que pour Eto’o. C’est donc tout naturel qu’avant de quitter le « tribunal », Samuel Eto’o a tenu à saluer d’un geste de la main ses fans.

Christian TCHAPMI

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