27/06/2011 02:31:49
Samuel Eto'o Fils blanchi par la commission de discipline
Contre toute attente, l’organe juridictionnel de la Fécafoot a acquitté le capitaine des Lions Indomptables pendant qu’Alexandre Song et Assou Ekotto, eux, écopent chacun de blâmes. Samuel Eto’o, le grand Manitou ?
Le Messager
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Blanc comme neige ! Après le verdict rendu public par la chambre d’homologation et de discipline de la fédération camerounaise de football (fécafoot) suite à son audition jeudi 23 juin 2011 à Yaoundé, Samuel Eto’o doit avoir à l’heure qu’il est, la sensation de bien-être : un homme irréprochable, intouchable ; la preuve le quadruple ballon d’or africain a été exempt de toute récrimination portée à son encontre par le conseil de discipline de l’instance faîtière du football camerounais.

On sait qu’à la suite de son altercation avec Alexandre Song, le joueur avait boudé la séance d’entraînement du lendemain (31 mai 2011) au stade omnisport Ahmadou Ahidjo. Sur ce sujet, l’attaquant de l’Inter de Milan, pour se dédouaner, avait alors préparé une défense en béton en arguant avoir disputé la finale de la coupe d’Italie le dimanche et avoir bénéficié de la part du coach d’un jour de repos. Eto’o s’était aussi illustré quatre jours plus tard en s’opposant en plein match contre le Sénégal, à un remplacement de joueur décidé par Javier Clemente, le sélectionneur de l’équipe du Cameroun.

En affichant ces écarts de comportement, le joueur avait alors commis une infraction au vu des articles 10 et 11 du code de conduite qui disposent respectivement que « tout joueur sélectionné est tenu de participer à toutes les séances d’entraînement » et que « tout joueur sélectionné doit observer en tout temps, les directives et décisions des encadreurs». De sources bien introduites, le technicien basque aurait été joint au téléphone par la commission d’homologation pendant les délibérations pour donner sa version des faits au sujet du remplacement contesté par le capitaine. Mais avant, Eto’o était appelé à s’expliquer. Comme il l’avait déjà déclaré à Stv, « l’ex Pichichi » dit avoir vu le geste du sélectionneur qui indiquait que ce n’est pas Choupo-Moting qui devait sortir à ce moment où le Cameroun bénéficiait d’un corner, et c’est la raison pour laquelle il est allé vers le joueur pour le retenir. La version de Clemente ne sera pas très loin de celle du goleador.

Volant au secours de son poulain, le coach va plutôt jeter l’anathème sur son adjoint François Omam Biyik en affirmant que c’est lui qui avait inversé l’ordre des remplacements, qu’il ne lui avait jamais dit de sortir en premier Choupo-Moting. Après audition de ces deux parties, les membres de la commission estiment donc que  Samuel Eto’o est acquitté de toutes les charges qui pesaient contre lui. De quoi provoquer l’ire de certains juristes qui s’étonnent sur la nécessité d’accuser un joueur (qui devrait servir d’exemple), s’il ne peut écoper par la suite ne fusse que d’un avertissement.

Vie privée

Selon des sources proches de la commission, Alexandre Song s’est longuement défendu en arguant à plusieurs reprises que le fait pour lui de ne pas saluer un joueur relève de sa vie privée. Ce dernier aurait indiqué que la seule obligation qu’il pensait avoir était de fournir à son coéquipier des passes sur le terrain. Rien de plus. Réagissant, les membres de la commission ont été unanimement en désaccord avec cette position du joueur, lui rappelant au passage qu’en regroupement avec les Lions, on ne saurait invoquer un environnement privé. La suite de l’audition, apprend-on, s’est transformée en un chapelet de conseils au jeune milieu de terrain. Toutefois, pour ce fait qui lui est reproché, « Alexandre Song écope d’un blâme et d’une amende de 1 000 000 Fcfa  transformée en travaux d’utilité sportive à raison de trois jours d’entraînement en compagnie des jeunes des centres de formation ».

Le dossier brûlait sur la table de la commission que présidait Edouard Nko Atangana, était celui de Benoît Assou Ekotto. On se souvient que bien qu’absent du « procès », le latéral gauche de Tottenham qui se trouverait actuellement en congé aux Etats-Unis, a tout de même pris le temps d’envoyer aux membres de la commission sa version des faits. Assou Ekotto aurait juré avoir la preuve que le coach des Lions ne l’aimait pas, parce que même blessé, il lui aurait dit qu’il pouvait venir donner un coup de main à l’équipe, mais seulement à partir du jeudi. Difficile donc pour l’ancien Lensois de comprendre cette attitude du technicien qui lui aurait au passage avancé des paroles méchantes.

Comme pour le cas Eto’o, les membres ont une fois de plus fait appel à Clemente qui aurait effectivement confirmé qu’il n’aimait pas beaucoup le jeu du Spurs parce que selon lui, le joueur est un « désordonné tactique qui monte sans jamais revenir. Clemente serait même allé plus loin en disant qu’Assou Ekotto était à l’origine des cinq buts que le Cameroun a encaissés en coupe du monde en Afrique du Sud ». Bien que trouvant des circonstances atténuantes à Assou Ekotto, les membres de la commission lui ont tout de même infligé un blâme. Les trois parties disposent, d’après ladite commission, d’un délai de dix jours pour exercer une voie de recours à compter de la publication dudit verdict.

Focal. Samuel Eto’o, le grand Manitou ?

L’image du 04 juin au stade omnisport Ahmadou Ahidjo était suffisamment parlante. Elle a même choqué certains fans de l’équipe nationale. En s’opposant à un remplacement, le capitaine des Lions Indomptables a non seulement ridiculisé devant plus de 100 000 spectateurs le staff technique (impuissant), mais a montré à ceux qui jusque là avaient encore des doutes que c’est bien lui qui l’équipe sur l’aire de jeu. Par ces entrefaites, Samuel Eto’o Fils a une fois de plus, démontré qu’il est l’instigateur de l’indiscipline qui mine l’équipe nationale de football depuis la can 2010 en Angola; alors qu’il était attendu sur le chemin des buts. Où est donc passé ce code disciplinaire des Lions ? Ce nouveau texte qui énumère un ensemble d’obligations auxquelles est soumis le joueur ou l’encadreur.

Du devoir de loyauté, de l’obligation de répondre à la convocation de l’équipe nationale, de participer aux matches, aux entraînements et de s’y consacrer. Il était également interdits aux joueurs et encadreurs les sorties, les réunions et les visites aux tiers sans autorisation, etc. La liste des sanctions en violation de ces règles est aussi longue. On a l’impression que le code est à tête chercheuse. Certains joueurs  sont vilipendés pendant que d’autres, en dépit de la gravité de leurs actes, sont purement et simplement acquittés. Ce qui n’est pas pour arranger les choses. Malheureusement.

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