01/07/2011 07:03:42
L'entre-jeu: Vache lait...
Mais de cette histoire de trop perçu de primes, on n’en connaît pas l’issue. Ainsi va l’équipe nationale de football. Une véritable vache à lait... à traire à fond...
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De football professionnel au Cameroun, le sujet semble dans l’air du temps ici. Trente quatre ans après que Eugène Njoh Léa (aujourd’hui décédé), un des tout premiers footballeurs professionnels camerounais et fondateur de l’Union nationale des footballeurs professionnels de France (Unfp) en eut proposé « un clef en main » au Cameroun, mais auquel les autorités sportives d’ici ne donnèrent aucune suite, pour des raisons qu’on pourrait bien imaginer.

Il faut dire que c’est pas tôt d’en parler aujourd’hui ; même si l’on peut prétexter que mieux vaut tard que jamais. Toutefois la future ligue professionnelle de football que l’on attend est loin d’être une nouveauté dans l’univers du sport camerounais. Elle naîtrait alors sur les cendres d’une certaine Linafoote (Ligue nationale de football d’élite) que présida  le général Pierre Semengué, mais laquelle ne survécut malheureusement pas à l’amateurisme qui avait présidé sa création. Ce fut dans les années 80.

En nourrissant l’idée d’une ligue professionnelle, les initiateurs devraient donc avoir retenus des enseignements nécessaires inhérents à la mise sur pied d’une organisation de ce type, étant donné sa complexité et aussi parce qu’elle requiert une gestion saine et rigoureuse. Si l’on ne veut  pas que comme la linafoote, la ligue professionnelle passe elle aussi tel un météore. Mais l’avènement éventuel de la ligue pro peut d’ores et déjà susciter quelque appréhension quant à la mise en place de son organe de direction, j’allais dire de gestion. La déclaration (indécente il faut le dire) de Iya Mohamed il y a quelques jours de cela à Yaoundé lors d’une réunion du bureau exécutif, et selon laquelle le président de la ligue professionnelle sera nommé, ainsi que ses collaborateurs, aura interloqué plus d’une personne.  Pour la simple et bonne raison que le temps est à jamais révolu où les présidents de fédération étaient nommés. 

En football, la procédure est davantage inacceptable, et seul compte aux yeux de l’instance faîtière ( la Fifa ) le président élu. L’on prendrait alors le risque de se mettre à dos la fédération internationale qui, ce faisant, ne pourrait pas reconnaître la ligue professionnelle du Cameroun. Mais d’aucuns ont cru percevoir dans l’annonce du président en exercice de la Fécafoot comme un ballon d’essai destiné à voir la réaction de ses collaborateurs au bureau exécutif. Il est vrai qu’une nomination viendrait démystifier le système électoral on ne peut plus vicié de mise à la Fécafoot (le président pouvant se faire élire  autant de fois qu’il voudrait par des membres du  bureau exécutif acquis d’office à sa cause), mais ce serait faire entorse à une réglementation qui régit désormais le football mondial. Ceci étant, l’on s’attendrait, le moins du monde, que le président de la future ligue professionnelle soit quelqu’un qui ne bénéficie pas de suffrages électoraux.

Le point focal de l’actualité sportive au plan national, c’est également cette question de primes impayées de Samuel Eto’o Fils. A quelque chose, malheur est bon, dit le dicton. Peut-être avait-il fallu cette énième débâcle de l’équipe du Cameroun à la coupe d’Afrique des nations 2012 pour que le pot aux roses soit découvert. Au lendemain du loupé mémorable du penalty qui avait été sifflé contre l’équipe du Sénégal et qui aurait pu, en cas de réussite, donné à l’équipe du Cameroun d’être encore des potentiels challengers pour la prochaine Can, l’avant centre attitré de l’équipe nationale du Cameroun avait cru devoir s’engager à une sortie médiatique. Et bien qu’ayant auparavant battu sa culpe et demandé clémence à un public camerounais courroucé à souhait à l’issue du match, d’aucuns avaient pensé que c’était la fuite en avant de la part de Samuel Eto’o.

Mais quelqu’eut été le motif de la présence du joueur à Stv, cela s’était avéré plutôt salutaire. Car  Eto’o Samuel s’était laissé aller dans de croustillantes révélations et dont la question de primes qu’il n’a jamais perçues n’était pas la moindre : « Je paie moi-même mon billet d’avion (...) Le jour où il y a rassemblement, je n’attends pas qu’on me prenne un billet d’avion... », déclarait-il à Stv – au lendemain du match contre le Sénégal à Yaoundé, ajoutant par la même occasion qu’il n’a jamais perçu de primes de match, lesquelles seraient pourtant déchargées dans le registre commis pour. Samuel Eto’o ne percevant pas ses primes, qui donc émargerait en son nom ? Mystère et boule de gomme. L’affaire fait grand fruit dans les milieux du football camerounais ; et suscite des commentaires les plus enflammés dans l’opinion publique.

Michel Zoah pris de stupeur, réclame une enquête. Mais telle que l’affaire se décline, ce n’est ni plus ni moins qu’un détournement de deniers publics, si tant est que cet argent n’est pas reversé au trésor public. Il s’agit d’une pratique devenue récurrente en équipe nationale de football. Il y a quelques années aujourd’hui, Yannick Noah, alors préparateur psychologique de l’équipe nationale sous l’ère Philippe Mbarga Mboa (Minsep), s’était plaint de ce que des gens émargeaient en son nom, alors qu’il avait convenu d’offrir gracieusement ses services à l’équipe du pays de ses origines. Il n’y a pas longtemps non plus, les multiples accompagnateurs des Lions Indomptables avaient été épinglés de restituer le trop perçu des primes qui leur avaient été allouées. C’était au cours de la randonnée sud africaine (coupe du monde 2010) où le Cameroun fit chou blanc. Mais de cette histoire de trop perçu de primes, on n’en connaît pas l’issue. Ainsi va l’équipe nationale de football. Une véritable vache à lait... à traire à fond.

Germain Koumyo Ekwe


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