25/07/2011 18:25:39
Le Guen: Savez vous les pripties que j'ai rencontr avec le Cameroun?
Paul Le Guen évoque son parcours d'entraîneur avec Lyon, sa participation à la Coupe du Monde de la FIFA 2010 sous les couleurs du Cameroun, ses ambitions avec Oman, sans oublier l'avenir du football français.
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Paul Le Guen est entré dans l'histoire du football français et de l'Olympique lyonnais en remportant trois titres de champion d'affilé avec les Gones entre 2002 et 2005, trois Trophées des champions et en atteignant deux fois de suite les quarts de finale de la Ligue des champions de l'UEFA.

Après avoir tutoyé les sommets à Lyon, Le Guen a entraîné les Glasgow Rangers puis le Paris Saint-Germain, club avec lequel il a connu la gloire en tant que joueur. Il a ensuite qualifié le Cameroun pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. Malheureusement, les Lions Indomptables ont quitté la compétition dès la phase de groupes. À 48 ans, le Breton s'est lancé dans un nouveau défi en signant avec la Fédération omanaise de football. Il prendra les reines de la sélection du sultanat pendant les qualifications de la Zone Asie pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014.

FIFA.com a rencontré le technicien français pour un entretien exclusif au cours duquel il évoque son parcours d'entraîneur avec Lyon, sa participation à la Coupe du Monde de la FIFA 2010 sous les couleurs du Cameroun, ses ambitions avec Oman, sans oublier l'avenir du football français.

Vous avez choisi d'entraîner Oman, alors que vous faisiez l'objet de nombreuses sollicitations. Qu'est-ce qui a motivé votre décision ?
J'ai rencontré à deux reprises le président de la fédération omanaise à Londres en février et en avril. Le courant est tout de suite passé entre nous. J'avais beaucoup de propositions et j'ai choisi en mon âme et conscience. C'est une nouvelle aventure qui démarre. Cette solution me donne l'opportunité de continuer à travailler avec mes amis, ce qui compte beaucoup pour moi.

Il s'agit de votre première expérience au Moyen-Orient. Le choc culturel vous fait-il peur ?
Pas du tout. Bien sûr, on ne peut pas nier que ces différences culturelles existent. L'important pour moi est d'écouter les conseils de mes assistants, notamment Mohanna Said, qui connaît bien la région. Je devrai m'entourer des bonnes personnes. Cela dit, je pars confiant. J'ai toutes les clefs en main et je pense que nous ferons du bon boulot.

Vous prenez la succession de Claude Le Roy, qui a laissé un bon souvenir à Oman. Pensez-vous pouvoir en faire de même dans le Golfe ?
Certainement, je suis là pour ça. Claude Le Roy a fait du bon travail ici et c'est à mon tour de reprendre le flambeau. J'ai beaucoup de respect pour Claude, mais je dois aussi apporter ma touche personnelle pour bien travailler.

Quel est votre objectif avec les Rouges ?
Il s'agit plus d'un rêve que d'un objectif à proprement parler. Nous allons tout faire pour nous qualifier pour la Coupe du Monde. De nombreuses équipes nous sont supérieures et nous sommes loin d'être favoris. Mais nous devons croire en nos rêves et essayer de créer la surprise.

Parlons de votre parcours avec Lyon et vos trois titres consécutifs de champion de France. Quelle est le secret d'une telle réussite ?
Nous avions des joueurs exceptionnels et un mental d'acier. Mes hommes se dépassaient sur le terrain même si notre effectif était limité. J'avais à ma disposition 17 ou 18 joueurs avec un équilibre entre les postes. Les gars répondaient toujours présents sur le terrain aussi bien physiquement que mentalement. C'est un souvenir formidable.

Vous avez dirigé la sélection camerounaise lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™. Pourquoi l'équipe a-t-elle perdu ses trois matches ?
Je trouve ça étrange qu'on parle toujours des problèmes sans rappeler que nous étions derniers de notre groupe. Il faut bien avouer que notre qualification tenait du miracle et garder cela en tête. J'ai été très déçu par notre performance en Coupe du Monde. Mais il faut parfois aborder les choses avec du recul et se remémorer les épisodes précédents. On a échoué car on n'a pas trouvé la cohésion nécessaire, peut-être parce que je n'ai pas choisi les bons joueurs.

Pensez-vous que le Cameroun et les équipes africaines en général ont été victimes de leur manque d'expérience ?
Non. On est passés à travers parce que nous n'avons pas su retrouver la cohésion et d'esprit d'équipe qui avaient fait notre succès lors des qualifications. Dans cette phase, nous avions un objectif commun qui soudait le groupe. En Afrique du Sud, ce n'était plus le cas.

Que pensez-vous des autres équipes africaines ?
Les équipes africaines ne manquent pas de motivation mais elles ne doivent pas oublier que l'esprit d'équipe est primordial. Pour gagner, il faut jouer comme un seul homme.

En tant qu'entraîneur français, qu'avez-vous pensé du parcours désastreux des Bleus ?
J'étais très déçu. Je pense que les joueurs eux-mêmes regrettent ce qui s'est passé. Parfois, il faut savoir reconnaître ses erreurs et tourner la page.

Quel est le rôle de l'entraîneur dans de telles situations ?
Je ne veux pas donner de leçons. Chaque technicien doit gérer son lot de problèmes. J'avais les miens avec le Cameroun. Il est facile de porter des jugements à la va-vite lorsqu'on voit les choses de l'extérieur, mais la réalité est souvent plus compliquée. Avez-vous une idée de toutes les péripéties que j'ai pu rencontrer avec le Cameroun ? L'entraîneur est le mieux placé pour juger de ce qui s'est passé et en tirer les enseignements.

Comment voyez-vous l'avenir du football tricolore?
Je suis optimiste. L'élection d'un nouveau président à la tête de la fédération est une étape importante. Je me réjouis que ce soit Noël Le Graët, un homme que je connais bien. Il représente à mes yeux le meilleur choix pour l'avenir.

Le football français doit-il à nouveau s'appuyer sur les sélections de jeunes, sachant que l'équipe de France s'est qualifiée pour la première fois depuis 2001 pour la phase finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA ?
Nous n'avons jamais relâché nos efforts au niveau des jeunes et je pense que nous possédons de bons centres de formation. Pour moi, le plus important, c'est l'état d'esprit et le mental. Si nous parvenons à tirer les leçons de la Coupe du Monde, les choses devraient s'arranger dans les années à venir.

Un mot sur l'organisation de cette Coupe du Monde africaine…
Malgré nos trois défaites, j'ai vécu une expérience incroyable. Notre participation tenait du miracle. Lorsque j'ai pris en main la sélection en début d'année, je n'aurais jamais pensé participer à cette Coupe du Monde qui restera gravée dans les mémoires.

Pour finir, vous verra-t-on en 2014 au Brésil avec Oman ?
(Rires) J'espère y être avec mon équipe. A défaut, j'y serai quand même en tant que spectateur. Quand on est passionné, on n'hésite pas à voyager pour assister à la grand-messe du football mondial, quel qu'en soit le prix.

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