30/08/2011 04:07:09
Un sportif amput qualifi pour le 400 m des championnats du monde d'athltisme
Cela mérite d'être connu. Oscar Pistorius, un jeune coureur paralympique sud-africain, amputé des deux jambes, va se mesurer aux sportifs valides lors des championnats du monde d'athlétisme, fin août en Corée du Sud. Du jamais-vu.
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Cela mérite d'être connu. Oscar Pistorius, un jeune coureur paralympique sud-africain, amputé des deux jambes, va se mesurer aux sportifs valides lors des championnats du monde d'athlétisme, fin août en Corée du Sud. Du jamais-vu.

Il a appris à marcher avant même de comprendre qu'il n'avait pas de pieds. Amputé dès l'âge de 11 mois à la suite d'une malformation congénitale et équipé de prothèses six mois plus tard, Oscar Pistorius a toujours couru, joué, grimpé sans jamais se considérer comme différent.

« Nos handicaps ne font pas de nous des personnes handicapées, c'est notre habileté qui nous rend valide », affirme ce jeune sprinteur de 24 ans, star des Jeux paralympiques de 2008 à Pékin et médaille d'or sur 100, 200 et 400 m.

Sa volonté farouche et ses résultats exceptionnels ont pulvérisé les obstacles, à tel point qu'il s'est qualifié pour le 400 m des championnats du monde d'athlétisme, à partir du 27 août à Daegu, en Corée du Sud, aux côtés des compétiteurs valides. Or, cet athlète amputé au-dessous du genou court avec des prothèses en carbone profilées comme des pattes de félin, appelées « cheetah » - le nom du guépard en anglais.

Encouragé par ses parents, il a grandi comme un enfant normal. « Ma mère, très croyante, m'a poussé à vivre pleinement. J'ai toujours remercié Dieu pour les talents qu'il m'a donnés. Et mes grands-parents m'ont appris que l'on peut transformer ses rêves en réalité », confie-t-il. Il s'illustre au rugby, au water-polo et apprend à se défendre des moqueries de cours d'école, autant par la bagarre que par l'humour.

La cible de polémiques

Au départ, la passion d'Oscar, c'est le rugby. Mais après s'être blessé sur le terrain, il se tourne vers la course à pied pour sa rééducation. Devant ses résultats exceptionnels, il se lance dans la compétition qui le mènera aux Jeux paralympiques. Ses progrès fulgurants - il a battu 26 records handisports en quelques années - lui ouvrent la porte des compétitions classiques. Pourtant cela n'a pas coulé de source.

Car si Oscar devient la coqueluche des spectateurs et des médias, il dérange dans le monde impitoyable de la compétition de haut niveau. Coup dur, début 2008 : la Fédération internationale d'athlétisme lui interdit la compétition - hors paralympisme - pour la raison paradoxale que ses prothèses lui assureraient un avantage. Mais il fait appel et le Tribunal arbitral du sport (TAS) lui donne raison en mai 2008. Plus rien ne peut l'arrêter.

Avec son dernier chrono de 45 s 07 sur 400 m en juillet, il serait arrivé 5e aux JO de Pékin et 4e aux championnats du monde de 2009. Alors Oscar sera-t-il bientôt sur le podium des mondiaux ? « Je souhaite que mon parcours encourage les personnes handicapées, mais aussi tous ceux qui veulent dépasser leurs limites », explique-t-il.

Son rêve : créer une ONG pour fournir des prothèses à tous les amputés d'Afrique et, bien sûr, devenir l'un des hommes les plus rapides du monde... avec ou sans jambes.

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