23/07/2009 15:52:59
Comité international paralympique : Le Cameroun menacé de radiation
Le désordre et le non-paiement des cotisations sont à l’origine de cette sanction qui court depuis deux ans.
Ateba Biwol
Le Jour
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Depuis 2007, le Comité national paralympique camerounais (Cnpc) et le ministère des Sports ont été saisis par le Comité international paralympique international (Cpi) qui, par le biais de son président Xavier Gonzalez, a fait savoir aussi bien  à Augustin Edjoa, l’ancien ministre des Sports, qu’aux membres du Cnpc que le Cameroun pourrait être radié de son institution s’il ne payait pas ses cotisations avant novembre.

Cet appel semble ne pas avoir été suivi ni par le ministère, ni par le Cnpc, étant donné que jusqu’à ce jour, ces cotisations qui s’élèvent à 200 dollars Us par an ne sont pas toujours payées. Dans une note adressée à Etienne Songa, président du Cnpc, le Cpi fait savoir que « si le Cameroun ne se met pas à jour quant à ses cotisations auprès de notre instance, il se verra simplement radié». « Actuellement, le Cameroun doit payer environ 1. 300. 000 Fcfa. Si on m’avait écouté, je crois que nous ne serions pas dans cette situation, car je décrie ce problème depuis 2002 », confie Jean-Marie Aléokol, vice-président du Comité international des jeux de l’avenir pour personnes handicapées (Cijaphaf) et membre du Cnpc.

En 2003 déjà, le Cameroun avait été suspendu du Cpi à cause du désordre et de l’imbroglio qui existaient déjà entre le ministère des Sports et le Cnpc. Alors qu’au niveau international un Comité national paralympique était reconnu, le ministère des Sports ne reconnaissait pas l’existence de cet organe au Cameroun. Une source au ministère nous apprend qu’« un Comité national paralympique camerounais fictif a été créé par certains de nos compatriotes qui ne l’ont malheureusement pas fait reconnaître par le ministère des Sports, et quand le Comité international a saisi le ministère, celui-ci lui a simplement fait savoir qu’il ne reconnaissait pas cette structure qui intervenait au nom du Cameroun. C’est cette situation qui a fait que le Cameroun soit suspendu en 2003 ».

Après cette suspension, le Cpi a continué d’adresser des correspondances au ministère des Sports pour qu’il reconnaisse le Comité paralympique camerounais existant ou qu’il en désigne un, mais ces correspondances sont restées lettre morte. Malgré cette situation, la Fédération camerounaise des sports pour personnes handicapées (Fécash) ne donne pas l’impression d’être concernée par cette affaire. « Ici, on n’est pas au courant de la suspension du Cameroun et je crois qu’il ne nous revient pas d’en parler, mais au ministère. Allez au ministère, on vous en dira plus », nous conseille, l’air gêné, une responsable de la Fécash.

 

 

Jean-Marie Aléokol Mabiémé : « Le Cameroun sera suspendu à cause des blocages au Minsep »

Le vice-président du Comité international des jeux pour personnes handicapées explique les raisons de l’éventuelle exclusion du Cameroun du Cpi.

Qu’est-ce qui justifie cette radiation qui menace le Cameroun ?

Je crois que cette menace témoigne du désordre qui se vit dans le milieu du sport pour personnes handicapées au Cameroun.

C’est un milieu où certaines personnes profitent sur le dos des personnes handicapées sans rien leur donner en retour. Depuis 2002, les cotisations du Cameroun au Cpi ne sont pas payées. En dehors de ce problème de cotisation, il se trouve que certaines personnes ont affilié des comités nationaux fictifs et le Cpi qui s’en est aperçu a tout de suite suspendu le Cameroun en lui demandant de trouver une solution à cette question. Jusqu’aujourd’hui, aucune solution n’a été trouvée et le Cpi menace de suspendre le Cameroun d’ici novembre.

Quel rôle joue le ministère des Sports dans cette affaire ?


 Le ministère est plutôt muet sur la question ; rien ne bouge et je décrie l’inertie dans cette institution. Tout ce que certaines personnes s’occupent à faire c’est des magouilles pour profiter sur le dos des personnes handicapées qui se trouvent abandonnées. Le ministère a reçu plusieurs correspondances mais il n’a jamais répondu à aucune, ce qui fait que le Cpi a cru au manque de responsabilité du Cameroun. Si cette situation persiste, le Cameroun sera suspendu à cause des blocages au Minsep. Personnellement, j’ai saisi le ministère cinq fois et je n’ai jamais eu de réponse. Je parlerais aussi de la malhonnêteté de certains cadres au ministère qui bloquent certains dossiers pour ne pas les étudier quand ils n’y voient pas un intérêt personnel. D’autres s’érigent en spécialistes des questions des personnes handicapées alors qu’ils ne savent rien de ce domaine ; ils veulent à tout prix conduire des athlètes lors des sorties internationales parce qu’ils savent quel intérêt pécuniaire ils en tirent. A titre d’exemple, en 2007, le Cameroun a remporté 11 médailles aux Jeux africains pour personnes handicapées et les athlètes n’ont pu recevoir que 100. 000 Fcfa comme prime. C’était pareil en cette année lors des ces mêmes jeux au Niger où le Cameroun a remporté 23 médailles. Les athlètes n’ont pu recevoir que 200. 000 Fcfa chacun, alors que les cadres du ministère s’en  sont tirés avec énormément d’argent.

Et la Fécash ?

C’est une structure qui n’existe pas. Depuis 2001, il n’y a plus eu d’élection à ce niveau et le président agit seul, tous ses membres ayant démissionné. Encore que le Cpi a demandé que le Cameroun ait un Comité national pour s’arrimer aux normes internationales. A ce niveau aussi, certaines personnes craignent la création d’un comité national parce qu’elles savent que la clarté qui va régner fera que leurs magouilles soient démasquées.

Y a-t-il encore une possibilité pour que le Cameroun ne soit pas radié ?

Oui, je crois que si nous parvenons à créer un Comité national avant le mois de novembre et que nous entamons des négociations avec le Cpi, on peut résoudre le problème. Tout est encore possible ; on peut rentrer dans les normes.

Ateba Biwol

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