21/10/2011 01:32:10
Pouss vers la sortie, Javier Clemente refuse de quitter le navire
Dans une interview exclusive accordée à Rfi mercredi dernier, le technicien basque persiste et signe qu’il reste le sélectionneur des Lions indomptables et que la fédération n’a jamais évoqué avec lui une éventuelle rupture de contrat.
Le Messager
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Dans une interview exclusive accordée à Rfi mercredi dernier, le technicien basque persiste et signe qu’il reste le sélectionneur des Lions indomptables et que la fédération n’a jamais évoqué avec lui une éventuelle rupture de contrat.

Javier Clemente règle ses comptes ? Possible. Ce d’autant plus que le coach des Lions indomptables est (enfin) sorti de sa réserve et n’a pas tardé à cracher du venin. Lui dont on attendait la réaction depuis la fin des éliminatoires de la Can 2012. Eliminatoires aux lendemains desquels les rumeurs de son licenciement pullulaient dans les médias. Fruit de la « conspiration » des responsables de la fédération camerounaise de football (Fécafoot) et ceux du ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep). Prenant pour alibi que l’homme qui avait pour mission de qualifier le Cameroun pour la coupe d'Afrique a (lamentablement) échoué, ceux-ci n’ont pas tardé à en découdre avec lui. Conséquence : la tête du technicien espagnol était officieusement mise à prix. Le nom de son successeur serait même déjà connu : Denis Lavagne, le manager général de Coton sport de Garoua.

Joint en Espagne par les soins de nos confrères de Rfi, Javier Clemente a démenti les rumeurs sur son départ du poste de sélectionneur du Cameroun. D’ailleurs, « jusqu’à présent, personne ne m’a communiqué la fin de ma mission. Donc, que je sache, je reste en poste », déclare-t-il avant d’ajouter : « j’ai dirigé l’équipe lors du dernier match pour la Can, en Rdc, puis nous avons disputé un match amical en Guinée Equatoriale. Je suis toujours sélectionneur et la preuve est que j’ai programmé pour le mois prochain deux matchs au Maroc et un autre en Algérie. »

Concernant les informations publiées ces derniers jours dans la presse sur son éventuel successeur, Javier Clemente dit ignorer leur provenance, même s’il reconnaît que «la fédération camerounaise a parfaitement le droit de mettre un terme à mon contrat. Dans toutes les équipes, l’entraîneur peut être remercié à tout moment. Mais jusqu’à présent, personne n’est venu m’informer de cela. S’ils veulent que je parte, qu’ils viennent me le dire, je ne leur ferai aucun problème. J’ai de nombreuses propositions, j’irai alors entraîner ailleurs. Mais qu’ils me le disent. »

Mondial 2014

Le sélectionneur dit avoir demandé des explications à Tombi à Roko Sidiki, secrétaire général de la fédération camerounaise, présenté par la presse comme étant à l’origine des rumeurs de son départ. « Il m’a assuré n’avoir jamais tenu de tels propos, insistant sur le fait que remercier un sélectionneur ne fait pas partie de ses compétences. » La Fécafoot a-t-elle peur de dire clairement à son employé ce qu’on lui reprocherait ? Alors que le jour de l’installation du successeur du technicien français Paul Le Guen, Francis Mveng, le vice-président de l’instance faîtière précisait : «tous les deux mois, Javier Clemente viendra au Cameroun pour quinze jours pour superviser les amateurs. Il passera le reste de son temps en Europe, où évoluent les expatriés camerounais afin de les observer.» Consigne qui n'a presque jamais été  respectée. L’ancien sélectionneur de l’Atletico Bilbao n’a jamais passé plus de deux semaines au Cameroun. Pire, en s'opposant au remplacement de Choupo-Moting le 04 juin dernier lors de la confrontation Cameroun-Sénégal, Samuel Eto'o a aussi montré que le technicien espagnol manquait de personnalité et qu’il était de loin le véritable patron du staff technique.

De son côté, Javier Clemente explique : « concernant le fait que je n’habite pas au Cameroun, que certains avancent aujourd’hui comme un problème, ce n’est pas une nouveauté. Je l’avais annoncé d’emblée, quand ils sont venus me recruter. Je leur avais même dit que, à mon avis, le poste aurait dû être confié à un entraîneur local. Comme ils insistaient pour m’engager, j’ai bien précisé que je ne voulais pas m’installer en Afrique, et ils ont accepté. Si maintenant ils changent d’avis, pas de problème, ils pourront engager un entraîneur africain ou camerounais. Il pourra profiter de tout le travail que j’ai accompli. » 

Il va même plus loin en revendiquant de nets progrès dans le jeu produit par son équipe. « L’équipe actuelle n’a plus rien à voir avec celle que j’ai eue au début, en août 2010. J’ai remplacé sept joueurs, j’ai pris des jeunes qui se sont parfaitement intégrés aux quelques anciens que j’ai conservés, et je pense que le futur est très prometteur, sans aller jusqu’à promettre de gagner la coupe du monde. Donc, je ne vois pas pourquoi ils voudraient que je parte, maintenant que l’équipe joue si bien. Je suis très satisfait », déclare-t-il serein. Quant à savoir s’il accepterait de prolonger son contrat, par exemple jusqu’au mondial 2014, l’entraîneur espagnol se montre évasif. « Il n’y a aucune raison de se précipiter, allons d’abord au bout du contrat en cours, s’ils le veulent. Il sera toujours temps d’en parler l’année prochaine. Mais je suis ouvert à tout dialogue », conclut-il. Affaire donc à suivre !

Christian TCHAPMI

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