24/07/2009 17:45:35
Fécafoot et les milliards perdus de Gbs : Les clubs victimes exigent réparation
La faillite de Gtv (filiale du groupe Gbs) en plein championnat d’élite one les a privé d’une subvention déjà budgétisée. Endettés, les clubs réclament remboursement.
Paul Sabin Nana, Olivier Mbll
La Nouvelle Expression
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Comme tous les clubs de D1, AS Matelots de Douala avait, tel que l’exige la Fédération camerounaise de football, tenu à la salle des fêtes de Douala-Akwa, une assemblée générale en prélude à la nouvelle saison sportive 2008/2009.

Face aux supporters et sympathisants de son équipe, nouvellement admise dans le cercle très fermé de l’élite one, Binjamen Djoumessi le président, avait présenté un budget prévisionnel de 75 millions de Fcfa. Dans la colonne des recettes, figurait en bonne place une somme de 29 millions 500 mille Fcfa : 20 millions 500 milles promises sans condition à chaque pensionnaire de première division et 9 millions représentant la prime au classement.

« Au cours d’une réunion avec les responsables de la Fécafoot et ceux de Gtv, il avait été arrêté que le montant de cette prime de rendement variait en fonction de la position au classement en fin de parcours de chaque club, explique Binjamin Djoumessi. « Aussi dans nos prévisions, on se voyait occuper entre la 5e et la 8e place ». Après le coup d’envoi du championnat, les clubs avaient pris rendez-vous au mois de janvier pour recevoir la première tranche de l’enveloppe au montant figé de  20 millions 500 mille. Le rendez vous n’est pas honoré. Plusieurs autres s’en suivront en vain, jusqu’à ce que un matin, la mauvaise nouvelle tombe tel un couperet : « J’étais en pleine séance d’entraînement avec mon équipe quand un coup de fil d’un ami depuis Yaoundé, me fait savoir que Gtv est en faillite. Je n’en revenais pas. Je me suis posé mille et une question sur comment on va pouvoir s’en sortir avec le trou que va laisser dans notre budget cette faillite » affirme Amadou Haman, président de Danay de Yagoua. Akono Ndengué de canon de Yaoundé renchérit en affirmant que, « on s’était déjà endetté pour financer le fonctionnement de notre équipe, tout en sachant que, la subvention de Gtv, qui était à nos yeux un acquis, tomberait incessamment».

Après la désillusion à la suite de la faillite de Gtv, les clubs avaient multiplié des rencontres au sein de leur corporation, l’Acpd (association des clubs de première division) pour exiger réparation de la Fécafoot. Iya Mohammed et ses pairs, mis sous pression en période électorale à la Fédération, avaient promis de tout faire afin que Gtv, même en faillite, fasse bénéficier aussi aux clubs les retombés de sa liquidation. En attendant, le président de l’instance faîtière du football camerounais avait viré début mai 2009, dans le compte de chaque équipe, une somme d’un million de Fcfa. «  Iya vous donne un million pour subvenir à vos besoin en attendant... » Tel se présentait le Sms reçu par chaque président de club. Depuis lors, les clubs attendent en vain « l’argent de la subvention Gtv qui va nous permettre d’aller rembourser nos dettes » déclare le président de AS Matelots.

 

Convention : La Fécafoot et les milliards perdus de Gbs

La liquidation de la société britannique en janvier dernier, a compromis le versement de 2,5 milliards de Fcfa pendant cinq ans, dans les caisses de l’organe fédéral. En rapport avec la cession des droits de retransmissions Tv du championnat Mtn Elite One.
 
Sept mois après la faillite de Gateway broadcasting services limited (Gbs), acquéreur exclusif des droits de retransmissions télévisés des rencontres de première division, la Fécafoot  serait toujours entrain d’étudier  avec son partenaire britannique les mesures de compensations financières, à accorder aux clubs de l’élite One sur la base des engagements contractuels antérieurs. L’union sacrée entre les deux partenaires ayant volée en éclats le 30 janvier 2009, après le déclenchement de la crise financière internationale- les responsables de la firme britannique avaient déclarés avoir investis depuis le début de ses activités en Afrique, un pactole de 200 millions de dollars US (soit 90 milliards de Fcfa). Un investissement qui n’aura pas produit des bénéfices subséquents au moment où survenait la crise financière. L’issue irrémédiable ne devait qu’aboutir à la fermeture  des portes de l’entreprise. En approuvant à l’unanimité un plan de liquidation, le conseil d’administration de Gbs réuni à Londres le 30 janvier dernier avait indiqué que « la crise financière internationale a gravement interrompue la capacité de l’entreprise à obtenir des fonds supplémentaires pour la poursuite de ses activités… ».  La convention signée le 13 août 2008 à Londres entre la Fécafoot et Gbs, avait pour finalité « d’assurer la retransmission télévisée des rencontres de Mtn Elite One ». En contre partie pour l’achat des droits de retransmission, Gbs devait verser 1 million de dollars us par an pendant cinq saisons à la Fécafoot.

Pour faire partager la manne aux clubs de l’élite, la Fécafoot exigera de ces derniers  un cahier de charges comprenant certains préalables. Il avait été demandé aux présidents de clubs de signer des contrats avec joueurs et encadreurs. Le salaire mensuel pour les joueurs a été fixé à partir de  50.000 et de 150.000 Fcfa pour les entraîneurs.
 
La piste Canal+overseas
 
Des commodités auxquelles devaient s’ajouter, la prise en charge des loyers, contrats d’assurances, l’ouverture d’une boîte postale, téléphone fax, et le plan de localisation du siège de chaque club. Des mesures qui visaient, selon la Fécafoot, à engager les clubs dans une première phase de professionnalisme. Sur le pactole  500 millions par an pendant cinq ans promis par Gbs, 10% devait revenir à la Fécafoot « pour l’amélioration de la qualité de la compétition, l’organisation des rencontres, l’entretien des infrastructures, le traitement des arbitres… ». L’autre partie de l’enveloppe devait être repartie entre les 14 clubs de l’Elite, soit  25 millions de Fcfa chacun, et 40 millions de Fcfa réservé au champion au terme de la saison.  Le versement du pactole par le partenaire britannique de la Fécafoot reposait sur le démarrage effectif de la saison 2007-2008. C’est avec un certain empressement que les dirigeants de l’organe fédéral, décident de programmer l’ouverture d’une nouvelle saison le 27 septembre 2008. Question d’être en phase avec les clauses du contrat. Cette initiative est très mal perçue  à l’époque par la tutelle. L’ex-Minsep, Augustin Thierry Edjoa, pose certains préalables avant le lancement d’une nouvelle saison « la finale de la coupe du Cameroun marque la clôture de la saison sportive présidée par le chef de l’Etat,  le règlement de l’affaire Bamboutos de Mbouda et la cession des droits de retransmission des matches à Gbs».

Sur les réserves émises par l’ex-Minsep, seul l’argument de la finale  de la coupe du Cameroun est pris en compte par la Fécafoot.  Le retard pris pour le démarrage d’une nouvelle saison, à la suite de  la suspension  décidée par Augustin Edjoa, ne sera pas sans conséquence pour la Fécafoot et ses membres. La crise financière internationale surviendra,  de façon inattendue et va geler les attentes des clubs camerounais et de la Fécafoot, qui avaient beaucoup misé sur les retombées du contrat passé avec Gbs pour se refaire une santé financière. Une porte de sortie sera même évoquée  pour sortir du naufrage. Le groupe français Canal+overseas va envisager une opération de reprise des parts de marché laissées après la faillite par Gbs. Face aux exigences de Gbs, le groupe français va se désister à la dernière minute.  Présente au Cameroun par le biais de sa filiale Gtv, le bouquet n’attirait que 100.000 abonnés pour un point d’équilibre estimé à 400.000 Fcfa. Avant sa faillite, Gtv était déjà disponible au Botswana, Ghana, Ethiopie, Rdc, Ghana, Tanzanie, Namibie, Rwanda, Sierra Léone, Lesotho, Libéria, Malawi, Ile Maurice, Ouganda, Swaziland, Zambie et Zimbabwé.

Paul Sabin Nana, Olivier Mbll

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