25/07/2009 18:17:48
Zimbabwe: La Coupe du monde pour booster le tourisme
Une décennie après le déclin de l’industrie touristique au Zimbabwe, les chutes de Victoria souhaite se repositionner comme une destination exotique dans la perspective de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Les tours opérateurs peaufinent leurs offres, avec ce que d’aucuns considèrent comme un trop plein d’enthousiasme.
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Victoria Falls, la ville qui abrite les plus grandes chutes du monde, était une destination touristique très prisée. Mais des années de violences politiques et de crise économique ont éloigné les tours opérateurs. Ceux qui s’aventuraient encore dans la zone restaient sur les berges du fleuve Zambèze, du côté zambien des chutes.
 
Il ya dix ans le Zimbabwe a accueilli 1,4 million de touristes qui ont généré 400 millions de dollars américains (281 millions d’euros) pour l’économie locale. L’année dernière ils n’étaient que 223.000 touristes pour un apport de 29,1 millions de dollars.
 
«En ce moment les choses ne se passent pas très bien pour l’industrie touristique. Mais elles sont bien meilleures que l’année dernière où nous n’avons pas eu de touristes du tout en raison des violences politiques», affirme Ollalia Nyoni, un gérant d’hôtel.
 
La formation d’un gouvernement d’union nationale en février dernier est venu relancer l’économie et mettre fin aux violences politiques qui ont suivies les élections de l’année dernière. Ce qui laisse entrevoir un avenir meilleur pour le tourisme zimbabwéen.
 
Les chutes de Victoria sont à 90 minutes en avion de Johannesburg. Le Zimbabwe s’emploie à trouver les voies et moyens pour tirer le maximum de la Coupe du monde dont les matchs vont se disputer du 11 juin au 11juillet 2010.
 
Le mois dernier, les médias publics se sont plaints du fait que les hôtels à Victoria Falls et le service d’hébergement de la Fifa ne se sont pas accordés sur les tarifs à appliquer pour la Coupe du monde. Selon ces médias, les hôteliers zimbabwéens proposaient des tarifs oscillant entre 1000 et 3000 dollars la nuitée (700 à 2100 euros), tandis que pour la Fifa le prix le plus élevé devait être de 500 dollars la nuitée.
 
La ville entend intéresser un nombre important de supporters en multipliant les rotations d’hélicoptères au dessus des chutes. Eléphants, rhinocéros, hippopotames et autres gros mammifères peuplent le parc qui entoure les chutes, ce qui offre des vues spectaculaires en survolant la zone. «Ces animaux et les chutes rendent cette zone unique», a déclaré à l’Afp Nkosilathi Jiyane, maire de Victoria Falls.
 
Six hélicoptères ont déjà une licence pour survoler les chutes. Ce nombre devrait passer à 28. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes de sécurité aérienne dans un espace aérien réduit. De même que des problèmes environnementaux et de pollution sonore.
 
«Etant donné que la Coupe du monde aura lieu dans moins d’un an, les hélicoptères doivent également prouver qu’ils seront une autre attraction», affirme Nyoni. Mais il se trouve déjà des hôteliers pour se plaindre de ce que le bruit va constituer une nuisance, tandis que les environnementalistes s’inquiètent des effets sur la faune qui pourraient ne pas rester sans conséquences sur ce site classé patrimoine de l’humanité.
 
«Nous devons endurer au quotidien le bruit et l’irritation qui découlent du survol permanent des hôtels de Victoria Falls», a écrit un groupe d’hôteliers à la Commission en charge de la préservation des sites classés patrimoine de l’humanité.
 
Pour Ian du Preeze, conservateur à la réserve de faune de Victoria Falls, «la reproduction des animaux pourrait être perturbée puisque ceux-ci seront à la recherche d’endroits plus calmes. Victoria Falls est une petit site qui ne peut pas être survolé par tous ces hélicoptères».
 
Le parc national du Zambèze et les chutes de Victoria couvrent une superficie de 56.000 hectares.
 
«C’est l’une des décisions les plus difficiles que nous devons prendre en tant que commune. C’est une question de profit contre l’environnement», a déclaré Jiyane.
 
Le débat sur comment attirer les touristes a quelque peu occulté les efforts pour rassurer les voyageurs surtout après l’épidémie de choléra qui a frappé le Zimbabwe l’année dernière.
 
Mais Nyoni insiste sur le fait que le gouvernement d’union nationale en place et l’imminence de la Coupe du monde, doivent amener le Zimbabwe à se projeter. «Les arrivées de touristes ne sont pas aussi élevées que nous l’aurions souhaité. Mais pourquoi devons nous rester dans une approche minimaliste, nous devons planifier l’avenir», a déclaré Nyoni. «Planifier suppose scruter l’avenir avec de bons résultats».

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