09/11/2011 06:14:32
Samuel Eto'o-Denis Lavagne : l'impossible cohabitation ?
Lavagne finira-t-il par se plier à l'Eto'dépendance dans la tanière ou réussira-t-il (enfin) à briser le signe indien ?
Le Messager
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Moins d’une semaine après la sortie du capitaine des Lions indomptables, qui, volant au secours de son désormais ex sélectionneur, s’opposait au recrutement de l’ancien manager général de Coton sport de Garoua, le ministre des Sports et de l’Education physique désignait une nouvelle équipe à la tête de la sélection nationale. Lavagne finira-t-il par se plier à l’Eto’dépendance dans la tanière ou réussira-t-il (enfin) à briser le signe indien ?

« Je pense que Samuel Eto’o est capitaine avant la coupe du monde, aujourd’hui je ne vois pas pourquoi il ne serait pas le capitaine de l’équipe. Je ne vois pas pourquoi on lui enlèverait le capitanat. C’est une décision qui me paraît tout à fait logique, normale, je ne vois pas pourquoi on aurait fait autrement », dixit Denis Lavagne au cours de sa toute première conférence de presse en tant que patron de l’encadrement technique des Lions indomptables. Le nouvel entraîneur sélectionneur répondait ainsi à une question d’un journaliste qui voulait savoir si sous l’ère Lavagne ce brassard à problème changerait enfin de porteur. Une question qui avait quelque peu embarrassé le technicien français. Lui qui est conscient qu’en dehors des missions (officielles) qui lui ont été assignées, il devra également, avec l’aide de ses collaborateurs, assainir la tanière.

Craignait-il de subir les foudres du footballeur le plus rémunéré de la planète ou a-t-il simplement voulu à travers cette marque de confiance renouveler, faire dans la continuité comme lui-même semblait si bien l’indiquer ? Seul Lavagne sait à quoi il joue. Le moins que l’on puisse dire (sans pour autant être des oiseaux de mauvaise augure), c’est que la cohabitation Eto’o-Lavagne ne se passera pas sans heurt, car le capitaine des Lions indomptables, connu pour ses errements ne semble pas disposé à collaborer avec le nouveau caoch. Mais sauf peut être à bouder dans son petit coin, il n’a pas de choix que de se plier à la décision- souveraine- des autorités du sport.

Savoir faire

D’ailleurs le sociétaire de l’Anzhi Makhatchkala s’était déjà ouvertement opposé au licenciement de Javier Clemente dont il défendait, toutes les bévues, non sans dévoiler sa main mise sur certains choix tactiques l’Espagnol. Son refus catégorique au remplacement d’Eric Maxime Choupo Moting le 4 juin 2011 au stade Ahmadou Ahidjo est un cinglant cliché. C’est dire à quel point Eto’o aimait Clemente et était prêt à tout pour le garder à la tête de l’équipe, malgré sa mollesse dans les prises de décisions et l’absence de résultats.

Tentant une esquisse de bilan du passage du technicien basque et de ses collaborateurs à la tête de l’équipe nationale fanion, Samuel Eto’o déclarait : «je suis assez fier de tout le travail qui a été fait, surtout le travail des encadreurs que sont M. Javier Clemente, François Omam Biyik, Jacques Songo’o. Si on n’avait pas eu la chance d’avoir un entraineur d’expérience comme Javier Clémente, si on n’avait pas eu des grands frères comme eux, il aurait été difficile de résoudre certains problèmes qu’il y a avait dans le groupe et que tout le monde connait. Grâce au savoir faire de tout ces gens, on a retrouvé une équipe capable de faire des merveilles. » Des paroles de gratitude qui montraient bien que Eto’o votait pour le maintien de l’ancien coach de l’Athletico Bilbao. 

Réagissant au sujet de Denis Lavagne, alors pressenti pour succéder au coach espagnol, le joueur annonçait qu’il devait se prononcer sur la question en temps opportun. « Si les dirigeants pensent que c’est ce qui est bien pour l’équipe nationale parce qu’ils voient d’une certaine façon, je vais me prononcer le moment venu pour dire ce que j’en pense », lâchait-il alors.

Paul le Guen dans l’Eto’o

Paul Le Guen en sait quelque chose. On se rappelle que trois jours après la déconvenue du Cameroun face au Japon (0-1), lors de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, Eto’o a fait tomber le masque. L'ancien attaquant intériste avait alors surfé sur le mécontentement croissant qui régnait autour de l’entraîneu- sélectionneur pour plomber un peu plus l'ambiance au sein de la tanière : «le Cameroun a fait le choix de prendre Paul Le Guen comme sélectionneur et il faut qu'il se mette face à ses responsabilités. A la fin du Mondial il devra rendre des comptes, tout comme moi en tant que joueur», déclarait le Pichichi, au micro de nos confrères de Canal +.

Car après s'être impliqué dans la faillite collective de son équipe, Eto'o tentait de se dédouaner en expliquant que son niveau de jeu en sélection dépendait surtout des choix tactiques de l'ancien coach du Paris Saint-Germain : «j'ai joué dans un registre où Paul Le Guen souhaitait que je le fasse parce qu'il trouvait que l'équipe avait peut-être un coup à jouer si je jouais à droite. J'ai défendu comme un latéral, j'ai attaqué, j'ai essayé de mettre mes coéquipiers dans les meilleures conditions pour qu'ils puissent terminer le boulot. J'ai joué toute ma vie à un certain poste. Je suis le meilleur buteur de l'équipe nationale de l'histoire du football camerounais, parce que j'ai joué à un certain poste», se vantait-il, histoire de rappeler qu’il a tout fait pour que l’équipe demeure indomptable.

Denis Lavagne aura-t-il assez de cran et de charisme pour ramener Eto’o à l’ordre ? Sera-t-il en mesure de lui rappeler chaque fois que son rôle dans cette équipe c’est de porter avant tout le Cameroun à la victoire comme le font les autres stars de son acabit dans leurs équipes nationales ?

Christian TCHAPMI

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