11/11/2011 03:38:52
L'entre-jeu. Impasse sur la Ligue Pro
Les dirigeants de la fécafoot ont mis la finale de la coupe à la remorque du président de la République. Aussi longtemps que celui-ci ne trouvera pas dans son agenda le moindre espace qui lui sied pour aller au stade, celle-ci pourra toujours attendre. Il est en effet déjà arrivé que Paul Biya fixe la finale de coupe un jour...ouvrable (mercredi) et souvent annoncé 24 heures seulement avant sa tenue.
Le Messager
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Il y a quatre mois que les fédérations, toutes les fédérations de football existant sur le continent, ont révélé les noms de leurs représentants à la coupe de la confédération africaine. Au terme, bien entendu, des verdicts des finales nationales de coupe. Traduction facile : il n’existe pas sous les tropiques de pays où le rideau ne soit pas encore tiré sur la saison 2010/2011. Ou si, il en existe un : le Cameroun. Cela n’est pas une nouveauté. Le pays des Lions indomptables est coutumier de cette posture. Alors que la compétition au plan de la nouvelle saison 2011/2012 bat son plein sous tous les cieux, conformément à un programme arrêté et exécuté à la lettre, l’on est, au Cameroun, sans le moindre écho de la finale de la coupe.

Les dirigeants de la fécafoot ont mis la finale de la coupe à la remorque du président de la République. Aussi longtemps que celui-ci ne trouvera pas dans son agenda le moindre espace qui lui sied pour aller au stade, celle-ci pourra toujours attendre. Il est en effet déjà arrivé que Paul Biya fixe la finale de coupe un jour…ouvrable (mercredi) et souvent annoncé 24 heures seulement avant sa tenue. Dévoyant de fait le plus grand événement sportif de l’année.

On ne s’explique pas pourquoi à la fécafoot l’on ne fixerait pas la date de la finale, quitte à ce que le chef de l’Etat puisse envoyer- au cas où il ne le pourrait pas lui-même – un membre du gouvernement la présider en son nom. On a vu par le passé, le ministre de la Jeunesse et des Sports présider la finale de coupe : un certain Union Dihep à Douala avec Ibrahim Mbombo Njoya (alors ministre de tutelle) à la tribune en lieu et place du chef de l’Etat. Il est inimaginable que quatre mois après la fin du championnat, la finale de la coupe ne se soit pas jouée. Il n’y a vraiment qu’au Cameroun qu’une telle ineptie peut s’observer. Coton sport et Unisport, finalistes de cette édition 2011, sont sur la paille. Installés dans une incertitude stressante, les joueurs ne savent plus à quel saint se vouer pour se sortir de l’angoisse.

Quel match de coupe peut-on attendre des joueurs finalement au bout du rouleau, et qui seront indéfiniment restés sous pression ? Soyez prêts ; restez vigilants les gars, car vous ne savez ni quand, ni le jour que vous sera annoncée la finale, renseigne-t-on au Minsep et à la Fécafoot. Une question, au vu de tous ces errements et mig mag, se pose à brûle pour - poing : au moment où le professionnalisme est à l’air du temps, le football camerounais parviendra-t-il à se défaire de toutes ses lacunes pour la voie de la modernité. On en parle seulement à peine que des écueils sont d’ores et déjà perceptibles, qui pourraient être un frein à son évolution sur les sentiers à emprunter.

A quelques mois seulement de son démarrage, la ligue professionnelle reste encore perçue comme une simple vue de l’esprit. Les moyens techniques et financiers énoncés ne sont pas de nature à assurer sa pérennité. Insuffisance d’infrastructures (tous les stades n’ayant pas de gazon et les clubs ne disposant pas de terrains d’entraînement propres). C’est du moins ce qu’exige la fédération internationale de football association (Fifa) à tous les pays membres, fixant par ailleurs le mois de janvier 2012 comme délai de rigueur à tous les aspirants au professionnalisme ; Les pays qui ne respecteront pas ce délai, menace également la Fifa, seront exclus de la fédération.

L’épée de Damoclés est donc suspendue sur la tête des dirigeants du football camerounais qui croient pouvoir engager notre football sur la voie du professionnalisme chose appréciable du reste ; cependant peut-on résolument et fermement s’y engager sans moyens subséquents ? Des quelques 700 millions prévus pour le lancement de la ligue pro, la Fécafoot qui se serait portée garante de verser 400 millions n’en aurait donné que 50 millions alors que l’Etat n’a pas libéré le moindre kopeck des 300 millions promis. L’occasion n’aurait pas été aussi propice pour paraphraser quelqu’un : « le temps est aux grandes réalisations ». Point de tergiversations donc. 

Germain Koumyo Ekwe


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