17/11/2011 04:42:13
Cameroun- Algrie. Les dessous d'une impuissance managriale
Le match amical Algérie-Cameroun n’a finalement été qu’un coup de pub. Une histoire de mauvaise intendance si l’on s’en tient aux dires des responsables de la Fécafoot pour expliquer ce «dribble» qui a plongé le public algérien dans une ire incontrôlable. Genèse d’une guerre ouverte entre joueurs et responsables fédéraux.
Le Messager
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Le match amical Algérie-Cameroun n’a finalement été qu’un coup de pub. Une histoire de mauvaise intendance si l’on s’en tient aux dires des responsables de la Fécafoot pour expliquer ce «dribble» qui a plongé le public algérien dans une ire incontrôlable. Genèse d’une guerre ouverte entre joueurs et responsables fédéraux.

L’organisation de ce match à problème a été annoncée lors de la conférence de presse de coach Vahid précédant le dernier match des éliminatoires de la Can 2012 le 9 octobre dernier à Alger, contre la République centrafricaine (Rca). Aucune information n’a été fournie par la Faf concernant les modalités d’organisation de cette joute amicale. La seule certitude semble être les intentions affichées avant ce stage entamé mardi dernier à Sidi Moussa par le sélectionneur national. Celui-ci a confié qu’il comptait aligner son équipe de base devant le Cameroun, laissant aux réservistes le soin d’affronter la Tunisie. Des informations avaient circulé laissant entendre que c’est l’équipementier Puma qui serait derrière l’idée d’une telle opposition. Ce qui engendrerait des incidences financières non négligeables au profit des joueurs dont certains, aussi bien dans le camp algérien que camerounais, ont des contrats avec d’autres équipementiers.

Lors de la cérémonie organisée la semaine dernière à Londres, Eto’o arborait le nouveau maillot des Lions indomptables confectionné par Puma. Une présence toute symbolique tant le capitaine des Lions semblait refroidi par la décision prise, fin septembre dernier, par son équipementier d’opter pour Cesc Fabregas comme nouvel ambassadeur de la firme en Europe. Ce n’est pas l’avis de la fédération algérienne qui, comme on peut le constater sur son site a pondu, l’espace de quelques heures, deux laconiques communiqués. Le premier pour dire que le partenaire camerounais n’a pas adressé la moindre correspondance annonçant le forfait de sa sélection et un second, en milieu de soirée, confirmant le report officiel de la rencontre : «Le président de la fédération camerounaise de football, Mohamed Yia (Iya, ndlr), a informé ce soir (lundi) à 21h la fédération algérienne de football de l’impossibilité pour son équipe nationale de se déplacer à Alger pour le match amical Algérie-Cameroun prévu depuis longtemps pour le mardi 15 novembre 2011.»

Le rôle trouble d’Alexandre Ribeiro

Les Lions indomptables, qui venaient de remporter la 17ème édition de la LG Cup, dimanche 13 novembre 2011, ont donc fait faux bond aux Algériens. A cause d’une «prime de présence» que les coéquipiers de Samuel Eto’o réclamaient depuis le début du stage de Marrakech, il y a une semaine. Le Cameroun n’est pas à son premier contre-pied. Avec ce rendez-vous manqué contre l’Algérie, le pays avait déjà manqué à ses engagements en annulant cette année, et pour diverses raisons, ses matches contre la Chine (février), le Gabon (mars), le Salvador (août), et le Mexique (septembre). Mieux, la programmation en Algérie de ce 1er rendez-vous entre deux sélections éliminées de la 28e phase finale de la Can 2012 est le fruit de l’annulation du match Cameroun-Côte d’Ivoire.

Une décision qui a été prise suite aux offres faites à la Fécafoot par le manageur Fifa, Alexandre Ribeiro. L’agent portugais sollicité par Iya Mohammed, président de l’instance du football camerounais, avait, au lendemain du dernier match des éliminatoires de la Can entre le Cameroun et l’île Maurice, annoncé aux médias locaux son nouveau plan. «La période la plus importante pour moi, c'est novembre parce qu'on a une semaine complète. Là, on trouve de bons matches. Je travaille pour 2012 et 2013. Je peux vous garantir que le Cameroun aura de bons matches amicaux », avait-il déclaré au journal Cameroon Tribune. L’agent de match agréé par la Fifa, sous contrat avec la Fécafoot, a fait valoir la prime conséquente à engranger lors du tournoi de Marrakech (60 000 dollars pour le vainqueur) et la prime de présence pour le match amical face aux Algériens (dont le montant n’a pas été révélé), pour convaincre la partie camerounaise.

Présent au Maroc, Alexandre Ribeiro s’est montré impuissant, en tout cas peu convaincant, devant les exigences de Song, Kameni et Eto’o. La star de l’Anzhi Makhatchkala, qui a quitté le Palmeraie Golf Palace de Marrakech juste après la rencontre avec le Maroc, était le premier à lâcher la bombe à la face des responsables de la délégation camerounaise.

Qui veut la tête d’Iya Mohammed ?

Dans une déclaration à la Cameroon radio and television (Crtv), vendredi dernier, jour du match Cameroun- Soudan (3-1), le quadruple ballon d’or africain a allumé la Fécafoot en révélant cette histoire de primes à allouer aux joueurs aussi bien pour le tournoi LG que pour le match d’Alger. D’ailleurs, aussitôt le tournoi fini, les joueurs montaient au créneau pour connaître la teneur du contrat signé par la Fécafoot avec Alexandre Ribeiro s’agissant du match de ce 15 novembre en Algérie. L’agent portugais, qui a tenté de jouer le médiateur, a été tout simplement largué par les représentants des joueurs (Song, Makoun et Kameni). Ces derniers, qui avaient exigé d’abord de toucher la prime (1 million de francs cfa) avant de s’envoler pour Alger semblaient revenir à de meilleurs sentiments en fin d’après-midi de lundi. Mais, après une séance de décrassage effectuée dans une salle du complexe sportif de Marrakech, ils font savoir aux responsables de la Fécafoot qu’ils n’ont plus envie de jouer le match contre les Verts, encore moins de toucher ladite prime.

Ils rédigent un communiqué dans lequel ils expliquent les raisons de leur refus de se rendre à Alger. «Considérant l'absence de prime de présence, prime qui est une institution à chacun de leurs regroupements» et «considérant que le problème de paiement de la prime a été posé depuis une semaine et qu'aucune solution n'y a été apportée», les joueurs ont décidé de ne pas se déplacer à Alger pour rencontrer les Fennecs. Informé, le président de la Fécafoot a tenté, vers 19h30, une dernière injonction. En vain. Pressé par son homologue algérien de connaître le nouveau planning, Mohamed Iya a donc appelé  Mohamed Raouraoua pour lui annoncer, vers 21h, l’impossibilité d’honorer ses engagements. Le match Algérie-Cameroun est alors officiellement annulé. Pour beaucoup d’observateurs, il ne s'agirait que d'un prétexte pris par certains joueurs, dont Samuel Eto'o, pour faire tomber le président de la Fecafoot. Info ou intox ?

Une bavure de trop !

Le coup difficile à digérer par le public algérien n’était pas le premier du genre dans le football camerounais, en Afrique en général. Les équipes africaines ont souvent agi de la sorte ; que ce soit au niveau des clubs ou par rapport aux sélections. Sur le double plan local et international. L’histoire retiendra les démêlés des internationaux camerounais à la veille de la participation du Cameroun à sa première phase finale du Mondial 1982. A cette époque, les Lions Indomptables étaient montés au créneau pour exiger de la Fécafoot le paiement de leur au terme des éliminatoires zonales. La même rengaine a souvent prévalu. A chaque fois, l’Etat était intervenu pour dénouer la crise.

Christian TCHAPMI / lesoirdalgerie.com

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