13/12/2011 04:58:25
Coupe du Cameroun: Samuel Eto'o ravit la vedette Paul Biya
Le président de la République n’était visiblement pas la seule star hier au stade Ahmadou Ahidjo. Loin s’en faut. Une heure avant son arrivée, une autre « personnalité de la République » a créé l’hystérie parmi les spectateurs qui attendaient calmement à l’entrée du stade.
Le Messager
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Le premier test grandeur nature du gouvernement Biya

Les créatures entourant le créateur ! L’image méritait qu’on s’y attarde. Chaudes empoignades entre Ama Tutu Muna et Philémon Yang. Large sourire du jeune premier Atangana kouna à ses pairs ; tapes amicales entre André Mama Fouda et Issa Tchiroma Bakary, sourire en coin de Laurent Esso devant une Jacqueline Koung à Bessike qui ne peut contenir sa joie ; salutations chaleureuses entre Narcisse Mouelle Ekombi, Adoum Garoua et Jacques Fame Ndongo…

L’ambiance était à la fête dimanche 11 décembre 2011 au stade Omnisport Ahmadou Ahidjo. A la pause, les nouveaux hommes de Paul Biya ont échangé. En fait personne n’a manqué à l’appel. Du moins, personne parmi les nouveaux promus, ceux qu’on a maintenus en poste ou encore ceux dont le portefeuille a été modifié. A l’occasion de cette 52ème édition de la finale de la finale de la coupe du Cameroun de football, le nouveau gouvernement était là au grand complet. Ministres, ministres délégués, secrétaires d’Etat… C’est avec beaucoup de curiosité que les spectateurs se sont arrêtés pour voir les « heureux élus » attendre leur véhicule à la fin de la rencontre. Madeleine Tchuente, Luc Magloire Mbarga Atangana, Philippe Mbarga Mboa, Ismaël Bidoung Mkpatt, Moukoko Mbondjo, Louis Paul Motaze, Jean Baptiste Bokam et même Lazare Essimi Menye dans une tenue très décontractée recevant des « mes félicitations monsieur le ministre » à n’en plus finir.

Sans doute un signe de gratitude à l’endroit du prince qui pour certains leur a renouvelé sa confiance, et pour d’autres, a tenu à les intégrer dans son gouvernement de grandes réalisations. Visage froncé et regard froid cependant pour certains « lésés » à l’instar d’Amadou Ali qui ne s’est pas beaucoup plié à cet exercice qui ne lui est pas trop familier.

Le calvaire des présidents de fédérations

Pas très aisé de serrer la main du chef de l’Etat. Le chemin est long et exige un sacerdoce. La trentaine de présidents des fédérations sportives ont dû l’apprendre à leur dépens. Ceux-ci ont passé environ une heure sur la canicule à attendre l’arrivée solennelle de Paul Biya qu’on annonçait imminente toutes les dix minutes. Debout dans le carré à eux réservé, ils ont dû user de beaucoup de patience pour supporter ce supplice qui leur est imposé chaque année lors de la cérémonie officielle de clôture de fin de saison.

Sous le regard moqueur des spectateurs qui se payaient leurs têtes, ils ont soufflé sur le chaud et le froid. Pour tuer le temps, ceux-ci ont engagé des petits commentaires jusqu’à ce que le cortège présidentiel fasse son entrée dans l’antre de Mfandena. Ne dit-on pas souvent que chaque chose a un prix ?

Samuel Eto’o ravit la vedette à Paul Biya

Le président de la République n’était visiblement pas la seule star hier au stade Ahmadou Ahidjo. Loin s’en faut. Une heure avant son arrivée, une autre « personnalité de la République » a créé l’hystérie parmi les spectateurs qui attendaient calmement à l’entrée du stade. Il s’agit de Samuel Eto’o. Le footballeur le plus payé de la planète a débarqué au stade tel un chef de l’Etat, à bord d’une luxueuse Chrysler aux vitres fumées. Surpris par l’arrivée triomphale du quadruple ballon d’or africain, les agents de la sécurité présidentielle ont failli à un moment le confondre à Paul Biya.

Ce n’est que lorsque le joueur de l’Anzhi est sorti de son véhicule entouré d’une garde rapprochée, qu’ils se sont rendus compte que celui-ci les a pris à contre-pied. Le même Samuel Eto’o a ravi la vedette aux ministres qui confortablement assis à la tribune présidentielle, n’avaient plus d’yeux que sur l’ancien interiste. A la pause, ce dernier va serrer la main à une bonne dizaine de généraux de l’armée camerounaise avant de se donner à cœur joie à des séances photos en compagnie de certains membres du gouvernement.

Adoum Garoua déifié, Michel Zoah maudit

« Bravo M le ministre. Cette parade est l’une des plus belles que nous ayons dégusté. C’est du bon travail ». Mots de gratitude et d’encouragements d’un élu de la nation à Adoum Garoua après la grande parade culturelle en lever de rideau par les étudiants de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (Injs). Visiblement très touché par ces mots aimables, le nouveau ministre des sports et de l’éducation physique va répondre par un sourire chaleureux auquel il ajoute « Merci ». Ingratitude ou injustice. Les deux apparemment puisqu’on sait que c’est son prédécesseur Michel Zoah qui a supervisé tout ces mouvements d’ensemble pendant plus de trois mois.

Ce spectacle de trente minutes qui célèbre non seulement le mérite des sportifs qui se sont distingués au cours de la saison sportive écoulée, mais également salue la victoire du premier sportif camerounais au lendemain de sa « brillante » réélection à la tête de l’Etat du Cameroun. Pauvre Michel. S’il apprenait que c’est à son successeur que sont désormais dévolues toutes ses bonnes actions, il tomberait certainement des nues. Mais il devrait comprendre que c’est aussi cela le destin des ministres de Paul Biya et rangé dans les tiroirs de l’oubli une fois qu’on vous a débouté.

Rassemblés par C.T


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