15/12/2011 03:01:18
Coupe au Cameroun: La finale escamote !...
La finale de la coupe du Cameroun de football, la 52e du nom, s’est jouée enfin ! C’était dimanche 11 décembre au stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé. Une finale à oublier au plus vite.
Le Messager
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La finale de la coupe du Cameroun de football, la 52e du nom, s’est jouée enfin ! C’était dimanche 11 décembre au stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé. Une finale à oublier au plus vite.

Au plan du spectacle comme de la popularité, la finale ayant opposé Cotonsport à Unisport n’a pas laissé un souvenir impérissable dans la mémoire des Camerounais. Les 22 joueurs, moralement exténués et physiquement à plat au bout d’une angoissante et interminable attente, ont offert ce qui leur restait dans les tripes, c’est-à-dire pas grand’chose. Conséquence : un match sans panache et des joueurs au bout du rouleau, ne parvenant pas à coordonner ou tout au moins À mener des actions susceptibles d’aboutir. Quelques actions plus ou moins pointues menées dans les deux camps n’ont pu être concrétisées non parce qu’elles étaient mal négociées, mais du fait sans doute des acteurs qui, psychologiquement, n’étaient guère dans leur assiette.

Finale terne

Et c’est en vain que le public a attendu le but qui ne viendra pas ; en dépit de la volonté apparente affichée par les joueurs des deux Camps de faire la différence. Or un match de football, et qui plus est une finale de coupe, n’a de saveur que lorsque les actions sont ponctuées de buts ; lorsque les joueurs peuvent, à la faveur d’exploits techniques collectifs ou individuels, enivrer la foule de spectateurs. On ne peut pas dire que la finale Cotonsport-Unisport ait produit l’effet d’une telle envergure.

Au terme du temps réglementaire, les compteurs des deux équipes étaient restés au point zéro. Mais alors qu’il devait être procédé aux prolongations (15 mn x 2), l’arbitre, contre toute attente, décidera de tirs aux buts. Le règlement stipule formellement que les tirs aux buts ne peuvent intervenir qu’au terme des prolongations. Dans le cas contraire, l’arbitre peut ordonner la fin du match s’il estime la visibilité nulle, c’est-à- dire au cas où il devient difficile pour lui d’apprécier les actions des joueurs dans le match, Lequel doit être rejoué 72 heures après. Or ça n’a pas été le cas et l’arbitre du match qui a ainsi empreint à la loi mérite une sanction exemplaire.

Problème de fond…

Lorsqu’on se réfère donc au règlement qui régit le déroulement d’un match de coupe, on se rend compte que la finale Cotonsport –Unisport est une finale escamotée, son déroulement s’étant effectué dans les normes non conformes. Ce seul fait devrait entraîner de facto la disqualification du match. Traduction simple : la finale de coupe de dimanche dernier entre Cotonsport et Unisport ne devrait connaître son vainqueur qu’au terme du processus établi. Mais le problème de fond, une fois de plus, c’est la Fécafoot.

Comme si ce n’était pas déjà assez ridicule voire grave de coller la finale de coupe aux basques du président de la République, avec les conséquences qui en découlent (la finale se joue 5 mois après la fin du championnat, ce qui n’est pas admissible), la Fécafoot avec son accolyte qui n’est autre que le ministère des Sports, pour ne pas le nommer, sortent un programme qui semble tenir compte seulement du tinning du chef de l’Etat au stade, ignorant totalement les aspects techniques du match qui intègrent impérativement les prolongations  lorsqu’il est question d’un match de coupe : 15 h 30 : arrivée du président de la République au stade, 16 h 00 coup d’envoi du match, 16h 45 mn, mi-temps, 17 h début de la seconde mi-temps, 17 h 45 fin de match et remise de trophées…

Un programme figé et qui se veut exécutoire. Parce que le président de la République doit impérativement partir du stade à une certaine heure, le programme est élaboré, non pas selon les normes officielles de compétitivité établies, mais plutôt des convenances du chef de l’Etat. La Fifa et la Caf devraient y regarder de près et s’assurer, au vu de tous les manquements observés au cours de ce match de coupe, si le Cameroun mérite d’avoir un représentant en compétition internationale.

Jeunesse bafouée
Au fil des ans, la finale de la coupe de football-ce n’est plus un secret pour personne – a été vidée de tout ce qui jadis en faisant l’événement sportif  le plus grand de l’année et le plus couru. On en est tellement conscient autant à la Fécafoot qu’au Minsep qu’on en a fait aujourd’hui une foire. Tout le monde peut y aller et même que le Minsep et la Fécafoot mènent désormais une opération de charme pour amener le public à aller voir. En distribuant à toute volée, à tout vent, des billets d’invitation. En laissant les entrées du stade grand-ouvertes. « J’ai eu mon invitation au marché, et je me suis dit que je ne perds rien à y aller, puisque c’est ndjooh… », arguait l’autre jour un jeune homme détenteur du fameux billet d’invitation qu’il exhibait par ailleurs comme pour le montrer à qui le veut. Mais il ne suffit pas de détenir le billet vous conviant à la finale. Encore faut-il que vous vous y soyez rendu des heures avant la fermeture des voies menant au stade. Sécurité présidentielle oblige. Aussi les quelques 20 000 spectateurs dont la plupart s’étaient rendus presqu’au forceps  au stade Ahmadou Ahidjo, auront vécu le spectacle très peu alléchant de cette 52e édition de la finale de coupe de football. Un spectacle à l’issue duquel le président de la République, en remettant les lauriers aux athlètes, a semblé comme soumis à une véritable corvée, Paul Biya ayant préféré remettre expéditivement les médailles aux athlètes à mains que de les leur accrocher au cou comme le veut la pratique d’usage. Même le capitaine de Cotonsport n’a pu, devant l’extrême fougue du protocole, brandir convenablement le trophée pour le grand plaisir du public et des fans.

Vous avez dit Communion du président de la République avec la jeunesse ? Voir.

Germain Koumyo Ekwè  

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