23/12/2011 04:05:40
Dballage. Samuel Eto'o jette Iya Mohammed dans la fosse aux Lions
Face aux confrères Boney Philippe de Canal 2 et Martin Camus de Stv 2 mardi dernier, le capitaine des Lions indomptables a profité pour faire la lumière sur la grève des Lions à Marrakech ; mais a également, fustigé la gestion cavalière du football au Cameroun. Samuel Eto’o estime que les Camerounais ont encore besoin de le voir évoluer sous le maillot de la sélection nationale.
Le Messager
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Face aux confrères Boney Philippe de Canal 2 et Martin Camus de Stv 2 mardi dernier, le capitaine des Lions indomptables a profité pour faire la lumière sur la grève des Lions à Marrakech ; mais a également, fustigé la gestion cavalière du football au Cameroun. Samuel Eto’o estime que les Camerounais ont encore besoin de le voir évoluer sous le maillot de la sélection nationale.

Il a séduit les téléspectateurs de Canal 2. Par son franc-parler il a presque sublimé ses fans. Pourtant on attendait un Samuel Eto’o chaud, bouillant à l’écran; un joueur blessé dans son amour propre qui décide enfin de régler ses comptes et d’en finir une fois pour toute avec ses «prédateurs ». Ceux-là même qui viennent de lui infliger 15 matchs de suspension avec la sélection nationale. Mais le capitaine des Lions indomptables a déjoué tous les pronostics en restant serein, pondéré et toujours aussi souriant. Bref, un homme sans pression. Samuel Eto’o est resté poli ; sans un mot plus haut qui un autre. Certes, il a beaucoup parlé de la fédération camerounaise de football, de ses dirigeants, de leurs frasques et de leur intraitable boulimie financière ; mais a été tempérant, voire séduisant tout le long de son échange avec les journalistes. Pendant prés de deux heures d’horloge, Samuel Eto’o s’est prononcé sur des sujets qui fâchent, se fendant parfois en révélations surprenantes. Une aisance et une assurance dans le style qu’on ne lui connaît pas souvent.

Marrakechgate

L’une des questions sur laquelle le public attendait la réaction de l’ancien interiste n’était autre que celle de sa suspension. Tout en soulignant qu’il ne fera pas appel, le capitaine Lions Indomptables a indiqué qu’il ne comptait pas prendre sa retraite de sitôt avec la sélection nationale. Avis donc à ceux qui le voyait déjà moisir au Daguestan pour le restant de sa carrière. : « tant que j’aurais des jambes pour courir, je jouerai avec l’équipe nationale. Je vais purger ma suspension et je vais revenir. Personne ne m’enlèveras le sourire», a déclaré, sous un air de défi, le joueur qui nourrit toujours l’ambition de gagner la Coupe du monde.

Eto’o s’est également prononcé sur l’embarrassante histoire de Marrakech qui a jeté le discrédit sur la sélection nationale déjà secouée par de nombreuses crises par le passé. Pour Samuel Eto’o, il n’a jamais été question pour les joueurs de créer un problème avec l’Algérie selon lui. En décidant de « boycotter » le match qui devait les opposer aux Fennecs, « nous avons simplement voulu attirer l’attention de nos dirigeants que ça ne pouvait plus continuer comme cela. Il faut maintenant saisir cette occasion pour mettre de l’ordre et trouver des solutions aux problèmes du football camerounais, car nous voulons que la nation avance», même s’il regrette que dans la décision de sa suspension, la colère ait pris le dessus sur leur action, dans la mesure où il n’a agi qu’au nom du groupe. La faute revient donc à la Fécafoot, car si elle avait payé normalement les primes depuis la coupe d’Afrique des nations en Angola ou encore au Mondial sud-africain, les Lions auraient peut-être réalisé de meilleures performances que celles qu’ils ont servies au public lors de ces deux rendez-vous importants.

Le problème de la Fécafoot c’est l’argent

Il était donc temps que la vérité éclate au grand jour car « il est anormal que les gens se remplissent les poches pendant que l’Etat continue de payer la note. Ce n’est pas normal. Les gens doivent comprendre que sans les joueurs, pas de Fécafoot », affirme Samuel Eto’o. Conscient que depuis belle lurette ce n’est plus le parfait amour entre les responsables de la Fécafoot et certains cadres de l’équipe nationale, le capitaine des Lions va lâcher : « j’ai passé cinq ans sans parler à Iya Mohammed parce que je n’étais pas d’accord avec sa politique ». Pire, s’interroge le goléador, « où va l’argent des transferts, l’argent des sponsors. Que valent les contrats des matchs amicaux comme celui de Marrakech par exemple et le million de dollars offert à la Fécafoot par la Fifa pour la préparation de la coupe du monde 2011 ? ». Des interrogations qui amènent à la conclusion selon laquelle le problème de la Fécafoot, c’est l’argent. Mais comme le rappelle si bien le goléador « le mensonge permet de gagner du temps mais au final la vérité finit toujours par triompher ». Voilà qui est dit et bien dit.

Focal. Qui veut la tête de Iya Mohammed ?

En critiquant vertement la gestion du football camerounais, Samuel Eto’o n’en était pas à ses premiers griefs contre la Fécafoot. On se souvient encore de cette correspondance articulée en huit points, avec ampliation au Ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) que l’ancien interiste avait servi au président de la Fécafoot en juin dernier. A travers ce brûlot de quatre pages, les joueurs, par la voix de leur capitaine, dénonçaient de façon générale l’improvisation, la mauvaise organisation et la gestion approximative de l’équipe nationale par la Fécafoot. Samuel Eto’o parlait alors d’une « organisation tatillonne » qui ne peut pas être efficace pour des joueurs professionnels qu’ils sont.

Eto’o critiquait également le staff administratif de la Fécafoot qui, selon lui, est incapable de faire face aux divergences de toutes sortes qui surviennent ces derniers temps hors et dans la tanière. Les joueurs en voulaient pour preuve l’absence d’un calendrier susceptible de gérer les compétitions. En retour, ils attendaient de la Fécafoot qu’elle « rende transparente la gestion des contrats de la rémunération des joueurs et donner aux instances dirigeantes du football dans notre pays le droit et même l’obligation d’auditer l’utilisation faite par les clubs de l’argent des subventions reçues de la fédération et surtout l’utilisation des sommes parfois très importantes provenant de la vente ou du transfert de joueurs ». Parlant de l’ambiance (pourrie) qui régnait dans la tanière, Eto’o émettait le vœu que les clans qui y sont installés disparaissent. Voilà pourquoi « nous suggérons que soit mis sur place un forum de discussion animé par un médiateur qui aura le devoir de faire en sorte que tous les problèmes identifiés, connus ou latents, soient discutés collégialement par tous les membres de la communauté de notre équipe nationale, dans la sincérité et la transparence », pouvait-on lire dans la correspondance.

Christian TCHAPMI

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