27/12/2011 05:19:10
Affaire Eto'o-Fcafoot. Tombi Roko Sidiki tacle Samuel Eto'o Fils
Réponse du berger à la bergère ! Deux jours seulement après le passage du Capitaine des Lions indomptables sur la chaîne de télévision Canal 2 international, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) par la voix de son secrétaire général, a exercé un droit de réponse sur les mêmes antennes.
Le Messager
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Réponse du berger à la bergère ! Deux jours seulement après le passage du Capitaine des Lions indomptables sur la chaîne de télévision Canal 2 international, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) par la voix de son secrétaire général, a exercé un droit de réponse sur les mêmes antennes.

Tombi à Roko Sidiki

Cela s’appelle une riposte. La Fécafoot n’a pas attendu longtemps pour contrattaquer. 48  heures après l’interview-vérité de Samuel Eto’o, l’équipe adverse a fait entrer sur l’aire de jeu son artificier de service : Tombi à Roko Sidiki pour remettre les pendules à l’heure et remonter ce score fleuve que leur a honteusement infligé le goléador en mettant à nue la gestion chaotique du football camerounais et la boulimie financière dont sont « victimes » les responsables qui en ont la charge.  Ne voulant se recouvrir de cet opprobre, l’objectif du Sg était donc de démonter les arguments et botter en touche toutes les offensives du capitaine des Lions indomptables. Un exercice pour lequel il fallait user de finesse et surtout de preuves. C’est donc tout naturel que Tombi à Roko a débarqué sur le plateau avec une pile de documents pour s’assurer d’une défense en béton ; inattaquable. Première affaire : l’histoire des primes impayées au lendemain du tournoi Lg Cup au Maroc ; l’embarrassant Marrakechgate.


Pour le Sg, tout a été planifié pour que les joueurs soient mis aux petits soins. Seulement, l’absence du directeur administratif lors de cette expédition a carrément plombé les prévisions au point de transformer la tanière en un véritable capharnaüm. La preuve, « nous avions prévu la prime de cachet, 50% du cachet payé par l’organisateur de la LG Cup. Ensuite, il fallait aller en Algérie. Or, avant le départ, les joueurs ont exigé le paiement de la prime de présence, qui s’élève à 500.000 Fcfa, une décision fixée le 9 janvier 2004 par Bidoung Mkpatt, l’ancien ministre de la jeunesse et des sports. Quand on se tourne donc vers le représentant du ministère des sports et de l’éducation physique, celui-ci indique ne s’être pas déplacé avec ce montant. Tout cela est arrivé à cause de la suspension d’André Nguidjol, (celui qui assurait jusque là le poste de directeur administratif Ndlr) parce que les personnes qui lui ont succédé n’ont pas pu faire leur travail», fait-t-il remarquer. A en croire Tombi à Roko, c’est ce cafouillage dans l’intendance de l’équipe nationale qui l’a poussé a quitté la salle de réunion en claquant la porte.

Top sponsors

Toutefois, précise le Sg, « lorsque nous prenons l’engagement de payer l’argent, personne ne nous pose une fin de non recevoir. On constatera que la situation a évolué au fur et à mesure. La fédération est une institution, qui a une certaine crédibilité. On avait d’ailleurs eu recours à ce procédé dès notre retour d’Afrique du Sud au trophée Mandela Cup. Où, il s’était déjà posé un problème de primes. Et on a payé au Cameroun. Or, nous n’avons pas été confrontés à cette situation grave», poursuit-il.

Et d’ajouter en brandissant des documents tels un satisfecit : «nous payons la prime des Top sponsors trimestriellement. Tous les joueurs sont payés. Parfois, nous leurs donnons même 60 millions. Comment la prime de présence de 20 millions peut-elle donc être un blocage ? », S’interroge-t-il.  Est-ce à dire que les motivations qui ont donné naissance à la fronde de Marrakech étaient bien plus qu’un simple mécontentement des joueurs qui n’ont pas perçu leurs jetons de présence ? Sans doute.

Réagissant à l’inquiétude de Samuel Eto’o qui s’interrogeait deux jours avant sur la destination que prend l’argent issu des transferts de certains joueurs, Tombi à Roko s’et une fois encore appuyé sur sa paperasse en lisant un extrait du règlement du statut et du transfert des joueurs par la Fédération internationale de football association (Fifa) pour trancher : « la Fédération ne perçoit pas de l’argent en matière de transfert de joueurs».

Code disciplinaire

Le plat de résistance n’était autre que la sanction infligée au capitaine des Lions par la Commission d’homologation et de discipline de la Fécafoot. Une décision qui selon le Sg ne devrait pas susciter autant d’agitation et de remous au sein de l’opinion publique puisqu’elle a été prise conformément à la lumière du code disciplinaire régissant les équipes nationales. D’ailleurs «on les a traduit parce que le capitaine et le vice-capitaine sont les responsables du groupe. Le capitaine était là. Après son départ de Marrakech, il est resté en contact avec son vice qui était le relais avec les autorités fédérales. A ce moment, quand on faillit à ses responsabilités, on doit être sanctionné. Et Samuel Eto’o a dit qu’il devait assumer. Il ne voulait pas partager la sanction. Quand on assume, on le fait donc. Enoh a écopé de 2 matches parce qu’il a été insolent vis à vis du vice-président Francis Mveng. Sinon, je suis convaincu qu’il se serait trouvé avec un blâme ou un avertissement », commente-t-il.

Toutefois, rassure Tombi à Roko,  «Samuel Eto’o n’a pas été exclu. Dans ses déclarations, il a dit qu’il reviendra jouer. Son dernier contrat est de 3 ans avec son dernier club. Il jouera donc jusqu’en 2015. A ce moment-là, il sera encore sur le terrain. Selon notre chronogramme des matches en 2012, les Lions disputeront entre 7 et 8 matches. Donc, en 2013, il peut revenir en sélection nationale».

Que dire donc de cette ambiance (pourrie) qu’on n’a de cesse de déplorer dans la tanière ? La Fécafoot y est pour quelque chose ? «Nous la gérons à 10 ou 15 personnes. Nous gérons l’aspect technique. On ne gère pas l’aspect administratif. Je m’inscris en faux.  On ne maîtrise pas les 90 % de l’équipe nationale. A preuve, dans un entretien accordé au quotidien Mutations en avril 2006, le président Iya Mohammed proposait que l’équipe nationale soit totalement gérée par la Fécafoot. On continue à assister à la cacophonie dans la gestion, à une double tutelle. A qui profite-t-elle ?», s’interroge le Sg.

La Fifa au secours de la Fécafoot

Aux dernières nouvelles, des réunions de crise se sont multipliées au Minsep et à la Fécafoot pour trouver une issue à cette affaire en fin de semaine dernière. Intransigeant et plus que jamais campé sur sa position, Samuel Eto’o souhaiterait que la même fédération qui l’a suspendu se dédise.

Alors que la Fécafoot dont on accuse d’avoir réglé ses comptes plutôt que de sanctionner se retrouve dans le creux de la vague, la Fifa pour lui venir en aide, lui a envoyé une lettre dans laquelle elle indiquait suivre de près cette affaire non sans s’inquiéter (comme toujours) de l’ingérence éventuelle des autorités dans les affaires de leur association. Pour montrer le support dont il bénéficie au sein du groupe Lions indomptables, les joueurs auraient été priés de signer une déclaration commune liant leur participation aux prochaines échéances de l’équipe nationale, à la levée de la sanction du capitaine Samuel Eto’o. Chaud devant.

Christian TCHAPMI


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