28/12/2011 03:18:52
Marrakechgate. Les trois accuss n'ont finalement pas fait appel
Dix jours après le verdict rendu public par la Chambre d’homologation et de discipline de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o, Enoh Eyong et Benoît Assou Ekotto n’ont toujours pas introduit de recours. Indifférence ou désir de purger dignement leur peine?
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Dix jours après le verdict rendu public par la Chambre d’homologation et de discipline de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o, Enoh Eyong et Benoît Assou Ekotto n’ont toujours pas introduit de recours. Indifférence ou désir de purger dignement leur peine?

Silence radio chez les trois Lions indomptables sanctionnés par l’organe juridictionnel de la Fécafoot au lendemain du match avorté Cameroun-Algérie du 15 novembre dernier. Malgré toutes les passions que la nouvelle de leurs sanctions respectives a soulevé, ceux-ci ont finalement brillé par un mutisme des plus déconcertants. Comme pour toute sanction, Eto’o, Eyong et Assou-Ekotto avaient pourtant le droit d’introduire un recours dans un délai de 10 jours.

On s’attendait même à ce qu’une fois le recours introduit, la sanction du goléador soit revue à la baisse. Que non. Samuel Eto'o avait juré de ne pas faire de recours auprès de la Fécafoot pour demander l'annulation ou un allègement de sa suspension de quinze matches avec l'équipe nationale de football. « Il ne fera pas appel de cette décision parce qu'il est victime d'une grosse injustice. On ne peut pas sanctionner le porte-parole d'un groupe de cette manière », avait déclaré Me Gabriel Parfait Kaldjob, avocat du capitaine des Lions indomptables après la lourde sanction infligée à son client. Et de poursuivre, « Samuel Eto'o est victime de la défense des intérêts collectifs des joueurs de l'équipe nationale. Cette sanction vise à mettre fin à la carrière internationale de mon client avec le Cameroun ».

Accusé d’avoir tiré les ficelles de la grève, le quadruple ballon d’or africain avait écopé d’un « châtiment » que beaucoup d’observateurs avaient qualifié d’un règlement de comptes. Ce d’autant plus que la sévérité de la sanction  d’Eto’o s’explique par le fait qu’il aurait été l’instigateur du mouvement de grève enclenché par ses coéquipiers à Marrakech, à l’issue du tournoi LG et qui avait amené la sélection à ne pas se déplacer à Alger pour affronter l’Algérie à la mi-novembre, alors que le contrat pour le match avait été signé. Même s’il était en Espagne au moment des faits, Eto’o a été accusé d’avoir été à l’origine de la fronde entre joueurs et responsables fédéraux.

Pire, il n’avait pas usé de son influence en tant que capitaine d’équipe pour faire entendre raison à ses coéquipiers. D’ailleurs, c’était clairement explicité dans le motif officiel accompagnant la sanction : «Violation des dispositions du règlement intérieur des sélections nationales de football du Cameroun relatives au devoir de loyauté et à l’obligation de participer aux matchs.» Conséquence : 15 matchs de suspension avec la sélection nationale.

Mauvais management

Le vice capitaine s’est vu infliger une suspension de deux matchs, pour le même motif que Samuel Eto’o, alors que Benoît Assou Ekotto qui n’a plus répondu à l’appel sous le drapeau depuis le 26 mars 2011 a écopé d’une amende de 1 million de francs cfa. Vraisemblablement, Enoh et Eto’o payent leur décision unilatérale d’avoir quitté le groupe à Marrakech et de rentrer en Europe sans demander l’aval des responsables de la Fécafoot, alors que leurs autres coéquipiers grévistes avaient daigné au moins rester sur place tout en entamant des négociations (qui se sont avérées vaines) avec la fédération.

Si pour certains ce silence est assimilable à une indifférence des trois accusés vis-à-vis de l’instance faîtière du football camerounais aux fins de manifester leur ras-le-bol, suite au mauvais management de cette dernière pour d’autres, il est clair qu’ils acceptent de se plier à la loi en purgeant leur peine et de revenir en sélection. D’ailleurs, Samuel Eto’o le rappelait déjà lors d’une interview accordée à nos confrères de Canal 2 : « Je suis l’homme à abattre (…), mais je continuerai à jouer pour l’équipe nationale »

Christian TCHAPMI

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