28/12/2011 03:22:35
Pap Diouf. Le Cameroun ne sera pas la Can cause de la gabegie
Journaliste, agent de joueur, président de club, Pape Diouf a exercé quasiment tous les métiers du football. A 59 ans, le Franco-Sénégalais, né au Tchad, est l’interlocuteur idéal pour évoquer l’évolution du football africain...
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Journaliste, agent de joueur, président de club, Pape Diouf a exercé quasiment tous les métiers du football. A 59 ans, le Franco-Sénégalais, né au Tchad, est l’interlocuteur idéal pour évoquer l’évolution du football africain. Rencontré au Foot Expo de Marrakech (organisé du 16 au 19 novembre), l’ancien patron de l’Om parle de la prochaine coupe d’Afrique des nations (can) 2012.

Pape, quel regard portez-vous sur le foot africain ?

J’ai un regard intéressé, même si je ne vis pas au quotidien la réalité de ce football. Depuis plusieurs années, j’assiste à toutes les coupes d’Afrique. Cette édition je serai évidemment en Guinée Equatoriale et au Gabon. De manière générale, le football africain progresse mais de manière paradoxale. Il progresse quand on considère la qualité des sélections nationales : une équipe africaine capable de jouer les quarts de finale de la coupe du monde, cela devient presque une norme. Au niveau local, par contre, il y a une véritable régression car les compétitions nationales ne sont pas suivies et n’ont pas beaucoup d’intérêt. C’est un formidable paradoxe. Alors oui, on peut s’interroger sur l’avenir du football africain : faut-il choisir la voie de favoriser, de ne le voir que par le prisme des équipes nationales toutes en exil ou bien mettre un mouchoir défini sur l’intérêt que peut susciter notre football localement ? C’est la contradiction fondamentale du football africain.

Parlons un peu de la can 2012. Qu’en attendez-vous ?

Ce que j’en attends, c’est que ce soit d’abord une compétition de bonne tenue, de bonne veine. Et que le spectacle soit au rendez-vous. C’est ce qu’on attend tous, non ? Ce n’est pas parce que les grands pays ne sont pas là que la compétition est dévaluée. Si le Cameroun, l’Egypte, le Nigeria ou l’Algérie ne sont pas là, c’est que ces équipes ont été éliminées à la régulière par des équipes qui ont au moins les mêmes qualités.

Comment expliquez-vous l’échec de ces grandes nations ?

Cela montre que le foot africain, et c’est ce que je redoute, connaît non pas un nivellement vers le haut, mais vers le milieu. Certains disent qu’il n’y a plus de petites équipes, je dirais plutôt qu’il n’y a plus de grandes équipes. La seule élimination qui m’ait surpris, c’est celle de l’Egypte, qui restait sur trois succès consécutifs, en plus par qui ? C’est un accident industriel. Le Cameroun, c’est différent, il y a un problème illustré par la gabegie avec l’amical en Algérie. De son côté, le Nigeria est sur le déclin depuis plusieurs années. L’Algérie aussi, à part le sursaut avec la qualification pour la coupe du monde. Il y a un nivellement des valeurs qui profite à certains petits pays.

Vous avez un favori pour cette coupe d’Afrique ?

Vous savez, les favoris sont toujours battus en brèche pas les aléas et l’improbabilité du jeu. C’est pour cette raison que je ne parie pas, je ne suis pas si bon que ça dans les pronostics. Le football a des règles, on ne peut pas les contourner. Certains pays semblent se détacher, dans la partie haute du panier, il y a la Côte d’Ivoire. Mais elle déçoit depuis tant d’années... Maintenant qu’on a trop attendu, elle va peut-être montrer qu’elle est là. Le Sénégal également paraît, au regard des individualités, une équipe intéressante. Le Ghana évidemment, le Maroc de Gerets, que je connais pour sa capacité à transcender son équipe. Peut-être aussi la Tunisie si elle sort de son groupe.

Synthèse de C.T

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