23/01/2012 03:04:18
Can 2012: L' amre boire pour les Camerounais
Entre engouement, désintérêt ; sympathie pour les pays amis, la Can 2012 connaît des fortunes diverses au Cameroun. Les Lions indomptables absents, le cœur des supporters bat désormais pour certains pays présentés comme favoris, pendant que la compétition elle-même ne suscite aucun intérêt chez plusieurs Yaoundéens.
Le Messager
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Entre engouement, désintérêt ; sympathie pour les pays amis, la Can 2012 connaît des fortunes diverses au Cameroun. Les Lions indomptables absents, le cœur des supporters bat désormais pour certains pays présentés comme favoris, pendant que la compétition elle-même ne suscite aucun intérêt chez plusieurs Yaoundéens.

20h 45. Nous sommes à Bonamoussadi. Quartier à forte concentration estudiantine situé en contrebas de l’Université de Yaoundé I. Comme c’est le cas tous les week-ends, snacks bar, restaurants et tournedos vivent une ambiance enjouée. Entre causettes, insolites, commentaires et musique mondaine, quelques cop’s « perdent le temps » autour d’une bière ou d’un bon plat de Eru. Difficile de réaliser qu’à cette heure précise, le Sénégal présenté comme favori de la 28ème Coupe d’Afrique des nations (Can) qui se joue au Gabon et en Guinée équatoriale dispute sa première rencontre dans le groupe A face à la Zambie. Ici, le sujet n’est pas à l’ordre du jour. « Ça nous donne quoi ? », s’interroge vulgairement Vincent Obong, étudiant en physiques. Et de poursuivre, « si au moins le Cameroun était présent, on pouvait avoir de bonnes raisons de suivre les autres rencontres. Mais ce n’est pas le cas. Autant faire autre chose plutôt que de perdre son temps pour des futilités ». Réaction identique pour la dizaine de camarades qui l’accompagnent autour d’une table pleine de bouteille de bière. Pas besoin d’être un démiurge pour comprendre que la Can sans le Cameroun manque de saveur.

A deux cent mètres plus loin, le lieu dit « Chapelle Obili » grouille de monde et vibre comme toujours au rythme de l’ambiance du week-end. Mais le constat est le même. Personne ou presque ne s’intéresse à la rencontre qui met aux prises les Lions de la Téranga aux Chipolopolo. Quelques heures avant, la cérémonie d’ouverture et le match inaugural qui opposait la Guinée équatoriale et la Libye ont connu le même destin. Dans les bars, les clients, visiblement mordus de foot sont plus concentrés sur les matchs de la première league anglaise ou encore celles de la Liga plutôt que celles de la Can. On fait des paris par-ci, on admire la qualité du spectacle par-là.

Fans de Didier Drogba

Dans les rues de Yaoundé, « chacun suce la Can à sa manière ». Avec la défection surprise de quatre autres habitués de la Can que sont le Cameroun, le Nigeria, l’Algérie et l’Afrique du Sud, bon nombre de Camerounais ont plutôt décidé de supporter certaines nations, présentées comme favoris de cette nouvelle édition notamment la Côte d’Ivoire. Les Eléphants, pensent certains yaoundéens, se présentent désormais comme étant l’un des prétendants par excellence pour succéder aux Pharaons. Une sélection ivoirienne qui, malgré ses stars mondiales, a raté ces dernières années une consécration logique au vu de l’effectif qui la compose, à l’image des Didier Drogba, Salomon Kalou, Keïta et les deux frères Touré. «  Sans le Cameroun, je m’aligne derrière cette génération d’excellents joueurs qui veulent tirer leur révérence avec une reconnaissance et un titre africain qui les fuit depuis des années », commente un supporter.

Cette ambiance clopin-clopant tranche  avec celle qui se vit ailleurs. Au quartier Briqueterie par exemple, les nombreux supporters du Sénégal sont de tout cœur avec leur équipe chouchou. Pendant les rencontres, les bars restaurants de ce quartier à forte dominance musulmane ont fait leur mue, à la faveur de la Can 2012, avec l’image de certains footballeurs sénégalais plaquée à l’entrée de leurs commerces. La majorité ont dressé, devant leur espace, des banderoles aux couleurs du drapeau. Gérants, serveurs, clients arborent des tenues aux couleurs des Lions de la Teranga.  Mieux, des boutiques et restaurants qui ne disposaient pas de télévision n’ont ménagé aucun effort pour s’en offrir.

Ceux qui en avaient déja, ont renouvelé leurs postes téléviseurs. Ils sont passés des écrans simples, aux écrans plasma. Bref, tout a été mis en œuvre pour accompagner  les poulains d’Amara Traoré à la victoire. Du coup, chaque confrontation du Sénégal est un moment très important. A côté de ces endroits, des couturiers ne veulent pas rater cette fête du football africain. Les habits cousus, les maillots et même certains gadgets mettent, pour la plupart, en exergue, l’emblème des Lions car la Can pour ces commerçants c’est aussi et surtout le moment d’améliorer leurs chiffres d’affaires.

C.T

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