02/03/2012 02:13:57
Comment Rigobert Song Bahanag fait ombrage Denis Lavagne
Pour sa première sortie officielle, le nouveau team manager qui venait d’imposer aux joueurs un Code moral, s’est donné toutes les libertés en ravissant la vedette au sorcier blanc.
Le Messager
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Pour sa première sortie officielle, le nouveau team manager qui venait d’imposer aux joueurs un Code moral, s’est donné toutes les libertés en ravissant la vedette au sorcier blanc.  

Questions à deux sous : combien de fois les caméras chargées d’assurer la retransmission du match Guinée Bissau-Cameroun du mercredi 29 février 2012 ont braqué leur objectif sur Denis Lavagne tout au long des 94 minutes qu’auront duré cette rencontre ?

D’aucuns répondront : deux ou trois fois seulement. Certains téléspectateurs modestes parleront de quatre fois. A l’opposé, c’est la silhouette de Rigobert Song Bahanag qui remplissait l’écran. A preuve, on l’a vu plus d’une fois crier sur les joueurs, leur donnant des consignes strictes relatives à leur positionnement sur le terrain ou encore sur l’animation offensive et défensive. On l’a également vu « rugir » lorsqu’il fallait ramener à l’ordre Vincent Aboubakar, Jacques Zoua et Eric Maxim Choupo Moting, le trio d’attaque mis en branle en l’absence de Samuel Eto’o.

On l’a également observé entrain d’intimer l’ordre au capitaine Nicolas Nkoulou de garder un œil ouvert sur la muraille défensive qui subissait par moments les assauts Bissau-guinéenne. Pour tout dire, Magnan ne s’est presque pas assis pendant tout le match. Visage froncé, poings serrés et très agité par moments, il est devenu, le temps d’un match le patron du banc de touche camerounais. La star de la soirée. Imperturbable. Pendant ce temps, Denis Lavagne qui est pourtant de façon officielle l’entraîneur sélectionneur de cette équipe n’a eu d’autre choix que de se taire et de regarder à l’œuvre un Rigobert Song qui s’est pratiquement accaparé le rôle qui lui est dévolu. Celui de « coacher » les joueurs.

Outré et à la limite pétrifié par cette énergie débordante que dégageait l’ancien capitaine de la sélection nationale, Martin Ntdoungou Mpilé et Pierre Mbarga, les adjoints du technicien français sont restés collés à leur siège. Comme pour dire « tu veux notre place, alors nous te la laissons ». Avaient-ils vraiment le choix devant une telle « imposture » ? Pas vraiment. Quelle mouche a bien pu piquer celui qui était jusqu’à ce fameux mercredi team manager de l’équipe nationale ? Au point où les joueurs qui étaient sur le terrain lui prêtent une oreille attentive plutôt qu’à leur coach ? Difficile de répondre.

Soit Rigobert Song est si naïf qu’il a cru que team manager est une seconde appellation de coach ou coach adjoint ; soit, il a voulu simplement passer un message fort pour signer son retour dans une tanière qui l’a congédié au lendemain de la déconfiture sud-africaine comme un malpropre. Méprise ou règlement de compte ? Quoi qu’il en soit la place de Magnan n’était pas sur le banc de touche mais dans les tribunes. Il devrait savoir que le poste qu’il occupe ne lui donne pas de telles libertés.

S’offrir en spectacle comme il l’a fait démontre bien que le nouveau sélectionneur des Lions indomptables-en dépit de toute la légitimité que lui confèrent ses employeurs-manque d’autorité et de poigne. Sinon comment comprendre une attitude aussi humiliante ? Il est donc grand temps que la fédération camerounaise de football (Fécafoot) et le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) procèdent à une redistribution des cartes dans cet encadrement technique des Lions qu’on sait constamment en ébullition pour un oui ou pour un non. Cette décision courageuse des dirigeants permettra d’éviter des situations pareilles à l’avenir car marcher sur les plates bandes de son collaborateur a généralement conduit à des conséquences irréversibles. En bon entendeur…

Christian TCHAPMI

Focal. Ce que Rigobert Song doit savoir

Au sens commun du terme, la fonction de team manager consiste à la gestion managériale et psychologique des joueurs, à l’organisation administrative d’une équipe, notamment de la préparation des matches et tout ce que cela implique, comme aspect sportif. Il sert d’interface entre les joueurs et les autorités (Minsep et Fecafoot).

Il veille au bien être des joueurs pendant les entraînements et les compétitions. Il devrait avoir une très bonne connaissance des procédures et règles des compétitions. Cela requiert dont un minimum d’intelligence, de grandes capacités interpersonnelles (savoir vivre, savoir être), de bonnes aptitudes de communication, en somme de savoir faire dans le domaine de management sportif.

Autrement dit, Rigobert Song qui joue déjà les coachs a pour missions de s’occuper plutôt de toute l’organisation extra-sportive pour les joueurs et le staff, qui concocte le programme pour la semaine. Il a également une fonction de relais entre les joueurs et les autres cellules du club (ressources humaines, administration, etc.) ainsi qu’entre les joueurs et la presse. Plutôt que de se présenter comme un concurrent, il doit aussi et surtout travailler en collaboration étroite avec le patron de l’encadrement technique des Lions ainsi qu’avec le chef de département communication de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot).

En se glissant sous la camisole d’entraîneur mercredi dernier à Bissau, Rigobert Song a sans doute oublié qu’un entraîneur est une personne chargée de la préparation physique et mentale d'un sportif, d'un groupe de sportifs ou d'une équipe. La plupart des entraîneurs sont eux-mêmes d'anciens sportifs. L'entraîneur gère les tactiques, les stratégies, l'entraînement physique et apporte un soutien moral à ses poulains. Des responsabilités qui ne lui ont jamais été assignées dans sa feuille de route. Vivement qu’il retourne à son poste en espérant que son diplôme d’entraîneur qu’il attend avec impatience lui sera délivré en temps opportun.


 


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