07/03/2012 02:47:20
Belles lettres. Confidences du pre des lions indomptables
« Félix Tonye Mbog :l’homme qui créa les Lions indomptables », présenté sous la forme d’un jeu de questions-réponses, avec en prime des images d’archives, retrace le parcours (atypique) d’un haut commis de l’Etat qui a par ailleurs porté aux fonds baptismaux l’équipe nationale de football du Cameroun.
Le Messager
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« Félix Tonye Mbog :l’homme qui créa les Lions indomptables », présenté sous la forme d’un jeu de questions-réponses, avec en prime des images d’archives, retrace le parcours (atypique) d’un haut commis de l’Etat qui a par ailleurs porté aux fonds baptismaux l’équipe nationale de football du Cameroun. Ecrit par Edouard Oum, ancien secrétaire permanent à la Réforme administrative, il est préfacé par Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (Caf) et postfacé par Michel Zoah, ancien ministre des Sports et de l'Education physique.

Avis aux indécrottables polémistes et inconditionnels de crises intestines au sein de la tanière ! Le livre d’Edouard Oum n’est ni un pamphlet, ni un plat panégyrique encore moins un diagnostic de cette longue et interminable traversée du désert que connaît les Lions indomptables depuis bientôt dix ans. L’ouvrage promène plutôt le lecteur dans les années fastes du football camerounais et des tranches de vie de celui qui eût l’ingénieuse idée de donner pour nom de baptême « Lions indomptables » à notre équipe fanion. « Félix Tonye Mbog : l’homme qui créa les Lions indomptables » est en fait un assemblage de 154 pages composé de quatre parties bien spécifiques.

Dans une démarche littéraire choisie, l’auteur, journaliste de circonstance, se livre à une série d’interviews. Dans la première partie Edouard Oum interroge le patriarche sur son enfance tranquille et studieuse qu’il a passée dans le cocon familial. Dans un franc parler où il évoque dates et anecdotes. Le héros répond à 29 questions à travers lesquelles le lecteur apprend par exemple que celle qui lui a donné la vie dans le village So-Dibanga l’avait surnommé « Ta man » (petit papa). Vient se greffer à cette séquence souvenirs, son admission et son séjour au petit séminaire d’Edéa, son initiation à la vie communautaire et son premier flirt avec l’enseignement au lendemain de sa désertion de l’Ecole normale de Nkongsamba.

A l’image de la première partie, la deuxième ne déroge pas à la règle. L’exercice et les critères restent les mêmes. 23 questions sont posées à l’homme qui échappa à une attaque de maquisards dans la plaine de Mbos à Santchou en 1959 pour parler de ses grandeurs et, surtout, ses servitudes dans les hautes sphères de l’Etat. Ici encore, beaucoup d’histoires caustiques et de révélations sur le parcours de Tonye Mbog qui accède à l’Ecole camerounaise d’administration (Eca) devenue plus tard Enam en 1961. Félix Tonye évoque son passage aux affaires qu’il apparente à un appel du destin car aussitôt affecté au secrétariat de la présidence de la République comme chargé de mission.

L’épopée du Cameroun aux jeux d’Afrique centrale de 1974

Il accède à ce poste en juillet alors qu’il n’est que quadragénaire. La mission qui lui est confiée était très délicate car au lendemain de la 8è coupe d’Afrique de nations de football, la seule organisée jusqu’à ce jour par le Cameroun. Une coupe qui aura été un véritable Waterloo sportif, si ce n’est un Tsunami. Le mouvement sportif se sentait profondément meurtri. Tonye Mbog devait donc faire des mains et des pieds pour redresser le football et, à travers lui, tout le mouvement sportif camerounais. Mission qu’il remplit plutôt bien, en remportant avec des clubs camerounais quatre (04) coupes africaines de football entre 1974 et 1979. Pour illustrer cette période de gloire, cette photo (P 75) où le ministre donne le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations de football en 1972 au Cameroun.

A la troisième partie, c’est le témoin privilégié de grands événements historiques qui répond aux questions. 35 au total. De l’odyssée de la création des Lions indomptables à l’épopée du Cameroun aux jeux d’Afrique centrale en 1974 en passant par ses meilleurs souvenirs au Minjes, l’homme se dévoile au lecteur. Mais le fait le plus marquant dans cette partie, c’est l’événement (inoubliable) du 04 novembre 1982. Morceaux choisis : «Oui. Tout au long de cette lugubre et morne journée du 5 novembre 1982, fusaient des interrogations de toutes natures, scrutant les causes et les motivations profondes de cette démission. Etait-ce un coup d’Etat médical de la gauche socialiste, confortablement installée au pouvoir avec Mitterrand dont on apprendra, au plus fort de la crise post-successorale et cela de la bouche même du Président Ahidjo, qu’il ne portait pas dans son cœur. Ainsi s’interrogeaient d’aucuns tandis que d’autres enchantaient...» pp 98.99

La dernière partie pour sa part avec sa douzaine de questions est une série de confidences. L’ancien ministre des postes et télécommunications se souvient du séjour du général de Gaulle et de son lieutenant Leclerc au Cameroun où ils se réfugiaient dans les grottes d’Akok Bekoé près d’Akono.

Edouard Oum peut se bomber le torse car dans cet ouvrage il a su surfer allègrement avec le biographique et le commentaire pour finalement conférer à l’œuvre le caractère précieux car « le monde entier connaît désormais les Lions Indomptables, l’équipe nationale de football du Cameroun, qui a fini par prêter son nom à ses homologues des autres disciplines sportives. »

Christian TCHAPMI

« Félix Tonye Mbog : l’homme qui créa les Lions indomptables », Edouard Oum, Editions Sopecam, 154 pages, 5000 Fcfa -Préface : Issa Hayatou ; Post face : Michel Zoah

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